TRAITEMENT
Le traitement de choix des grands kystes de la rate est la splénectomie.
Le but thérapeutique recherché, indispensable, est la suppression définitive d’une tumeur qui peut se compliquer de rupture, d’hémorragie intra-kystique, d'infection, ou qui simplement, par l’accroissement progressif et continu de son volume, peut entraîner des douleurs, des troubles de compression importants des viscères abdominaux. La splénectomie est seule capable de répondre à ce désir. C’est ce qui résulte de la lecture des nombreux travaux qui, traitant des kystes non parasitaires de la rate, comparent les différentes méthodes employées et les résultats qu’elles ont donnés. En effet, depuis 1867, depuis la première tentative thérapeutique de PÉAN, de nombreux moyens thérapeutiques ont été essayés, avec des résultats très variables. Il est à peu près impossible dans létude thérapeutique de dissocier strictement les différentes variétés de kystes auxquelles ces méthodes ont été appliquées. Et en pratique, quelle que soit cette variété, le but que l’on se propose n'est-il pas toujours le même ? C’est pourquoi les échecs, les complications ou les heureux résultats d’une méthode peuvent être envisagés en un bloc réunissant toutes les tumeurs kystiques de la rate. Nous envisagerons successivement les différentes méthodes qui ont été employées, nous montrerons leurs résultats et, si cela peut être un argument à retenir, nous essaierons de voir à quel type de kyste elles avaient été appliquées.
1° PONCTIONS ÉVACUATRICES : Elles ont été pratiquées
9 fois. I ne s'agissait que de faux kystes hémorragiques
traumatiques. Les 5 guérisons qui ont été obtenues ne sont pas surprenantes si l’on songe qu’il ne s’agit alors que de
l'évacuation d'un hématome. Mais sur les 8 résultats connus on trouve également : 2 malades non guéris (REIMANN, BAcELLI), 1 infection grave dès la deuxième ponction, nécessitant une large incision de drainage (LEJARS).
2° PONCTIONS SUIVIES D’INJECTIONS DE CAUSTIQUES : Elles ont eu des résultats beaucoup plus désastreux. Sur 4 cas où cette méthode est pratiquée on ne trouve qu’une seule guérison (MARCANO et FEREOL) et encore n'est-ce qu’au prix d'une fistule qui suinte pendant plus de trois mois. Le total des guérisons s'élève donc à 25 %. L’immense danger de cette tactique réside dans l'infection, c’est ce que l’on voit se réaliser dans trois cas (75 %). Un des malades (BELLOT) peut être sauvé par un large drainage. Deux malades meurent de péritonite (PÉAN et QUINTARD) ; et l’un malgré une incision de drainage. La mortalité est donc de 50 %.
3° MARSUPIALISATION : FOWLER cite 12 cas de marsupialisation. FINKELSTEIN en cite 19. Si Ia mort n’est survenue que dans un cas, par infection (POwERS), les guérisons qui ont été obtenues dans les autres cas, l’ont toujours été au prix d’une très lente cicatrisation : 3 mois 1/2 (BAGINsSKki), 5 mois (BARADULIN), 1 an (HEURTEAUX).
4° RÉSECTION PARTIELLE. ENUCLÉATION : Il existe toujours dans les cas de vrais kystes un plan de clivage, avons-nous dit, mais il est extrêmement difficile de le trouver au cours de l'intervention et dangereux de le tenter. L’hémorragie est le plus gros danger que l’on puisse alors rencontrer : elle peut être importante au cours même de ces tentatives d’énucléation ; mais surtout elle peut se produire secondairement, dans les jours qui suivent l'intervention. Comme le fait remarquer RICHER, les artères de la rate sont des artères terminales, un infarctus peut se produire favorisant l’éventualité d'un saignement secondaire. Ce danger d’hémorragie avait déjà été signalé par HEINRICIUS, par MONNIER, par JORDAN. Pour essayer de l'empêcher, craignant les difficultés de la suture d’un parenchyme splénique fragile qui se déchire facilement, FUMAGALLI a eu recours à une suture pratiquée sur l’appui d’un lambeau épiploïque. Maïs ce n’est pas
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