RAPHAËL SANZIO
Michel-Ange, du moins pour le dessin, car il est visible que Sebastiano del Plombo lui inspira la couleur.
Mais, avant qu'il ait transformé son art, il nous faut citer de Raphaël une fresque de l'église San Severo de Pérouse, ses retables de Florence et ses portraits A'Angelo^ de Maddalena Dont au palais Pitti, sans oublier son propre portrait, que le maître peignit à l'âge de vingt-quatre ans ainsi que celui d'une dame inconnue.
En ces pages triomphantes, le génie de Sanzio s'accentue et s'affirme, se dégag^iànt toujours de l'ompreinte d'autriii avec une beauté neuve et supérieure, mêlant la grâce à la suavité, la force à l'amabilité avec un sens du divin qui n'a jamais été dépassé.
Que l'on ne perde point de vue, néanmoins, durant cette apothéose, le scintillement particulièrement brillant de l'étoile qui conduisit notre héros ; la Vierge devait bien cet avantage à son peintre par excellence, et, lorsque Jules II appela Haphaël à Rome, n'est-ce point encore un effet de de la Divinité, désirant que le génie de Sanzio pût se déployer plus à l'aise?
Car, comme on l'a si bien dit, « c'était donner un trône à Alexandre » que de convier Raphaël à peindre les salles du Vatican.
Aussi bien l'honneur d'un tel choix revient au
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de Sainl-I*i«rre, lirntd.'mtf.
Nou» somiiM'S on l.VW, Siin/i') n a j.hiimi.s <-t(j plus niîiîln* de lui, tout frémifisanl encore de ce «|ue Micliiîl-Anp;e lui a révélé. Le voici prêt à manifester son Bcquis avec une grandeur et une vérilé neuves ; dans le choix de ses modèles, dans l'harmonie de ses coloration^, l'illustre artiste tentl davantage à rendre la vie, tout en l'enveloppant, suivant le mot du peintre Iléhert, d'un voile d'or; en somme voici la manière définitive du maître.
L'Instoire de cette décoration des salles du Vatican di^bute par un trait de modestie charmante. H paraîtrait que Raphaël, prié d'effacer les peintures que précédemment son initiateur Pérugin y avait faites, s'y refusa avec une douce énergie, en laquelle il témoigna tout son respect à l'égard de son maître, et certains historiens nous montrent le portrait de Raphaël dans la première fresque qu'il peignit à coté de l'ouvrage du Pérugin, comme un signe de protestation et de reconnaissance.
En revanche, l'altération des événements de l'histoire a trouvé ses justes détracteurs dans cette gratitude outrée qui conduit par exemple Raphaël à la représentation de ses principaux personnages sous les traits de ses protecteurs ou de ses Mécènes 1
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LA SAINTE FAMILLE, pi^r Raphaël Saxzio.
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IIAPHAËL SANZÎO 153
Léon IV c'est Léon X, Charlemagne est travesti en François I" !
Attila reculant à la voix de saint Léon : ce sont les étrangers chassés par la politique de Léon X ; Héliodore, ce sont les barons de l'Eglise dépouillés par Jules IL
Mais Raphaël courtisan ne saurait affaiblir notre admiration pour son œuvre, d'autant qu'à cette époque il fallut souvent céder aux exigences des grands, et qui nous dit, au surplus, que cette llatterie ne fut point imposée à l'artiste?
Si Michel-Ange se vengea maintes fois de ses détracteurs en les clouant tout vifs au pilori, dans ^^es tableaux, et si nous ne voyons nulle part qu'il célébra ses bienfaiteurs à la manière de Sanzio, il ne faut point nous étonner de cette ditférence de caractère qui frappe nettement leur œuvre si divers.
Non, le visage gracieux, l'allure élégante de Raphaël ne pouvaient refléter des sentiments pareils h ceux d'un Michel-Ange, au masque tourmenté, à la démarche lourde.
Sanzio était souple et capricieux. Buonarroti ne pouvait être qu'intransigeant.
Bref, pour retourner à l'œuvre capitale de notre personnage, ceUe à laquelle il attacha quinze ans d-^ sa vie, faisons remarquer l'effort colossal qu'il lu' fallut donner pour rompre avec ses précédents [u tita tableaux tins et précieux.
Ku |>Uic*î(ieî* MttUoue» bon riantes, au lieu diîs Enlaiils Jrsiis gracieux et [>utclcs, »:arcs»éîi du bout d un piiM eau rêveur, lUpliaèl allait ëe mesurer avec la puissance et soulever le fardeau d Un.! immense concepiion !
Toulciois, et c'est cela qui explique 8iD;^ulierenienl la production inouïe du maître dan& sa si courte existence, la préparation des sujets de cette vaste histoire biblique ;Chamljres de Iltpha»-n est exécutée par son atelier ain^i que ses dix admirables cartons de tapisserie sur les Acte> des Apôtres et, en somme, la Galerie dea Loges est la seule que Saiizio ait eu le temps de décorer par ses soins propres.
Jean d'Udiue, Pierino del Vaga, Jules Homam, et tant d'autres excellents élèves de Hapha^l travaillaient sous sa haute direction alin d'alléger l'effort de lu pensée Vréatrice en supprimant eu quelque sorte le dur labeur maclnnal.
Et puis cette collaboration que nous avons souvent relevée chez les vieux maîtres, ne gardek-elle point malgré tout, la trace de la gritVe du lion? Nous verrons Van Dyck, élève de Kubens, subordonner sa propre maîtrise à celle de son maître. Et, en général, l'unité dans la facture de tels aiixiliaires s'explique par la communion du respect qu'ils avaient pour leur guide.
Us savaient apporter leur pierre à l'édifice en