‹ Les Grands maîtres de l'artChapitre 23 sur 29 · i i.M GliANnft MKhnvji nr. i.'amt · texte numérisé non relu

i i.M GliANnft MKhnvji nr. i.'amt

<i(» cps fnrados qui fJnnn*»nt do la joi** nnx iiulr»"» on Inir pronircnt l'illusion {larlaile d'un honhonr qn'«'ll<*s Fi'ont jamais pu posM'der f*IU's-mAm»"» !

l'lst-((* «lonr h rroir<* i\\]r Ip rAvp est aussi p«Tsuasif sinon \t\\\^ (jik' I.i r<''alil»* ? Los j^<^nios ontils stnils lo privil»':»' dr cctlo donhlo vun ? Mais encore lo niétior suporiourne suffit-il pasà éveill»*r des sentiments contradictoires?

Hrcf nous demeurons sur la p^'nihle impression de Huysdaol méconnu, dont nous ranj^erons le nom parmi les nombreux martyrs de l'Art.

Le Louvre possède six toiles de ce maître : /'lioisy le Buisson, dont les animaux et les figures sont dus h Ber^^hem, nn l'^/frt r/e solfii agrément»' de figures par Wouwerman, un Coup de vent ou une lempôte au bord de la mer, et deux paysag«'> rustiques.

En dehors de ces toiles, notre musée nation.il garde jalousement quelques dessins au lavis du grand paysagiste, qui fut aussi un aquafortiste distinguo pour le contraste saisissant dont témoigneni ses planches à la fois rudes et veloutées.

Citons enfin, parmi les œu\Tes de Ruysdacl, une fameuse Cascade, un Hiver ^ une Forêt , etc., au musée d'Amsterdanu

Il y a des artistes dont le génie consiste simplement à reproduire la nature telle quelle, et dès lors cette nature exprimée sans détours avec la force d'un métier surprenant, touche à l'idéal comme à Finsu de celui qui la traduisit.

Rembrandt est de ces artistes-là. Point de subterfuges dans la « touche » de ce peintre, point de sujet « mirobolant », point de « jolis » modèles même, rien que de la vérité.

De tout cet œuvre que nous allons dire, se dégage une éloquence limpide sans sacrifice au convenu, à ce qui plaît, une éloquence sans images non plus, idéaliste seulement par une expression originale dans la réalité, par ce que Ton voit tous les jours sans que Ton prenne garde.

Rembrandt souligne un caractère par un rayon de soleil, et de même il sait laisser dans l'ombre ce qui doit y demeurer. Si tant de portraitistes excellent en l'art de présenter luxueusement leurs modèles, non seulement dans la mise, mais dans le décor, Rembrandt, lui, se contente de copier sans

.'i56 r.F.fl GRANDS maItres de i/art

fa(;on dos jihysionomies qui imprcMionnenl ampleriicnt, loules rjiress('*os qii ellfs sijut par |h clairohsciir duiip liiinièro navammeni distrihuée.

(ait h' iu''\ii\ii't* pointro n»;joiie qu'avoc le» e(r«*U naturels encore ; il ignore aussi les soi-disant mouvements « nobles », les compositions soi-disant majestueuses et les grands airs arliliciels que rr-rtaiiis peintres donnent à leurs personnages.

Pour lui, Dieu n'est qu'un homme et ses sainl'i pareillement, de même que la Passion n*estque le spectacle de la souiïrance terrestre et humaine exprimée chez Jésus-Christ par une grimace vraie.

En montrant à ses amis les personnages hie^tori(jues et bibliques si bizarrement alTiiblés de turbans, cafetans, vieilles étoffes, vieilles armures. Van Ryn s'écriait : « Voilà mes antiques ! »

Et ne croyez point que ce naturalisme et que cette fantaisie nuisent à la beauté de l'œuvre de Rembrandt! Bien au contraire, cette vérité qui change tellement des précédentes concessions au romantisme, a une saveur poignante dont l'idéal est en nous et que le peintre réveille seulement en touchant juste.

En un mot, l'œuvre de Rembrandt nous émeut humainement et, pour cette raison, il est totalement différent des autres sans être moins élevé pour cela, 31 toutefois ses artifices sont ir.oius pompt?ài.

PORTRAIT DE REMBRANDT, par lui-même.

{Musée du Louvre.)

L'École de Bruges, qui semble avoir été le berceau de l'Ecole hollandaise aussi bien que de l'École flamande, peut revendiquer Van Ryn comme son élève le plus génial, et ce génie, répétons-le, est familier, il s'élève et plane plutôt sur la manière actuelle des peintres hollandais, qui est l'expression de la vie populaire, par une pensée plus large lorsque cela n'est point seulement par la qualité du sujet

Alors que Teniers, par exemple, entre deux scènes joyeuses de tabagie, s'essoufflait sans grandeur à représenter des scènes religieuses, Rembrandt lui, après avoir noté quelque scène d'intérieur (oii la banalité cependant savait se racheter par le charme et l'esprit), peignait un portrait admirable de puissance et de grandeur ou bien quelque passage de la Bible saisissant d'expression. Et de même que ces scènes d'intérieur avaient une beauté rédemptrice de leur vulgarité, ces portraits de personnages laids et ces pages religieuses où figurent des types déplaisants abandonnés à leur douleur cuisante, ont une splendeur que l'on chercherait vainement chez Teniers, par exemple, chez Jean Steen ou chez Van Ostade — peintres de la vie familière sans plus.

