‹ Les grands musiciensChapitre 3 sur 10 · HA£NDEL · texte numérisé non relu

HA£NDEL

propres de son génie. De ce séjour date une transformation notable dans sa manière. L'électeur de Hanovre lui accorda un congé, en stipulant que ses appointements ne lui en seraient pas moins payés pendant la durée de son voyage. Des conditions si avantageuses permirent au maître de réaliser le projet qu'il avait formé d'aller en Angleterre ; mais il ne voulut pas s'éloigner sans avoir embrassé sa vieille mère devenue aveugle, et sans avoir dit adieu à Zachau, son ancien professeur. Enfin, il arriva à Londres au mois de décembre 1710. Le théâtre de Hay-Market donna de lui, le 24 février 17H, un opéra intitulé Rinaldo qui n'eut que peu de représentations, mais dont la partition se vendit beaucoup. L'éditeur de musique Walsh gagna par sa publication 1500 livres sterling, c Mon cher monsieur, lui dit plaisamment Haendel quand il fut mstruit de ce bénéfice, il faut que tout soit t'gal entre nous; vous voudrez donc bien composer le premier opéra, et moi je le vendrai. » ^

La réputation de Haendel grandissait à chacun de ses ouvrages. Aussi fût-ce lui qu'on chargea de composer le Te Deum et le Juhilate destinés à célébrer la paix d'Utrecht et la fin de la guerre de la succession d'Espagne. Ces morceaai furent entendus le 7 juillet 1713, à l'église Saint-Paul.

Ce fut une disgrâce momentanée pour Haendel que l'avènement au trône britannique de son auguste patron, l'électeur de Hanovre (1714). Ce prince ne pardonnait point à son maître de chapelle d'avoir prolongé son absence au delà des limites qui lui avaient ét'é fixées. Le musicien s'était rendu plus coupable peut-être en solennisant par un Te Deum la paix <l'Utrecht qui était mal vue de tous les princes protestants d'Allemagne. Était-ce pourtant au roi d'Angleterre à venger les injures de l'électeur de Hanovre? Georges I" le crut apparemment, car il se montra longtemps irrité contre le musicien, .nfin l'amitié ingénieuse et dévouée du baron de Kilmansegge parvint à rompre la glace entre le monarque et Tartiste.

L'aristocratie anglaise ne resta passen arrière du roi. De ce raoraent, Haendel fut l'objet des égards les plus flatteurs de la part de la noblesse britannique. Le comte de Burlington, un de ses admirateurs, alla même jusqu'à le loger chez lui. Le maître accepta cette honorable hospitalité pendant trois ans, qui furent marqués par la composition de nombreux morceaux de musique et par la représentation d^Amadigiy opéra joué le 25 mai 1715. En 1718, il devint maître de chapelle du duc de Ghandos et alla se fixer à Gannons-Gastle, résidence de ce seigneur. Son séjour dans ce château ne fut pas stérile pour l'art. Ge fut là qu'il écrivit vingt grandes antiennes, et la pastorale anglaise d'Acis et Galatée, sans compter deux Te Deurrij divers concertos de hautbois, plusieurs morceaux pour piano et l'oratorio d'Esther, exécuté à Gannons-Gastle le 29 août 1720.

L'illustre musicien se démit de son emploi chez le duc de Ghandos, pour donner ses soins à une entreprise d'opéra italien dont les membres de la plus haute noblesse faisaient les frais. Après avoir recruté un personnel de chanteurs distingués, il ouvrit le nouveau théâtre par la représentation de son Radamisto (1720). L'ouvrage eut un immense succès, qui semblait être d'un bon augure pour l'avenir de sa direction. Gelte période de la vie de Haendel fut celle de sa plus grande activité. 11 fit jouer successivement Floridmte (1721), Ottone {\n^),Flavio (1723), Giulio Cesare (inS), Tamerlano (1724.), Rodelinda (1725), Scipione (ll^Q), Alessandro (1726), Ammeto (1727), Riccardo primo (1727), Siroe (1728) et Tolomeo (1728). Mais, autant le talent du compositeur pouvait être utile à l'entreprise dramatique qu'il approvisionnait d'œuvres applaudies, autant son caractère violent et emporté lui devint funeste. L'irascible Saxon ne tarda pas à indisposer contre lui les artistes de sa troupe et jusqu'aux administrateurs du théâtre. Il en résulta de vives dissension^ qui finirent par amener, en 1728, la dissolution de la société. Haendel n'eut plus autre chose à faire que de reprendre à son

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