‹ Les grands jurisconsultesChapitre 42 sur 93 · III. — DES PAPBS D' AVIGNON, NOTAMMENT DE CLÉMENT V ET DE JEAN XXII · texte numérisé non relu

III. — DES PAPBS D' AVIGNON, NOTAMMENT DE CLÉMENT V ET DE JEAN XXII

Les changements qui surviennent dans le monde, quand ils tiennent à des causes morales, ne deviennent sensibles qu'après un certain temps , et sur les esprits jeunes , qui n'ont pas encore pris leur pli. Malgré les causes d'affaiblissement des études juridiques indiquées dans les considérations qui précèdent, cet affaiblissement ne put se remarquer que dans la génération qui suivit la mort de Boniface VIII. Aussi les papes qui habitèrent Avignon jusqu'au grand schisme, furent-ils presque tous des jurisconsultes d'un grand savoir. Les plus célèbres furent les deux premiers, Clément Y et Jean XXII, sur lesquels nous allons revenir dans un moment; mais leurs successeurs légitimes à la papauté furent également des hommes trèsversés dans toutes les parties du droit. Innocent VI, en particulier, professa le droit civil à Toulouse, et fut jugemage de la même ville. Devenu pape, il fonda à Toulouse le collège de Saint-Martial, où étaient reçus gratuitement vingt pauvres écoliers, dix pour le droit canon, dix pour le droit civil, ce qui montre en quelle estime réminent fondateur, après avoir ceint la tiare, continuait de tenir le droit civil, qu'il avait professé (4).

Grégoire XI, qui fut le dernier des papes légitimes qui résidèrent à Avignon, était, comme Innocent VI, aussi versé dans le droit civil que dans le droit canon, ainsi que l'attestent les historiens ecclésiastiques (2).

(1) V. Beaufort, Hist. du Papes, t. 3, p. 402, et notre mémoire sur l'enseignement juridique à Toulouse, Rec. de V Académie de Ugislotion, t. 10, p. 164.

(2) Beaufort, Hist. des Papes, t. 4, p. 6, et Fleur j, dont il reproduit les propres paroles.

Mais Clément Y et Jean XXII furent plus que des jurisconsultes. Ils furent des législateurs à la manière de Grégoire IX et de Boniface VIII, c'est-à-dire qu'ils enrichirent le droit canon de plusieurs décrétâtes, qui ne tardèrent pas à être enseignées dans les universités, comme celles de leurs prédécesseurs. Toutes celles qu'avait rendues Clément Y, ainsi que les canons du concile de Vienne, qu'il avait convoqué, furent, après sa mort, et par l'ordre de son successeur, renfermées dans un recueil appelé Clémentines, du nom du pontife qui les avait édictées ou promulguées ; et les décrétâtes de Jean XXII furent, à leur tour, recueillies, mais par de simples particuliers, sous le nom d'Extravagantes. Ce mot latin signifiait que ces constitutions sortaient du cadre de l'enseignement, et ne composaient plus un recueil officiel.

Le pontificat de Jean XXII a laissé peu de traces dans la jurisprudence, et n'est resté célèbre que par des querelles très-vives qui se'produisirent alors sur des matières de théologie pure. Mais celui do Clément V, outre le grand événement du concile de Vienne, marqua aussi, dans l'histoire générale, par la condamnation des Templiers et la suppression de leur ordre. Ce procès célèbre a donné lieu pendant bien longtemps à quantité de diatribes contre Philippe le Bel et contre Clément V ; mais aujourd'hui les faits horribles qui donnèrent lieu à la suppression des Templiers sont passés à l'état de vérité démontrée, et si Philippe le Bel n'avait pas d'autre tache sur sa mémoire, Dante aurait eu tort de le placer dans son enfer. Il put y avoir sans doute beaucoup de Templiers innocents, comme il peut arriver, chaque jour, à des gens très -bonne tes, de se trouver, à leur insu, en mauvaise compagnie, mais Tordre était souillé de trop de taches pour ne pas mériter sa suppression.