C'est ainsi que Rembrandt Van Ryn domine tous ses compatriotes ; c'est ainsi que lui seul est touché de la grâce du sublime, malgré son dédain mani-

358 i.K<« r.iisMih maIthk» de l'amt

fcstc pour le style idi^'al, pour le in^riHonge •^oniptufiJK. Hur l('<{ii«'l n;poHe pourtant la gloire d<'S |)r<''Cur*iour8 «iorit le g<*nie étiiit sirriplemeDi «iiir^'TJ'iil (\i\ sien.

I^'fnl»ran<lt V^an hyn naquit à Leyde pu UiOOdan*; Mil moulin à v(*nt sis dans lo quurti(*r du l'élirau. Sou pire Harm«n (ierritszoon van Hyn et 6a mèn* iNcel^»* Wilh'rnsdochter furent six enfantM, et ootre lidros fut ravant-dernier de cett»* prog^^nilure.

La poésie de r^ tle naissance est charmante ; on jiinie cl évoquer le j<'une Rembrandt jouant dan» la p<^nombre d'un moulin où la farine fait comme de grandes coulées de lait, lorsqu'elle ne vole point en poussière dans les raies de soleil qui, brusquement, violaient, çà et là, parles interstices d('s cloisons, l'onibn* mystérieuse.

Et qui sait si Rembrandt, en ce contraste de lumière, n'eut point l'indication de ses elfets n^ts, Téclair de sa vision personnelle, isolante, obsédante sur un seul point révélé !

Aussi bien, bercé par le ^rand vent où le moulin craquait, parmi le ronron des ailes emballées, on se plaît à se figurer le jeune homme rêvant — entre deux jeux — sur Ja nature simple qu'il apercevait seulement par une fissure ou par une meurtrière, sur la lumière mesurée qui jouait avec uiK' boauté fugitives! singulière, sur les êtres et les ctioses environnants.

Toujours est-il que l'art dut tourmenter prématurément cet enfant dont la mélancolie persistante après de rares accès de joie, se rapproche encore dans la pensée, de l'enveloppe d'ombre oii le maître plus tard devait emprisonner un rayon de lumière.

On nous dit que Rembrandt figure, dès l'année 1620, sur la liste des élèves de l'Académie de Leyde et nous voulons bien suivre ensuite, notre artiste chez le peintre leydois Jacob Van Swenenburch sur le talent duquel la postérité demeure muette.

Il paraît aussi que le brave meunier ne fit aucune opposition aux aspirations artistiques de son fils ; nous notons le fait pour sa rareté, et voici que nous apercevons, vers 1624, notre personnage à Amsterdam, dans l'atelier de Pieter Lastman, peintre et portraitiste très influencé par les recherches du clair obscur d'Adam Elzheimer.

Mais nous n'attachons guère d'importance à cette supposition, le nom d'Adam Elzheimer étant aussi obscur que possible, tandis que celui de Léonard de Vinci, si brillant, dut plutôt, par sa manière enveloppée, être le premier initiateur de Van Rym

Au surplus, à quoi sert de comparer les factures entre elles et pourquoi ne pas admettre que les artistes puissent se rencontrer parfois en leur mode d'expression?

.inO LEM GRANDH MaItIiRA DR L*AflT

« Une f«'rn[ii<' .1 passf^ dans h?» ru«*A de Hornp, ♦^criKlIi. liljiiH!, Mn:h<*l-Ange Ta vue, illa detsinr'M' rêvt'iisr ri li»'r<* ; naplia**! Ta vue aussi, el elle ui a paru h<;ll«*, j^racieuse et pure. Mai», si Léonard île Vinri l'a rencontn^e, il aura découvert t'i» «-II»' un»* ^vÙLvr plus intime, une suavité pénétrante, et la peindra enveloppée d'une gaze de» demi-jour. »

Autant de manières diverses de ressentir et de traduire la beauté, et il ne faut voir qu'une similitude d'émotion entre Vinci et Van Hyn a défaut d'une influence prol)l«''matique due à Ezitieimer.

Mais retournons à Hemhrandt, qui vient de réintégrer ses pénates, où il vit entouré de véritables disciples, tels que Lievenz, Gerrit Lk)w et le graveur Van Vliet (1628j.

