qu'Andréa, pour profiler de laubau.e,.ût
'tt ^IToùr^ nous nou. heurtons au rn.n,.- «manque d'énerKie, source dabus prejud.c.ubk-s a remploi de ce talent qui se snrm.ne.
Pourtant, une fo.s. lartisle retrouve ses force, viriles; il est vrai qu.lsagH de son art, et nous
l'vons ;u qu-. ce propos seul .1 e=l --us.,ea Voici l'anecdote : " L'n cerla-n BaUo -Ma.m. Je Prato ayant besoin dune fresque dans une habilalioa nouvelle, avait presque cho.s. André parmi les peintres dont on lui avait parle, quand Nicolo Sagg. Sansav.no se remua tant et se fat s> cbaudement recommander qu'il obtint le travail. . Toutefois on envoyachercher Andréa pour 1 aider à peu près comme .1 arriva jadis qu un sculpteur inconnu, nommé Marochetti, écrasé ae commandes par la faveur de M. Thiers, vo..lut bien appeler Antonin Moine pour tailler du marbv
SOUS ses ordres. Andréa, dans la croyance que la fresque lui était donnée, vient à Pnito ; mais, arrivé là, il trouve Nicolo.
« Celui-ci s'était si bien emparé de l'esprit du bourgeois, et en avait conçu un tel enivrement qu'il proposa h André de parier toute somme qu'on voudrait de faire mieux que lui.
« L'autre alors répondit, malgré son peu de courage babituel : « Voilà mon garçon qui n'est à « l'atelier que depuis peu ; si tu veux lutter avec « lui je mettrai pour son compte; mais, quant à « moi, sache que je ne puis accepter; car, vaiu- « queur, jen'enretireraisaucune gloire, el, vaincu, « ce serait une si grande honte qu'il m'en faudrnil « mourir. »
(( Puis se tournant vers Baldo : « Donnez Tou- M vrage à Nicolo, ajouta-t-il, il le fera de fat^on à « plaire h ceux qui vont au marché, » et du n^'uie pas, il revint à Florence.
« H entendait, je suppose, que les ânes sonl les animaux qui vont le plus au marché. »
Ce trait de dignité est banal dans l'hisloiie de l'art; mais il nous prouve que le génie, à toutes les époques, eut maille à partir avec les fauxlâlenls et l'intrigue, qui sont éternels comme le beau et le laid entre les mains de la mode.
Aussi bien le génie de del Sarto ne devait en imposer que lorsque son cœur se fut glacé, c'est-à-
110 I.CK GIIANDfl MaItIIKH de I.'aUT
dire lorsque Hahii|)(îriurilé ii'éUiit pluH kcrairi«ireet «l'Autre pari il senihle qu'alors les hommes ("'taient (^'hlouis \)iir Vinci «1 Huonarroti, colosses admirahles. donl !•• ^'«'•ni«* n'était point ^«inéreux, tant il t'tail écrasant.
Micliel-Anj^e, en voyant le Christ au sépulcre (rAn<in*a, s'écria pourtant : « Voilà un tableau qui aurait fait suer le front de Rapha^d lui-niArnf» ! >> 11 est vrai qu'à ce moment I auteur de cette belle page était mort.
Hommages tardifs, communs à la ;:loir.^ qui germe plutôt sur les tombeaux.
Mais revenons à Andréa. Nous le retrouvons plus faible et plus découragé que jamais, tandis que son génie était de jour en jour plus triomphant.
Avez-vous remarqué qu'il est de si jolis visages, de telles intelligences si subtiles que l'on ne peut s'imaginer qu'ils vivront longtemps? Nous verrons le génie frais de Raphaël mourir dans sa tleur. celui d'Andréa del Sarto ne devait point davantage s'éterniser vivant.
Quelle ditîérence entre la grâce nerveuse de Sanzio, entre son existence facile et la distinction eti'éminée de del Sarto, au génie si proche du peintre de la Sainte Famille, aussi éphémère mais si misérable !
Et néanmoins l'œuvre de del Sarto, dans son
jet si souple, si vivant, si gai par le ramage de son coloris, semble retlétcr une âme heureuse et paisible.
Fut-il januiisun artiste (jui fut moins l'homme de son œuvre !
En poursuivant noire biographie, nous ne faisons que gravir le calvaire de notre héros. Voici sa tin.
