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‘dre douleur. Cette augmentation de volume, progressive, a duré pendant 5 mois environ, puis elle a cessé sans qu'aucun traitement ait été appliqué. Mais c’est à ce moment que le malade a commencé à souffrir. Les douleurs, d’abord localisées à la fosse iliaque droite, ont rapidement gagné l’hypocondre gauche où elles sont restées précises depuis 3 mois. Ces douleurs n’irradient pas spontanément. Elles ne sont accompagnées d’aucun signe digestif. Le malade n’a pas présenté d’hémerragies d’aucune sorte.
Examen : On se trouve en présence d’un malade pâle. Il existe une voussure de l’hypocondre gauche et de la partie inférieure du rebord costal gauche. L’abdomen est indolore, dépressible à la palpation dans les deux fosses iliaques et dans l’hypocondre droit. Une tumeur occupe la partie supérieure gauche de l’abdomen : c’est une masse ferme, lisse, qui remplit tout le flanc et tout l’hypocondre gauches, atteignant à peu près la ligne médiane ; en bas et à gauche elle reste distante de 2 travers de doigts de la crête iliaque. Sa limite présente au-dessus et un peu à gauche de lombilic une incisure qui signe sa nature splénique. Cette masse n’est pas mobile avec la respiration, pas non plus avec les changements de position du malade. La palpation est sensible sur son bord interne et droit et entraîne une irradiation scapulaire gauche. Cette tumeur est mate, sa matité se continuant sur le thorax, et elle présente une largeur d’un travers de main au niveau de ligne axillaire. Cette splénomégalie est isolée : le foie est normal, il n’y a pas d’ascite, pas de matité déclive. Les poumons sont normaux, le cœur normal. Tension artérielle : 14-8,5. Quelle est l’étiologie de cette splénomégalie ? On ne trouve pas de paludisme dans les antécédents. On ne trouve aucun signe de spécificité : pas d’aortite, pas de signes nerveux, B.-W. négatif. Pas de signes de tuberculose. Cependant on retient l’existence d’une cicatrice de la fosse iliaque droite : le malade aurait subi une appendicectomie et aurait été drainé pendant de longs mois. Mais il n’existe aucun autre signe clinique de bacillose. La radiographie pulmonaire est normale.
S'agit-il d’une maladie du sang ? On demande une formule sanguine : globules rouges 4.210.000, globules blancs 8.100, polynucléaires neutrophiles 76 %, polynucléaires éosinophiles 3 %, moyens mononucléaires 7 %, grands mononucléaires 9 %, lymphocytes 7 %.
Mais on ne trouve que 92.000 hématoblastes.
Temps de coagulation : 8 minutes. Temps de saignement : 4 minutes.
Intervention le 20 mars 1937 (Op. Professeur Grégoire). — On intervient sur le diagnostic probable de kyste de la rate. In-
RTE
cision habituelle en L de l’hypocondre gauche. La rate, une fois dégagée du tablier épiploïque qui adhère à sa face antérieure, apparaît déformée par une masse d’allure:kystique, intra-parenchymateuse, occupant toute la partie supéro-droite de l'organe, du volume d’une grosse tête d’adulte. Pas d’ascite, foie normal. Ponction de la tumeur: 3 litres de liquide purulent, pas de fausses membranes, mais des débris sphacéliques semblant venir non d’une coque, mais du tissu splénique : le diagnostic de sarcome est évoqué. Un drain n° 40 est placé dans la cavité qui s’éngage loin sous la coupole diaphragmatique. Fermeture de la paroi. Suites opératoires : le malade sort le 15 avril. Il est très fatigué. L’orifice de drainage n’est pas encore fermé,
Examen histologique : La tumeur a été examinée par de nombreux anatomopathologistes (Professeur MouLOoNGuET, Docteur OBERLING, Docteur HUGUENIN) : les hypothèses soulevées ont éié variées : splénome de Ménétrier, réticulo-sarcome, lymphogranulomatose.
2) Chez les enfants. — Souvent les kystes spléniques sont découverts chez des sujets jeunes et un certain nombre d’affections peuvent être discutées chez ceux-ci.
‘1) Syndrome anémique pseudo-leucémique de VON JACKxs- LuzeT : Il donne une splénomégalie souvent considérable. Il s’agit souvent, il est vrai, d’enfants pâles, dont l’état général semble déficient. C’est surtout l’examen hématologique qui devra mettre en évidence : une légère leucocytose, une hypohémoglobinémie souvent assez marquée, la présence d’hématies nucléées.
2) Maladie de Gaucher : Sa splénomégalie est souvent importante, elle s'accroît lentement. C'est pourquoi on recherchera si l’affection ne présente pas un caractère familial. Les ponctions spléniques et sternales couplées seront d'un intérêt considérable en montrant la présence des cellules géantes de Gaucher.
3) Le Kala-Azar : Il est rare dans nos climats. C’est la ponction splénique qui, le plus souvent aussi, permettra de le reconnaître en montrant dans le frottis la présence de parasites.
ID Parfois la coexistence de fluctuation et de la per-