De cette époque datent /e Changeur de rnonnaie (musée de Berlin) ; le Heiiieynent de saint Pierre, de lacollection Von derHeydt. Puis, nouvelle fugue, notre personnage dont la réputation grandit, s'installe de nouveau à Amsterdam 1630), et c'est là que l'amour vient toucher son cœur. Il n'a que vingt-quatre ans; mais la maturité de son talent lui vaut d'être remarqué par la fille d'un riche bourgeois de Leuwarden, dont il obtient la main comme on cueille une fleur ^1634).

Sasl«a vanUylenburch (c'est le nom delà femme de Rembrandt) n'est point une beauté, mais son

VÉNUS ET L'AMOUR, par Rembrandt.

{Musée du Louvre.)

mari Tidolâtre, il la peint à plusieurs reprises dans Tenthousiasme de sa passion, comme s'il avait le noir pressentiment de l'implacable mort qui devait bientôt la ravir à son all'ection.

En effet, Saskia meurt huit ans après son mariage, en 1642, laissant un fils nommé Titus à son époux éploré. Mais la vie de Titus n'est point de longue durée, puisque nous le voyons rejoindre sa mère dans la tombe vers 1668.

Rembrandt avait hérité de tous les biens matrimoniaux dont il ne devait rendre compte que dans le cas où il se remarierait, or, il paraît qu'en 1654 le consistoire de l'Eglise réformée enjoigïiit à l'artiste de se présenter devant lui avec une femme nomiâée Hendrikje Jaghers « à l'etTet de s'expliquer sur ce que, sans être unis par un légitime' mariage, ils vivent ensemble » !

En admettant ensuite l'hypothèse de la régularisation des amours de Rembrandt qui devait entraîner une liquidation des biens prévue par une clause du testament de sa première épouse, on saisit pourquoi nous allons trouver maintenant notre peintre dans la gêne, d'autant qu'il est extrêmement prodigue.

Si toutefois d'aucuns soutiennent la thèse contraire de l'avarice, le fait est là : Rembrandt est vendu et dépossédé de tous ses biens! Il ne fui reste plus de la sorte que l'amour de Hendrikje

3f,î t» CBANK» MAltMK» DE v'kKT

,.l oolui .!.• W M\>- M"'-!''- lui H <!"""*• ■ 0>TnM\it. Mais 1.1 L^'ondc .!« lavarice d.- Van Hyn ^st im-

;,„l..s, pour.iMoi ...• |.as les conl.T, .("ilte à en conl,.»lor par avan.r lautlwnticil.--'

(h. Mit ,|iirlî.MilMan.lt avait un jour |.<^rhuad«î à sa IVn.nie d.- i-r.-ndr.,- le deu.l de veuve et de répandr.- l'- l'i'iil de sa mort, dans ledc^sir do vendre seslableaux plus cher.

Or la rusp de l'auteur de A; Uonde ih SuU réussit à merveille, et le célèbre peintre, lorsque la „ mèche " fut éventée, donnait à son lils des dessins que celui-ci allait vendre secrètement, comm.des œuvres précieuses dérobées à son père!

On prétend d'ailleurs que Van l!yn ne se fâchait pas quand d'autres riaient de sa folie pour l'argent. au point que les élèves du niaitre ayant peint des pièces de monnaie sur des cartes répandues comme par mégarde dans l'atelier. Rembrandt s'y laissait prendre et tendait la main avec une avidité comique et furieuse.

Que doit-on croire au surplus, dans tous ces racontars qui nous montrent Van Ryn fréquentant la société la plus basse, ne se plaisant qu en la compagnie des gueux en guenilles qui lui servaient

de modèles?

En vérité, il nous déplaît de supposer que 1 illustre peintre ait pu se dégrader de la sorte.

Et voici que s'accentue la négation de cette légende démontrée par de nouveaux documents.

D'abord, Rembrandt est un amateur passionné d'estampes rares et de meubles précieux au point que cette passion de collectionneur engloutit toute sa fortune.

Parmi ses estampes on compte des œuvres de Marc-Antoine et de Mantegna, parmi ses objets mobiliers on voit plusieurs statues antiques, des bustes dont la magnificence éveillerait plutôt le soupçon de la prodigalité.

Quant à la fin de Rembrandt, elle est misérable ; il ne laisse point d'argent, et son enterrement coûte 15 florins!

Restent les relations amicales du maître. Elles sont nettement opposées à celles qu'on lui prête. C'est le savant professeur Tulp qui est représent \ dans la Leçon danatomie^ c'est le bourgmestre Six dont Van Ryn a reproduit souvent les trails, c'est Lutma le fameux orfèvre, c'est Ansloo l.i célèbre prédicateur anabaptiste, sans compter tant d'autres personnages équivalents!

De telle sorte que nous retournerons à la vie de Rembrandt le cœur allégé de laisser au moins planer un doute sur des allégations.

