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I. ANSÉGISE

Quelle position Anségise occupait-il dans l'Eglise? Vers quel temps composa- t-il son recueil? Quel est l'ordre qu'il y suivit? Ce sont autant de points qu'il est intéressant de rechercher.

Quelques érudits ont pensé que le collecteur des Capitulairesfutun abbé de Louvain (Lobiensis), et d'autres ont ajouté que cet abbé fut plus tard archevêque de Sens. Il est bien vrai qu'il y eut à Sens, vers les dernières années de Charles le Chauve, un archevêque qui s'appelait Anségise. Mais rien ne prouve que cet archevêque ait été le rédacteur des Capitulaires ; rien ne prouve non plus que l'abbaye de Louvain ait jamais eu à sa tête un abbé de ce nom.

Baluze, au contraire , dans sa savante préface des Capitulaires, § 39, démontre par une chronique de la célèbre abbaye de Fontenelle, reproduite dans le Spicilége de dom d'Achéry, que Fontenelle avait, au temps de Louis le Débonnaire, un abbé du nom d' Anségise, qui, d'après le chroniqueur, était

un savant homme, grand amateur de livres, dont il amassa un grand nombre dans les monastères de Fontenelle et de Flavigny, dont il fut successivement abbé.

Nous ajouterons à ce que dit Baluze, qu'Ânségise fut, après sa mort, honoré comme saint dans l'abbaye de Fontenelle, et qu'on y faisait sa fête le 20 juillet, circonstance qui montre de plus en plus qu'Anségise fut un des personnages les plus notables du neuvième siècle.

L'époque où le recueil d'Anségise fut composé est dès lors facile à fixer. L'abbé de Fontenelle Anségise mourut en 834. Le recueil des capitulaires fut donc évidemment composé avant cette date ; il est même probable qu'il l'avait été avant l'an 826, parce que, dans un de ses capitulaires de cette année, Louis le Débonnaire semble se référer, en citant un capitulaire de Charlemagne, au recueil d'Anségise. Ce recueil recevait ainsi, d'une manière indirecte, une autorité officielle, qui explique comment Baluze put retrouver pour son édition un grand nombre de manuscrits, qu'il cite.

Le recueil d'Anségise est divisé en quatre livres disposés de la manière suivante : Les deux premiers, consacrés également aux matières ecclésiastiques, contiennent : l'un, les capitulaires de Charlemagne ; l'autre, ceux de Louis le Débonnaire, afférents à ce sujet. Les troisième et quatrième livres traitent des matières civiles dans le même ordre, c'està-dire que le troisième contient les capitulaires de Charlemagne, et le quatrième, ceux de son successeur.

On reconnaît, à la lecture du recueil d'Anségise, que les lettres ne furent pas moins redevables que le droit au génie puissant et universel de Charlemagne. La latinité des capitulaires de ce prince, assez bien conservée encore dans ceux de son fils, ne contient aucune des incorrections qui fourmillent dans les formulaires des deux siècles précédents. On ne s'en étonne point quand on se rappelle tout le cas que faisait Charlemagne des hommes de lettres, d'Alcuin en par-

ticulier ; et ce n'est pas sans raison certainement que l'université de Paris, la plus ancienne de l'Europe après celle de Bologne , se plaça, dès son origine, sous la protection de Charlemagne , auquel les évêques de France vouèrent un culte qui, comme culte local, n'a jamais été improuvé par l'Église romaine.

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