Examen histologique
Des précautions particulières doivent être prises au moment même où l’on prélève les fragments en vue de cet examen : si l’on veut être assuré de trouver avec le maximum de chance le revêtement cellulaire que l’on recherche, c’est dans la zone trabéculaire correspondant aux reliquats spléniques qu'il faut se porter. Le prélèvement de fragments
dans les points où la paroi devient mince, où les reliquats
spléniques disparaissent n’a que peu de chance d’être couronné de suecès. Cette remarque est magnifiquement illustrée par l’exemple de SHAWAN : examinant une première fois la paroi d’un kyste sur des pièces prélevées sans précaution particulière, il n’avait abouti à aucun résultat, n’avait découvert que du tissu fibreux ; or, reprenant neuf ans plus tard sa pièce, mais en prenant soin cette fois de faire porter ses recherches dans la zone trabéculaire, les examens étaient alors couronnés de succès. C’est la lecture de cette observation qui nous a permis également dans nos observations n° I et n° IH de découvrir, plusieurs mois après un premier examen infructueux, les revêtements cellulaires : épithélial dans un cas, endothélial dans l’autre, que nous décrirons plus loin.
Des précautions sont à prendre au cours même de l’examen macroscopique de la pièce ; il serait inutile d’insister sur ce fait que l’on ne doit pas gratter l’intérieur de la cavité kystique avec un instrument tranchant pour voir si elle présente un dépôt, qu’il y a intérêt à prélever les fragments immédiatement après l’intervention sans avoir laissé la pièce séjourner pendant longtemps dans un liquide fixateur.
Des précautions techniques particulières doivent encore être observées si l’on veut être sûr de pouvoir examiner avec précision le revêtement cellulaire et d’en découvrir tous les détails avec précision. Ce sont surtout des méthodes spéciales
de coloration, semble-t-il, qui permettent de les mettre en évidence : hématéine-éosine ; coloration trichrome de MAsson ; coloration de WEIGERT ; coloration métallique avec imprégnation argentique.
1° LE TISSU SPLÉNIQUE. — Il n’est jamais absolument normal. Il présente toujours à des degrés plus ou moins marqués des lésions de sclérose qui portent sur les trabécules conjonctives du réticulum fibreux. Les follicules de Malpighi se voient le plus souvent en nombre restreint ; ils sont d’aspect légèrement atrophique ; leurs artères nrésentent parfois quelques lésions de sclérose pariétale. Cette observation, qui est de règle, n’a subi d’exception que dans un cas : HOWALD, dans sa deuxième observation, signale qu’au contraire les follicules sont beaucoup rlus nombreux qu'à l’état normal, qu'ils sont également beaucoup plus volumineux et qu’ils présentent des centres germinatifs et muqueux franchement apparents. Au voisinage de la paroi kystîque, il existe fréquemment, sinon toujours, une infiltration des dernières couches de parenchyme par des éléments figurés : lymphocytes, histiocytes, grands macrophages, qui rappelle la réaction communément observée au contat d’un corps étranger : le « granulome par corps étranger ».
2° LA PAROI KYSTIQUE. — Elle se compose de plusieurs zones nettement distinctes qui se résument à : :
1° Zone périphérique, qui est formée de tissu conjonctif dense, presque essentiellement de fibre collagènes,. disposées en couches concentriques. On y rencontre peu de fibres élastiques, parfois quelques fibres musculaires lisses. Cette couche conjonctive est extrêmement pauvre en éléments nucléés, sauf parfois dans ses couches les plus excentriques où peut se poursuivre linfiltration lymphocytaire qu’on voyait dans la pulpe voisine. Rares y sont également en général les vaisseaux : on ne les trouve, eux aussi, que dans les régions superficielles de cette zone fibreuse.
2° Revêtement cellulaire interne : Deux types principaux s’y rencontrent, avons-nous dit : épithélial et endothélial.
À. — REVÊTEMENT ÉPITHÉLIAL. — Dans les coupes les plus