Van Ryn, à la mort de sa femme, se serait croit-on. retiré à la campagne, probablement à Elsbrœck, époque à laquelle il s'adonne à ses

ne, \ r KA (;iiANDH HAlrnr.n de i/art

priiiiii'H'^ planches de pnynage : //• \ rryrr, h Trois Chiinnni'n's, le Taureati, la Grotte et Ir Um seau, <*tc.

(iîir il n^ tant pas oiililifr (juf» !♦• ppinlrn, chez Hiîinhraiult, so double d'un ^rravonr (*mÛT\\,*', d un .njujiforli^to d'une luminosité* cxtrarirdinain*. (jm Inil (jii»; srs piiincheî» sont reronnaissaliles t'utr' niilln.

(llu;/ notre p»'r>onna^e, m«*rne, le pinceau et 1 hnrin sont InséparaMes. « l^etnhrandt avait pour al«'lier un vaste niaj^asin divis»'» par des cloison en compai'timents, dont chacun était MuxtO d'un»manière difîérente; il faisait passer son raodèl de cabinet en cabinet jusqu'à ce (jn'il eût trouNun jour en harmonie avec la ligure de son module.

Il portait toujours dans sa poche une planch au moins, recouverte de vernis, ainsi qu unpointe à graver dont il se servait avec une merveilleuse prestesse. » (Extrait de f Education artistigue /Kir limage et r Anecdote, du mr*rae auteur.

Mais bornons-nous pour l'instant à examiner le peintre dont nous venons déjà de voir l'atelier original.

L'œuvre immense de Van Ryn ne comporte pas moins de trois-cent cinquante peintures en tous les genres, et nous savons avec quel superbe parti pris d'effet, avec quel « réalisme idéal » il s'est énoncé.

Parlons maintenant de sa facture. La facture du célèbre maître est caractérisée par un « fini » qui est le comble de l'achevé sans Técueil redoutable de ce que Ton a improprement appelé le (( léché » et mieux le blaireautage.

De près comme de loin, l'exécution de Rembrandt est séduisante sans jamais que son « poussé» ne choque. C'est là la marque supérieure des maîtres que le soin de la facture; mais jamais, croyons-nous, la facture poussée n'a été si merveilleusement vivante que chez Rembrandt.

Lorsque l'on reprochait à notre héros l'épaisseur raboteuse des points lumineux dont s'éclairaient ses toiles, il répondait « qu'il était peintre et non teinturier ».

Du reste, il s'indignait toujours qu'on examinât ses toiles de trop près. « Un tableau, disait-il, n'est point fait pour être flairé; l'odeur de l'huile n'est pas saine! »

Il n'empôche que l'œil averti prend un plaisir extrême à pénétrer le mystère de cette palette vibrante, môme de près, d'autant que de loin si la satisfaction est autre, elle n'est point supérieure.

C'est en ses portraits, surtout, qu'il semble que Rembrandt ait excellé.

En ce genre il est robuste et grand, il atteint au « trompe l'œil » dans l'expression et la réalité par des moyens d'art superbes ; en un mot il capte

366 iT<^ r.nANDs maItrks de i/art

l'iiHppct |)hyHionoiiii()ue à» y mépreodre, (iann ton atm()s[)lM'r« et su vie.

Voyez les propre» effigies du maître par Imin^iiie : HrJulinimU jeune et lieiithrandt vieillard Musée du Louvre) et vous serez susisi delà \*'-v\U'. de ces traits qui parlent aux yeux, qui ont lair de remuer, au [)oint qu'ils chantent jusqu'à Timmorlaiité [)liysique de leur auteur! Ce n'est point le portrait de Htriihrandt, c'est lui-m^me!

(' Pour montrer au public son talent de portraitiste, Henihrandt, dit-on, ne s'avisa-t-il pas un jour, d'exposer à sa fenêtre le portrait de sa domestique? Et cette efligie était d'une ressemblance tellement frap[)ante que les gens de la rue et les voisins s'arrétaientdevantelle pour la saluer. Naturellement le portrait demeurait impassible ; on s'approcha et ce n'est qu'à ce moment que la supercherie fut découverte au milieu des éclats de rire. » {L'Art en anecdotes^ du même auteur.) 1

On a classé la facture de Van Ryn en trois périodes caractéristiques. La première date de ses débuts, elle est scrupuleuse dans les détails et froide. La Présentation au Temple (1631; et la Leçon d anatomie du docteur Tulp (1632;, qui sont au musée de La Haye, témoignent de cette première expression. La seconde manièrenous montre une facture plus large et plus indépendante en son ensemble, Bethsabée i^Musée du Louvre , la

Suzanne au bain (La Haye) et particulièrement son plus grand tableau : la Ronde de nuit (1642) (Amsterdam) représentent cette période, certainement la meilleure du grand maître qui, sur ses vieux jours, nous réservait une troisième manière indiquée par les Syndics des drapiers (1661), la Famille du menuisier et le portrait de Rembrandt vieillard, au Louvre.