Nous n'en dirons pas davantage sur les deux grands

canonistes du quatorzième siècle qui portèrent la tiare, et nous passons à^d'autres jurisconsultes de la même époque, qui, dans des positions bien moins éminentes, se firent cependant un nom par leur enseignement ou leurs écrits, mais le nombre en fut petit.

§ IV. — DES ROMANISTES OU CANONISTES DU QUATORZIÈME SIÈCLE, ANTÉRIEURS A BARTOLE.

C'est à peine si Diplovataccius, Pancirole, et, après eux, Savigny, ont pu signaler ici, dans un intervalle de près d'un demi-siècle, quelques jurisconsultes dont les noms aient échappé à l'oubli. Ceux qui eurent le plus de célébrité, furent Belle-Perche, en France, et, en Italie, Cinus et Joannes Andrese.

Belle-Perche. — Belle-Perche naquit dans une petite localité du Bourbonnais, vers le milieu du treizième siècle. Issu de parents obscurs , sa grande science , et la renommée qu'elle lui procura, lui permirent de s'élever aux plus hautes fonctions de l'Etat. Il professa, de bonne heure, à Toulouse d'abord, à Orléans ensuite, et dans les deux villes avec une égale distinction. L'éclat de son enseignement fut bientôt connu à Paris, vu qu'en ce temps les lois civiles ne pouvaient pas y être enseignées, d'après la célèbre décrétale d'Honorius III. Tous les Parisiens qui voulaient les étudier sans s'éloigner trop de la capitale, allaient naturellement à Orléans. Belle-Perche était donc fort connu à Paris de personnes considérables, qui l'y attirèrent et le firent nommer chanoine de Notre-Dame. Il devint ensuite doyen du Chapitre, puis évoque d'Auxerre, en 4306; puis enfin, chancelier de France, ce qu'il dut, d'après Diplovataccius, à sa grande science et à sa grande renommée. Mais il ne put pas exercer longtemps ces hautes fonctions, puisqu'il mourut au mois de janvier 4308,

836 LES Û&ANDS JUKISCONSULTES.

comme l'attestait l'inscription mise sur son tombeau à Notre-Dame de Paris, où il fut enterré. Les deux ou trois ouvrages qui nous sont restés de Belle-Perche , semblent indiquer qu'il dut surtout sa renommée à un grand talent d'enseigner; car ils ne prouvent pas que l'auteur eût une science grande, quoiqu'elle pût paraître telle au temps où il écrivait.

Cinus. — Cinus naquit, en 4270, à Pistoie, dont il devait être la plus grande illustration. Sa famille étant une des plus considérables du pays, il exerça , de bonne heure, dans sa ville natale, les fonctions d'assesseur du premier magistrat. C'était le temps où, en Italie , les hommes qui haïssaient la puissance des empereurs d'Allemagne, et ceux qui la flattaient, se livraient des guerres acharnées; l'époque aussi où ils commencèrent, et ce fut à Pistoie même, à se désigner sous le nom de Blancs et de Noirs, dénominations qui s'étendirent presque aussitôt à tout le reste de l'Italie. Cinus était du parti des Blancs, c'est-à-dire guelfe. Son parti ayant succombé dans une lutte à outrance, en l'année 4307, non seulement il fut dépouillé de ses fonctions, mais il dut se hâter de fuir pour aller se cacher au plus vite dans les montagnes des Apennins, qui dominent Pistoie. Son attachement pour son parti ne devait pas cependant être bien grand, puisque, en 4340, il suivit à Rome le duc de Savoie, envoyé de l'empereur Henri VII, et rendit , en sa qualité d'assesseur de ce prince , divers jugements dans la ville éternelle (4). Deux ans après, il s'occupa de son principal ouvrage, d'un commentaire sur le Code de Justinien, qu'il acheva en 43U. Ce n'est qu'après avoir fini cet ouvrage, qu'il alla prendre le grade de doc-

(1) (Test ce qu'il atteste lui-même dans ses lectures in Codictm, sur la Loi i , Qui bonis cedere possunt, et sur la L. i\>E& quib. cavs. inf. irrog.

