‹ Les Grands maîtres de l'artChapitre 9 sur 29 · ALPHONSE DE FERRARE ET LAURA DE DJANT · texte numérisé non relu

ALPHONSE DE FERRARE ET LAURA DE DJANT

par Titien.

[Musée du Louvre.^

premier coloriste des peintres itnliens, atteint de lu peste à Cador où il s'était réfugié, succombe au terrible mal (15*6).

Ainsi donc la sérénissime république de Venise d'où le fléau s'était propagé à cause de l'ignorance de deux médecins de Padoue, n'avait éloigné son hôte illustre que pour mieux lui faire goûter les hideurs du trépas, hors de sa ville préférée ! Et quel trépas singulier, minant le roc qu'était Titien, pourrissant la fleur encore parfumée de son génie !

Bref, le Sénat de Venise dérogea en la faveur du grand homme au règlement très sévère qui commandait la destruction des cadavres pestiférés : il permit que le corps du Titien fut déposé, avec tous les honneurs religieux, dans l'église des Frazi.

Il nous reste maintenant à analyser les caractéristiques de l'œuvre magistrale que nous venons brièvement d'exposer.

Le Titien a vécu au xvi* siècle, époque fort agitée où les hommes originaux étaient en grand nombre, et son talent particulier de portraitiste, né sans doute de l'occasion de fixer des traits superbes, singuliers ou spiritgels, toucha à une grandeur particulière.

Aux effigies immortalisées par Titien, que nous énumérâmes, ajoutons ces quelques autres : le portrait de sa fille, ceuxxle l'Arioste, de Philippe II de l'Arétin, de Rembo, dont la ressemblance nous

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s(>iiil)lr' ilt'voir <>tn* rriipponUf, tant ces vinageii vivriit fil «l.liors (Jiino convention du fuclure, l»Mr II prj'cision «l*- I accent |iliysionomi(jne raracléristicjne, par 1 intelligence dont leurs yeux s'ériairent sans jamais que ce» yeux soient pareiU eiitrr rllX.

Car il fîiut insister, eln/ Titien, sur la qualité de ses f|iialilés intellectuelles et le souci qu'il apporte il les sduliïner <liez les autres. L'uMivre jilein de* iioMesse et <l<' tournure reflète l'homme érudil, (listinj^ué, causeur émérite, sans cesse reclierclié jtiir les plus beaux esprits pour sa pensée élevée, lors même (ju'il ne parle plus avec son pinceau.

D'ailleurs, l'ensemble de cet œuvre immen>dont la plus grande partie, hélas, est perdue, embrasse les genres les plus variés ; le cerveau fertile ne peut guère se cantonner dans une seule expression, cela est bon pour nos jours où l'art, borné à des exigences matérielles, est condamné à des spécialités par l'impitoyable « clientèle > . ■

Mais, à l'époque dorée où nous nous transportâmes, l'artiste, s'il n'était point le chantre à la fois de tous les arts, ne se fût jamais morcelé, au moment où par exemple, il était peintre, en paysagiste, peintre de natures mortes animalier, portra'tiste, peintre d'histoire etc.

Voici pourquoi Titien, à l'égal de ses frères en génie, cultiva ? la fois tous les genres avec autant

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