Or, il est à constater que dès que Rembrandt eut cessé de sourire au public en renonçant à sa facture aimable et plutôt fignolée des débuts, son art n'intéressa plus le commun, et il connut la misère.

11 apparaît que le chef-d'œuvre du maître la Sortie de la compagnie du capitaine Rahning Cock dite improprement la Ronde de nuit, marque en effet à la fois la débâcle financière et le point culminant de sa maîtrise.

Rembrandt avait cessé de plaire aux « bourgeois » il devait goûter leur stupide ingratitude à la façon d'un fruit amer, et ne voila-t-il point l'occasion définitive de détruire la réputation d'avarice de Van Ryn ?

S'il eût voulu gagner de l'argent, notre personnage n'avait qu'à poursuivre le genre agréable au public, tandis qu'au fur et à mesure de sa vie, jusqu'au trépas misérable, son génie affranchi de Tesprit mercantile montait au sommet de lagloirel

36A l'KA ORANDA MAtTIIBt DE i/aRT

Au surplus, n'a-l-on jxiiiil confornlii l'économie forcée dft l'artisiti pauvre avec uue hoiiUnihe lln*saurisaliou?

Mais [tnssonSf [{emlinindt plane au-dt*sBUft des calomnir^s, et il va uiaintenaut se présentera nous

coninK* graveur.

Kcoutons dahord Descamps à propos de la mani«'Te de graver du maître. « 11 ne calqua !' .iière SOS dessins de peur d'en refroidir IVsprit. il l^s • It'ssinait de suite sur la planche (excepté les portraits).

(t II ombrait etremplissait avecla pointe ; il fouillait dans les ombres, il croisait et repassait ses liachurcsea tous sens autant de fois qu'il le croyait nécessaire.

« La pointe sèche lui «l lit d'un grand secours pour donner les accords et glacer partout. »

D'autre part Joubert écrit : « Il n'imita la manière de personne, mais s'en créa une pour ainsi dire toute particulière, sans nul plan fixe en apparence, dans la disposition de ses tailles ; sa [)ointe semble toujours marcher incertaine, ses travaux s'établir et se montrer sans but positif et raisonné plutôt même se détruire; les derniers coups de pointe ne paraissant être ajoutés que pour cacher ou rectitier les premières incertitudes. »

L'œuvre gravé de Van Ryn est aussi important que son œuvre peint et aussi divers. On y retrouve

les contrastes accusés de clair et d'ombre, les pareilles manifestations du caractère et de l'expression au mépris du style des précurseurs et de la convention consacrée noble.

Rembrandt est lui-même et demeure lui-même, autant merveilleux dansses qualités qu'intéressant en ses défauts.

Quant à son habileté de graveur, elle est proverbiale; c'est ainsi que la planche de ce maître, désignée sous le nom de paysage à la moutarde., dut ce qualificatif à un pari que le maître avait fait de graver ce paysage durant que île domestique de son hôle, un bourgmestre de Hollande, irait chercher la moutarde qui manquait sur la table, au moment du repas ! (On sait que l'artiste ne sortait jamais sans emporter sur luiles ingrédients nécessaires à la gravure.)

Parmi les planches célèbres de Rembrandt citons Jésus-Christ guérissant les malades ou la Résuî^rection de Lazare, qui arrache à G. Duplessis cette juste observation : «... sa pointe magnifique obtient de l'eau forte ce que jamais on ne l'aura cru capable de donner; cette branche de la gravure, qui semble ne convenir qu'aux motifs intimes, aux compositions exécutées du premier jet, atteint au contact du génie de Van Ryn, les sommets de l'art et lutte triomphalement avec la gravure d'histoire... »

370 LEH GRANhg MAtTIlEff DE i/aAT

A propos Ho rptle hoWe estampe connue sous U' nom do Pirre aux cent florins^ voici Thisloiro do son surnom.

Solon los uns, on la nomm»i ainsi tout nimplomont parroquo, fin vivant rn/^me do l'autour, ollo sr* vondait co prix-là on jlollando; solon low autres. parc»' «pio, corlain jour, nn marchand vonant do Konie [jroposa h rarli>lo (^noKpios ostampes do Marc-Antoino aiix<|nollos il mit le prix {\(* cent florins. Romhrandt oITrit en paiement de ces estampe»* <a c^rnvnre, que le marchand accepta, soit qu'il Vi)Mlnt ohliper l'artiste, soit qu il estimât qu'il no perdait pasau change. Depuis, les bonnes ôpreuve«t!c cette estampe ont souvent atteint et dépas'^c dans les ventes le taux primitif. Par exemple, en 1754, on en vendit une 150 florins; en i8<X^, il livressterling ou 801 francs ; en 1835, 103 livres ou 4.875 francs ; en 1859, 3.69<j francs etc.