La peste désole Florence (1527), del Sarto se rend hors la ville au monastère de Saint-Saivi où nous le vîmes déjà travailler au début. C'est là qu'il peint sa fameuse Cène aussi sereinement que le terrible fléau accumulait ses victimes. Isolé en son art, Andréa se place sous sa protection, il ne voit ni n'entend rien d'autre que sa foi; aussi cette Cène lui rend-elle mot pour mot la faveur avec laquelle il la créa, au point qu'une légende quasi divine se rattache à sa miraculeuse beauté.
Il parait que deux ans après l'exécution de ce tableau, Florence ayant été assiégée par les troupes impériales à la solde du pape qui venait y rétablir . son gouvernement, les soldats furieux de ne pouvoir emporter la place, ravagèrent pour se distraire I les faubourgs et les édifices des environs.
Or, comme ils avaient déjà dévasté le couvent
de Saint-Salvi, ils arrivèrent soudain au réfectoire
où se trouvait la Cène qui transporta d'une telle
( admiration ces vandales, qu'ils s'arrêtèrent tout
à coup < Il l«*ur^ «Ir^ruilation» et »e rclirfcreni »ilen-
ciiMiseiiPiii
On s.iit <iu< l<s IhiientiiiH, qui avaient cliass*'' les Mi^dicis et (Jésiraient vivre en rO\)u\)\i(\uo, furent itnpnissants à repousser l'ennemi et contraints de se rendre ; sans compter que l'a^^'IonK^ration des soldats devait ajouter k leurs déboires en a[)portant la peste.
Soit qu'Andréa en ail été atteint, soit qu il c l souiïcrt de privations durant le blocus, il se trouva un soir gravement malade et s'alita. Devaitil partager le sort de Titien en succombant au fléau ou celui de Raphaël terrassé par la faiblesse? Toujours est-il que le vide se fait autour du lit du moribond ; mé.lecins et amis s'éloignent du «pestiféré»; et nous chercherions même vainement, à côté d'Andréa qui va rendre le dernier soupir, la femme qu'il adora.
La signora demeure le mauvais génie qui re-t»à la porte du trépas pour en souligner la détresse: elle a fui devant l'épidémie, et nous la retrouverons en effigie, décharnée, hideuse, telle la mort elle-même, étranglant Andréa après deux jours à peine de soutTrances.
Andréa n'avait que quarante-deux ans, et il s éteignit sans la consolation douce de ce regard de femme qui était tout pour lui malgré son masque déconcertant d'ingratitude.
ANDREA DEL SARtÔ i 39
Andréa était né pour lomartyre, et son œuvre, répétons-le, ne garde nulle trace de ses larmes; sans doute parce que l'artiste divin ne reçoit son inspiration que d'en haut et qu'il ne produit que pour l'immortalité.
Aussi bien l'histoire a pu exagérer les vicissjtudes de notre personnage, avec le grossissement [)articulier aux miettes du passé que l'on veut assembler coûte que coûte et, s'il ne nous déplaît point, pour notre contraste, de voir un artiste génial persécuté en son cœur par un monstre au visage d'ange, nous pouvons tout au moins penser que le coloris radieux de Andréa del Sarto est là pour figurer les rayons du soleil qui dut maintes t'ois éclairer joyeusement une vallée de larmes.
L'appréciation de la manière d'Andréa del Sarto se résume dans son originalité- Ce peintre « sans défaut », comme on l'appela, ne procède effectivement de personne, rien n'a marqué son empreinte sur lui, ni ses admirations, ni son chagrin. Sa faiblesse de caractère l'a mis à l'écart, en marge des méchants, de leurs haines et de leurs discordes; son dessin est pur comme sa couleur est fraîche de n'avoir jamais été touchée. Ses compositions sont également habiles et ingénieuses parce qu'on ne les vit nulle part; en un mot del Sarto est une sensitive ; il ne lui manqua que cette ardeur fougueuse, que cette impétuosité qui
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l.i» pauvre An«!rea fut f'nlerré ohftCur/*menl «lans une (^trlise voisine de «iu propre rnaifton, et l'on raconta <iii<' 1<'^ Mrssins «iu maître furent vol^s nuitamnK-nt îi son h/Titi«T lK)inenico Conti par un artiste jaloux qui les anéantit.
Ainsi (ioncle malheur <i«'vaitpoursuivre dcl Sarln jusque dans la mort, et même Tépilaphe de marbre qui précisait l'emplacement de sa tombe, fut presque aussitôt arrachée par les chefs de i'Iv'lise, blessés qu'on l'eût mise sans leur autorisation !
Mais qu'importe h 1 <i'uvre d un tel artiste que les mortels s'acharnent à sa mémoire!