LES GBANDS JURISCONSULTES. 237

teur à Bologne ; et depuis, il se livra tout entier à renseignement. Il professa successivement à Trévise, à Sienne, à Pérouse et à Florence, ce qui prouve que Trévise, Sienne et Florence eurent, au commencement du quatorzième siècle, comme quantité d'autres villes italiennes, françaises et espagnoles, des embryons d'université, qui n'ont laissé aucune trace dans la science.

Outre l'ouvrage qu'il avait composé sur le Code, Cinus avait écrit aussi un cours sur la première partie du Digeste, le Digestum vêtus, mais fort inférieur en mérite à sa lecture sur le- Code. Ce dernier ouvrage prouve que Cinus était non-seulement un jurisconsulte judicieux, mais encore un homme lettré, car sa latinité est irréprochable. Le littérateur, chez Cinus, l'emportait même apparemment sur le jurisconsulte. Ce qui nous porte à le croire, c'est que Cinus fit des poésies et eut la rare fortune de devenir l'ami de deux grands poètes de son temps, disons mieux, de tous les temps, de Dante et de Pétrarque. Quand Cinus dut s'exiler de Pistoie en 4307, Dante avait dû, quelques années auparavant et pour la même cause, s'exiler de Florence. Peutêtre les deux proscrits toscans se rencontrèrent-ils dans les montagnes sauvages des Apennins, voisines de Pistoie ; peut-être éprouvèrent-ils quelquefois sous le même toit combien le pain de l'exil est amer. L'exil de Cinus seulement ne dura que quelques années, tandis que celui de Dante devait se prolonger jusqu'à ses derniers jours, pour la gloire du genre humain, qui aurait pu ne pas avoir en lui le plus grand poète des temps modernes, s'il n'avait point connu toutes les tortures de la haine et toutes les angoisses de l'infortune. Dans son traité célèbre , de Vulgari eloquentia , Dante parle jusqu'à trois fois de Cinus (4), qu'il représente

(!) Édition de Paris de 1577, p. 17, 23 et 29.

toujours comme un modèle accompli d'éloquence et de beau langage.

Pétrarque, qui ne dut connaître Cinus que beaucoup plus tard, puisque, né en 4304, il avait trente-quatre ans de moins que le jurisconsulte de Pistoie, né en 4270, loue également Cinus en plusieurs endroits de ses ouvrages, et il composa sur sa mort un sonnet touchant qui donnerait à croire que quelques poésies de Cinus lui avaient singulièrement plu (1).

Cinus eut encore une troisième bonne fortune, qui peut sembler assez peu de chose, auprès des autres, aux yeux des hommes de lettres, mais qui a son prix pour les jurisconsultes. Le docteur tant prisé de Dante et de Pétrarque eut, pour surcroît de gloire, aux yeux des légistes, l'heur d'avoir été le maître de Bartole, et il vécut assez pour jouir de la renommée de son élève, sur lequel nous aurons à revenir, après avoir parlé dans le paragraphe suivant, d'un canoniste tout à fait contemporain de Cinus, de Joannes André®.