11 est à remarquer que tout comme les grands maîtres de la gravure, Rembrandt ne pratiqua jamais que la gravure onçjinale, c'est-à-dire qu'il n'interpréta jamais que son œuvre propre, ayant ainsi siMilement acquis le droit d'augmenter l'elTet de SOS compositions, de corriger son dessin, d'appuyer ici et là sur quelque caractère ou sentiment, bref de donner le plus de beauté possible à son œuvre au cours de l'opération secondaire du burin et de la morsure.

Nous touchons maintenant à la fin de notre sujet, Rembrandt Van Ryn va mourir, nous avons dit dans quelle détresse et fait en quelque sorte justice du soupçon d'avarice que propagèrent à plaisir la légende et les anecdotes.

Nous avons conté aussi, les causes de cette triste fin auxquelles viennent s'ajouter, post mortem^ de fâcheuses surprises.

C'est ainsi que l'on s'étonne que les collections d'art de Rembrandtquiavaientabsorbé en partie sa fortune, n'aient pu permettre à sa troisième femme (?)Catherine von Wijck, d'offrir à son époux de somptueuses funérailles...

Mais hélas! cette magnifique collection fut vendue à vil prix, à cause de la misère extrême qui affligeait la Hollande dont deux mille maisons alors dit-on, étaient vides, par suite des événements politiques qui avaient ruiné le pays!

Aussi bien tout s'enchaîne, et il ne messied point de voir Rembrandt van Ryn s'en aller au tombeau (1669) dans le clair obscur de la gloire, ignoré de ses contemporains, dans l'entêtement du génie qui devait plus tard marquer son triomphe!

Rembrandt, pour qui l'originalité était si précieuse qu'il obligeait ses élèves à travailler en cellules, afin que leurs qualités natives ne fussent point altérées au contact de l'enseignement en commun!

NICOLAS Ï^OUSSIN

I/admiratioii do l'aiif ii|iip a rontr.iint los artistes (lo tout tem[)s il un i<l<'al iiuli>j>»*iisaljK* à l'art. I.a tradition «lu Heau, <i'[)f'inlant, n'est transniissihle qu*à condition de ne pas détruire l'originalité (|ue chaque géntîration porte en elle, à son insu ni(^nie, dans l'acceptation diiïérente des mœurs et de la mode.

En admettant donc que l'antique soit la relitrion de l'art, tout comme la Bible est celle de Dieu, il faut résistera son do^^me, sinon à sa vénération, et il semble que beaucoup de grands artistes ont été victimes de leur foi rétrograde.

Ainsi F*oussinse présente-t-il à nos yeux comme le maître de la peinture classique, sans guère d'originalité, en dehors d'un esprit d'adaptation supérieure.

Or cette qualité d'adaptation prouve une ingéniosité qu'il eût été préférable de voir éclore sous forme d'originalité; mais l'idéal classique s'y opposa.

Poussin fut convaincu du monde antique au

point qu'il y fit entrer toutes ses œuvres, au point qu'il façonna son cerveau suivant ce moule. Pour Poussin, la Beauté et la Nature ne devaient être qu'antiques, tant et si bien que les fenêtres de son atelier donnèrent invariablement sur la Grèce ou sur l'Italie.

Nous verrons David partager cette admiration obsédante, mais néanmoins avec des échappc'i ':. d'originalité somptueuse, nous verrons Ingres se détacher insensiblement du style héroïque ai: profit de la vérité superbe, mais jamais nous ne verrons le Poussin être lui-môme.

Est-ce à dire que le maître des Andelys n'ait point de génie? Que non pas, mais son génie es! esclave et laborieux; il déborde d'un convenu si parfait qu'il touche à l'idéal, il témoigne d'une pensée tellement haute que l'on ne peut que s'incliner devant sa conviction, malgré souvent qu'elle ne persuade pas.

Cet art, d'ailleurs, est d'un froid enthousiasme, d'un lyrisme sans entrain et d'une désuétude rare, parce que son mouvement, déjà inspiré de l'antique, c'est-à-dire déjà suranné, a vieilli encore singulièrement en arrivant jusqu'à nous. Si jamais le geste vrai ne date, le geste artificiel pompeux, théâtral n'a qu'un temps.

Les personnages des anciens classiques joueni la tragédie, mais ils n'expriment point des senti-

374 \.F.n GHA^ll^ maiimk^ 1*1 » Ml r

iiH'ntA prociM»^ (icH nùtres, iU sont • ponipif^rff *»; U'iir ^niii(lilo(]iH*nrp ne saurait iioiih émouvoir si nous ne nous reportons k l'esprit d'un temps.

Mais n'cmpif^tons point sur I)avid à r|ijic« dernier reprocha; s'adresse particulièrement, et havid serait [)his rou[)able que son devancier d'avoir Hé pnni/tirr. s'il ne se fût souvent triomphalement alïrafichi de sa morale et s'il n'avait eu le mérite d'avoir réafi^i contre le maniérisme du xviii* siècle.

