CHAPITRE III
Des principaux romanistes du dix-septième siècle, notamment du président Favre, et de quelques autres auteurs.
Hauteserre, dont nous avons parlé dans le chapitre précédent comme canoniste, était aussi très-versé dans les lois romaines. Il publia notamment sur les Fictions de droit, un ouvrage des plus importants et des plus savants, qui fut réimprimé après sa mort, en Allemagne. Jean de Lacoste, plus connu sous le nom latinisé de Janus a Costa, venu au monde avant Hauteserre, professa le droit avant lui, et comme lui, à Cahors et à Toulouse. Gomme lui, il était à la fois civiliste et décrétiste, c'est-à-dire qu'il était aussi versé dans le droit romain que dans le droit canon, et ses ouvrages sur ces deux branches du droit étaient également estimés. Lacoste mourut en 4637. Il ne nous souvient pas d'autres jurisconsultes qui aient marqué, en France, dans le droit romain, au dix-septième siècle. Mais d'autres contrées furent, sous ce rapport, plus heureuses. La Bresse, d'abord, contrée française, il est vrai, par sa situation, ses mœurs et son langage, mais qui, depuis le commencement du quinzième siècle jusqu'à la fin du seizième , appartint aux ducs de Savoie, princes, dès ce temps, plus italiens que français, la Bresse, disons-nous, fournit à la science, à cette époque, un jurisconsulte d'une célébrité fort grande et non moins méritée. Ce fut le président Favre, auquel nous allons consacrer un paragraphe particulier. Nous parlerons dans un second, de plusieurs autres jurisconsultes de diverses contrées de l'Europe , dont la science ne fut guère inférieure à la sienne.