‹ Les grands poètes romantiques de la PologneChapitre 76 sur 79 · L'Aube, chant VI. Traduction Constantin Gaszynski · texte numérisé non relu

L'Aube, chant VI. Traduction Constantin Gaszynski

de la résurrection sonnera : et non pas seulement dans la vie future, dans la vie d'outre-tombe, mais dès cette terre. Dieu ne veut pas que cette planète demeure à jamais une vallée de larmes, ni que l'âme de l'homme remonte à sa patrie céleste sans qu'elle ait vu briller dans son lieu d'exil un éclair du monde supérieur : l'aube du troisième jour approche, la troisième ère de l'humanité s'apprête, les temps nouveaux vont fleurir. Les peuples ont enfin édifié la cité de justice et d'amour : délivrés de leurs misères, nettoyés de leurs tares, ils vivent dans la paix fraternelle. Mais toutes mes figures tiennent encore bien trop au sol et l'extase du poète polonais est autrement mystique, autrement envolée que je ne saurais le dire : c'est en plein ciel, en plein espace, en plein azur, en pleine immensité que ses visions surgissent. Elles ont pour centre un archange vêtu de blanc et de pourpre : c'est la Pologne sortie de sa tombe ; et elle apparaît au milieu de l'aurore dans la gloire de sa résurrection :

Pareille à un fantôme ressuscité, à un archange gigantesque, elle sort tout à coup du fond des jours de l'avenir, visible comme si elle avait encore une enveloppe mortelle, et pourtant déjà divinisée pour l'éternité, — immortelle !

Sa face brille comme le soleil : — à travers l'azur de ses prunelles, ses regards sont des éclairs!

Au-dessus de sa tête paraît l'auréole de sang, — souvenir du martyre; — mais tous ses maux sont finis,— l'esprit de Dieu repose sur son front; — et toutàl'entour se lève un monde nouveau '...

Saisi lui-même de la vision éclatante et sublime, transporté d'amour pour le Dieu qui permit une transfiguration pareille après les maux soufferts, le poète

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