Bref, pour en revenir au Poussin, il faut célébrer en lui particulièrement la grandeur. C'est par la grandeur qu'il nous en impose, et par la majesté de sa vision ennoblie.

Ne lui demandez pas de représenter des hommes, il ne sait peindre que des liéros, et ces héros, dans l'Histoire, aspireront au symbole et à l'allégorie, de crainte qu'ils ne touchent terre.

Lorsqu'il eut achevé son Martyre de saint François-Xavier^ les Jésuites qui lui avaient commandé cette œuvre, déclarèrent que le Christ avait plus l'air d'un Jupiter tonnant que d'un Dieu de miséricorde, et jamais le Poussin ne voulut accepter cette critique très juste, parce qu'il eût considéré comme une profanation de prêter au Rédempteur des traits semblables aux siens.

D'ailleurs la parodie et la caricature n'étaient pas naguère du goût de tous les bons esprits. Ainsi, lorsque Scarron envoya respectueusement à

tu

CQ

Nicolas Poussin son Enéide bouffonne, on dit que le grand peintre en fut très froissé et renvoya le livre au pauvre poète avec une réponse sévère. En revanche, Racine ne dédaignait pas de sourire aux travestissements des personnages de son cher Virgile, et Boileau disait un jour au tils de Racine : « Votre père avait quelquefois la faiblesse de lire Scarron et d'en rire, mais il se cachait bien de moi pour en rire. »

C'est Poussin qui a créé le paysage historique, image du paradis terrestre et non copie de la nature telle qu'elle se présente, toujours pour ce besoin singulier d'exagération, d'amplification, marque d'un dédain critiquable pour les propres chefs-d'œuvre de la vie.

On a comparé Poussin à Raphaël, quel écart dans le style pourtant, quelle différence d'imagination entre les deux essors ! Aussi bien Raphaël était de son temps et Poussin ne fut jamais du sien. Sanzio copia la nature en poussant à la vérité du mieux qu'il put et le maître des Andelys n'a pas accentué cette vérité, il Ta au contraire retardée.

Entre la sublime naïveté des primitifs et notre s^avoir photographique extraordinaire actuel mais sans guère d'idéal, il y a une marge pour l'expression idéale par le ckoix seul de la nature vraie; au temps de Poussin malliemeusement, on eut peur

376 MM r.BANn» maÎtufji de i.'aut

«r.tih'r <!<• ravaiil et Ion rcHSiissa le» chcfH-d'nMivrr*

|).' t«'lh* sorto que* Poussin nVnt qu'un merveil h'iix « rt^sutiMMir »» du gruie uiitérirur, et cela |>eut siinir<' h la {.'loirocin <« père de l'école franraise >». Mt'Moii^ «'Rcon* (jii il a vécu en Arradie (Et ego in Arrat/inf), dans une Arcadie qu'il a lui-niAnif créée >» — suivant la fnrriiiil*- usitée, et bornonsnous h ailiilir»'!', imi soimiif, un artiste dans le décor de ses rêves.

Nicolas Poussin naquit aux Aiidclys, en l.V.*4. i! fut élève tout d'al)ord, dans cette ville, de Quentin Varin ; mais il ne devait point demeurer long- J temps chez ce maître à !a suite de dissentiments qui Toldij^èrenl à fuir la maison paternelle.

La famille du JLMine homme s'est appauvrie au service des rois, elle en a ^ardé quelque aigreur; aussi les commencements de l'artiste sont-ils difficiles et pénibles, sans cesse contrariés par l'^-xpérience implacable.

Néanmoins Nicolas ne veut point entendre les sages avis des siens, d'autant que Varin ne lui a pas dissimulé quel espoir il fonde sur son avenir et, Georges Lallemant comme Ferdinand Elle ne peuvent que confirmer au jeune homme qui est venu leur demander leurs conseils à Paris, l'heureux augure du premier maître.

Mais ces éducateurs médiocres n'ont point sur

leur disciple l'autorité nécessaire, leur vol n'est point haut, et il semble à Poussin que l'art doit avoir un essor supérieur, aussi ses yeux sont-ils tournés bientôt vers l'Italie, patrie de Raphaël et de Jules Romain.

Ces deux maîtres, en effet, viennent de lui être révélés par le hasard : un gentilhomme du Poitou de ses amis, lui a fait connaître un mathématicien du roi, Courtois, dont la collection admirable de dessins de Sanzio et de Romain, notamment, porte en elle tous les enseignements de l'idéal.

Et le Poussin songe qu'un coin seul de voile céleste vient d'être soulevé à ses yeux, qu'il n'a point de cesse de soulever tout entier.

Il ira, à Rome, voir les maîtres chez eux.

A cet instant, notre héros dut apercevoir cependant l'œuvre entier de ces génies avec celte môme intuition singulière qui lui fit évoquer plus tard une Grèce, une Judée qu'il n'avait jamais vues!