Joannes Andrew. — Jean d'André, ainsi appelé parce qu'on joignit, suivant l'usage du temps, à son nom de baptême Jean, celui de son père qui s'appelait André, fut un des canonistes les plus instruits du commencement du quatorzième siècle. Il naquit en 4270 près de Florence, que ses parents ne tardèrent pas à quitter pour aller habiter Bologne. Il n'avait pas encore dix ans quand il commença l'étude des Décrétales, et l'archidiacre Guido de Basio, professeur en droit canon, fut si surpris de sa vive intelligence et du savoir qu'il avait déjà acquis à un âge où l'enfance ordinairement n'a rien appris encore de sérieux,

(1) Il dit dans le premier quatrain :

Piangete, Donne, e con voi pianga amore, Perché'! nostro amoroso messer Cino Novellamente s'è de noi partito.

qu'il lui fit suivre de très-bonne heure les cours de l'Université, et le contraignit à devenir docteur avant qu'il eût l'âge d'homme. Gomme Jean d'André était très-pauvre et qu'il fallait payer pour le doctorat des sommes considérables (4), l'archidiacre se chargea de tous ces frais, et Jean, dans une de ses gloses sur le Sexte, rappelle ce fait en termes qui prouvent son humilité autant que sa gratitude (2).

Jean d'André, qui avait eu l'heureuse chance de trouver, au début de sa carrière, un protecteur puissant, en eut une plus heureuse et plus rare encore quand il épousa Milancia. Les femmes, même les plus vertueuses, ont assez souvent des goûts futiles, et des exigences domestiques, qui peuvent gêner beaucoup leurs maris dans leurs études. Milancia, tout au contraire, était une femme très-instruite, même dans la science juridique, et Jean d'André atteste, dans un de ses ouvrages, qu'ils disputaient parfois sur le vrai sens de quelque texte difficile.

La grande renommée de Jean d'André eut pour double cause l'éclat de son enseignement à Pérouse, et les ouvrages importants de droit canon qu'il publia dans sa longue carrière. Il commenta successivement les Décrétales de Grégoire IX, le Sexte de Boniface VIII et les Clémentines, et toujours avec autant de jugement que de science. Il obtint, comme canoniste, autant d'autorité que Ouilhaume Durand, dont il enrichit le Spéculum d'annotations précieuses, aussi estimées que le texte. Sa renommée cependant pâlit devant celle du jurisconsulte, moins âgé que lui d'un

(1) Savigny en donne le détail curieux au chapitre 21, § 82, de son ouvrage.

(2) Il dit, en parlant de son généreux bienfaiteur : « Ipse me gratis doctoravit et invitum : liber enim et inops, laecivus et juvenis, servile docentis officium, et magisterii onus et senium subira nolebam. »

demi-siècle, dont nous allons parler dans le paragraphe suivant.

§ V. — BARTOLR.

Quoiqu'il y ait dans le monde beaucoup de réputations usurpées, il est impossible qu'un homme ait excité chez tous ses contemporains des sentiments de la plus vive admiration sans qu'il les ait mérités par quelque côté, et le nom de Bariole, qui & perdu de nos jours une grande partie de la splendeur qu'il garda longtemps, passera cependant justement à la plus longue postérité. Le savoir de cet homme célèbre fut immense, et les preuves en subsistent encore. Bariole commenta tout le Digeste, tout le Code, et composa, de plus, quantité de traités particuliers. Ses divers ouvrages comprennent cinq énormes volumes infolio. Cujas même n'a pas rempli un cadre aussi vaste. Si la renommée de Cujad a presque effacé aujourd'hui celle de Bariole, c'est que le grand jurisconsulte toulousain saisissait toujours corps à corps les textes des jurisconsultes romains, sans s'embarrasser, comme Bariole, des gloses qui les masquaient, et qu'il s'aida, pour éclairer ces textes, de connaissances philologiques et littéraires très-étendues, que Bariole n'avait pas. Sa latinité fut aussi, il faut le reconnaître, beaucoup plus belle que celle de Bariole, quoique celle-ci, comme se le figurent à tort bien des gens qui n'ont jamais lu ni même vu les œuvres dont ils parlent, ne soit pas une latinité barbare. Le style de Bariole est commun, mais il n'est pas incorrect.

