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CHAPITRE IV

Des grands Juristes coutumiers du seizième siècle : Dumoulin, d'Argentré, Chopin, Coquille, Loisel.

Avant la renaissance des études juridiques au commencement du douzième siècle, c'est à peine si nous ayons rencontré quelques jurisconsultes , postérieurs à ceux de Rome païenne, dont les noms se soient conservés. Après Irnérius, les anciennes universités, celle de Bologne surtout, propagèrent un bien plus grand nombre de noms ; mais avant la découverte de Faust et de Guttenberg on peut les compter encore ; l'imprimerie une fois découverte et introduite dans toutes les villes savantes , on ne les compta plus. Après les beaux siècles de la jurisprudence romaine, la grande difficulté pour nous était de trouver des jurisconsultes dont la vie ou les ouvrages pussent offrir quelque intérêt aux jeunes légistes, pour qui nous cherchons à former une collection de portraits dont la physionomie accentuée puisse produire un effet utile sur leurs âmes. A partir du quinzième siècle, au contraire, les ouvrages de droit commencent à se multiplier, et dès le commencement du seizième, ils étaient en si grand nombre, que la difficulté de notre tâche ne consistera désormais que dans le choix à faire entre des multitudes de juristes, dont les noms seuls, avec l'indication de leurs ouvrages, forment dans la Bibliothèque de droit de Camus et Dupin un très-gros volume. Il nous faut donc ici nous restreindre absolument aux jurisconsultes dont les ouvrages ont eu tant d'autorité, que leurs noms retentissent encore fréquemment dans les écoles, et dont les fronts restent ceints d'une auréole de gloire qui semble ne plus devoir les quitter.

Les grandes contâmes générales des principales contrées dn nord et du centre de la France furent, avons-nous dit, rédigées, une première fois, dès le'commencement du seizième siècle ; et après leur publication, elles ne tardèrent pas à être annotées ou interprétées par des jurisconsultes éminents.

Le premier qui s'offre à nous, sinon dans Tordre des temps (4), au moins dans Tordre de mérite, c'est Dumoulin, puis d'Àrgentré, puis, mais à un rang déjà bien inférieur, Chopin et Coquille. Nous bornerons nos appréciations à ces quatre jurisconsultes coutumîers, et à Loisel , qui essaya de concentrer tout le droit coutumier en quelques courtes règles. Ces cinq jurisconsultes formeront le sujet du présent chapitre.

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