Aussi bien cette vision imparfaite à côté de la réalité attise sa convoitise déjà entamée et, lorsque, par deux fois il essaye de s'acheminer vers Rome, l'infortune et la maladie l'arrêtent en route.

C'est d'abord la lutte pour la vie qui l'amène chez la mère de son protecteur-ami, le jeune seigneur poitevin. Là il espère en même temps que subsister, économiser en vue du voyage rêvé; mais,

.TiH LE« GBANDH MAtTRRA DF. i/aUT

la «laiiir i{zri«»ranl«î vnit employer ce ^éiiif» à d<*ft ()(Muj)ations domestiquos, d'où fuite épenJijf? fl retour d»î TartiRlo aux Andely», oùse» parents ont \)\i\{' (\p sa diUresse.

Mriiu' il faut croire (\nh. ce monifiit K»s Iravaux viennent en aide aux aspirations de l'infortuné^ puisque nous le voyons bientôt partir pour Rome. Projet qui «;choue hélas à Florence et ^am^ne fort heureusement en Franc»?, noh. voyageur.

Fn eiïet, la Providence va sourireà l'artiste soûles traits de Philippe de Champagne et de Marini rencontrés au («jUège de Laon où il lo^^- Marini, po^^te clinquant de V Adonis, exerça sur Poussin [ina intluence di*cisive, parce que tou est dans tout lorsqu'on sait l'y trouver : la pr»*uv»' en est que les merveilleux dessins de l artiste poui l'œuvre de Marini dépassent le texte évocateur, bien qu'ils soient nés de lui.

Philippe de Champagne, d'autre part, prodigu»ses conseils h Poussin et plus tard, c'est lui qui signalera son ami à Duchesne, directeur destravaux qui s'exécuteront au Luxembourg, par ordre de Marie de Médicis.

Et Philippe de Champagne partage la fortune de Marini ; il n'a été qu'un initiateur, le voici à son tour dépassé par la science et la grandeur de son disciple, que nous n'allons point voir encore

GILLES, par A. Watteau.

{Musée du Louvre^)

partir pour Rome, retardé qu'il est à Paris d'abord par la maladie et ensuite par la promesse qu'il avait faite à la communauté des Orfèvres, de peindre pour elle une Mort de la Vierge.

Bref, sur la recommandation de Marini mourant, le cardinal Barberini accueille chaleureusement le Poussin à Rome en 1624, l'abandonnant presqu'aussitôt à la misère et à jla solitude, par suite d'une légation impérieuse à l'étranger.

Mais, fort heureusement, l'Algarde et le sculpteur Duquesnoy vont chercher le génie dans la peine pour l'associera leurs études ; ils le rencontrent errant dans la campagne de Rome, se consolant de l'adversité en l'amour de cette nature oii flotte comme un souvenir des Césars enfuis.

Pour vivre, Poussin moule des antiques avec Duquesnoy et, lorsqu'il a gagné son pain, il rêve le soir devant des pierres, devant des brins de mousse qu'il a ramassés sur son chemin et remportés dans son mouchoir.

« Je n'ai rien négligé », répondra-t-il plus tard à son admirateur qui lui demandait le secret de son art.

11 s'emploie à tant d'autres besognes encore, ce grand maître, que, sous prétexte de subsister afin que son idéal ne succombe, il risque la mort.

Aussi, bien une fois encore le destin veillait sur l'avenir de celui qui nous occupe ; nous le voyons

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assidOiiHMit Hoi^n«* daiiH la famille de Jacques Diij^'liot, oX il rovieiil à la vie en naiitsant à l'amour fjiit' la I ♦'connaissance lui révèle : il épouse, un 16'^î», la filU* de son liAte !

Onel(jnr trmps après, Poussin rendait piiMi qncnicnt jiistico hla Conimiinion de Sain/- Jérôme ^ s'atlirnnt ainsi, k son tour, la gratiludo du Doininiquin ouMi»' ♦•t Fiiouranl.

Simpl<î éclianjic do géni(» à génie dont la gloire devait tenir comph' aii Poussin ressuscité à la foi^ devant l'Art et devant l'Amour de Anna-Mari i, son épouse. Le voici établi sur le Pinciooù débute la série de ses chefs-d'œuvre.

C'est pour le cardinal Harberini, son protecteur, qu'il peint la Mort de Germanicus et la Prise de Jérmalem (Musée du Louvre), Y Enlf^vement de.< Sahines pour le cardinal Omodei (dont une réplique est au Louvre), et les tableaux des Sacrements pour le chevalier del Pozzo. Ces derniers tableaux, en lesquels apparaissent enfin, lumineusement, le goût attique de leur auteur.

Quelle admirable reconnaissance que celle de ce maître, maintenant heureux, adulé, tout à ses bienfaiteurs, auxquels il distribue sereinement la manne de sa gloire.

L'écho de cette gloire vint cependant aux oreilles de Louis XllI, grâce au peintre Jacqn^'- ila qui, dans un voyage à Paris, s'en fit l'interprète

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