Bartole mérita sa réputation, parce que sa science était fort vaste pour le temps où il vivait, et que ses solutions étaient généralement pleines de sens et de raison. Deux faits historiques très-remarquables vont le démontrer. Les jurisconsultes dont les écrits ont eu dans leur pays autant

d'autorité que la loi elle-même sont fort rares. Les Romains en eurent cependant quelques-uns, comme le prouve notamment la célèbre loi des Citations, dont nous avons parlé dans notre livre premier. Mais nous ne connaissons qu'un seul jurisconsulte, depuis l'origine du monde, dont les opinions aient fait loi dans des pays étrangers au sien, et ce jurisconsulte, c'est Bartole. En Espagne, en effet, sur tous les points qui n'étaient point réglés par le droit spécial du pays, les décisions de Bartole eurent longtemps force de loi (4); et en Portugal, son commentaire sur le Code de Justinien avait autant d'autorité que le Code même (2).

La vie de Bartole fut courte, mais brillante, depuis sa première jeunesse jusqu'à sa fin. Il naquit en 4313, à Sassoferrato, ville du duché d'Urbin, d'une famille obscure. Dès l'âge de quatorze ans , il commença à étudier le droit sous Cinus, dont il suivit les cours à Pérouse pendant quelques années- Il alla ensuite à Bologne, où il fut promu au grade de docteur en 4334, à vingt ans par conséquent. Après avoir passé les cinq années suivantes dans la retraite, où il dut se livrer à d'immenses travaux, il fut promu aux fonctions d'assesseur à Todi d'abord, puis à Pise (3). C'est dans cette dernière ville qu'il commença ses leçons publiques sur le droit, en 4339. Quatre ans après, il alla professer à Pérouse, où Jean XXII avait fondé, vingt-deux ans auparavant, une université, qui devint une des plus florissantes de l'Italie, dès que Bartole y eut commencé son enseignement, qu'il continua sans interruption jusqu'à sa mort, survenue en juillet 4357. Bartole n'avait alors que quarante-quatre ans, et l'on a peine à comprendre que dans une vie aussi courte, avec une santé si délicate et un estomac si faible qu'il

(1) Voyez Duck, de Usu et autoritate, liv. 2, C. 6, $ 29.

(2) Freirii Hist. Jurts Ctvilis9 1» 4 , p. 77 et Buiv.

(3) Voyez Baldus, in Codicem, liv. 1, de EU qui occ. nonpoiwnt.

était obligé, dit-on, do faire peser sa nourriture, Bartole eût pu trouver, au milieu des fatigues de l'enseignement, le temps de composer ses immenses ouvrages.

La ville de Pérouse, que Bartole avait enrichie par l'affluence immense d'étudiants qu'il y avait attirés, se montra reconnaissante envers lui. Dès Tannée 4348, elle lui accorda ainsi qu'à un de ses frères, sur la demande de l'Université, le droit de bourgeoisie, que les cités italiennes du moyen âge, comme on sait, ne prodiguaient point, et, en 4335, elle le chargea d'une mission auprès de l'empereur Charles IV, qui fut si émerveillé de sa science, qu'il le nomma membre de son conseil et lui accorda de nombreuses faveurs. Une d'elles mérite d'être rappelée. Charles conféra à Bartole et à tons ses descendants qui professeraient le droit comme lui, le droit de légitimer ceux de leurs élèves qui seraient nés hors mariage, et de leur accorder, au besoin, des dispenses d'âge pour toutes les fonctions civiles auxquelles ils seraient dans le cas d'être nommés.

Bartole fut enterré à Pérouse, dans l'église de Saint- François, où on lui éleva un tombeau magnifique, qui ne portait d'autre inscription que ces mots : Ossa Bartoli. Le sculpteur dut penser que c'était dire assez pour exciter chez l'homme le plus indifférent qui passerait devant le tombeau du grand jurisconsulte, un frissonnement de surprise et un hommage de respect.

Page 1