‹ Les grands procès de l'histoire (volume 2)Chapitre 7 sur 39 · LE COMTE DE BOTHWELL · texte numérisé non relu

LE COMTE DE BOTHWELL

qui épousa Marie Stuart le 15 mai 1567.

lement, entourée d'ennemis qui conspiraient sa perte, sut pourtant trouver encore, dans son extraordinaire puissance de séduction, le moyen de rétablir un instant, contre toute espérance, sa fortune infidèle, en un de ces redressements inattendus qui furent la caractéristique de son génie.

Elle réussit à inspirer au jeune George Douglas, le fils de lord Loch-Leven, une passion pleine de tendresse romanesque, qui lui assurait son entier concours pour ses projets d'évasion.

Puis, avec la complicité d'un petit page qui déroba adroitement la clé à lord Loch-Leven, un soir qu'il s'était assoupi à la fin de son dîner, elle put sortir du château, à la nuit, déguisée en fille de service, et monta dans la barque qui servait à aller aux provisions.

Sur la rive, deux chevaux harnachés attendaient. Un homme s'avança, fléchit le genou devant la prétendue fille de service : c'était George Douglas. Il l'aida à se mettre en selle et tous deux partirent au galop.

Le lendemain, elle se trouvait en sûreté dans le château de lord Hamilton, d'où elle adressait un appel à ses partisans.

Trois jours plus tard, elle était à la tête d'une armée de six mille hommes. Huit comtes, neuf évêques. dix-huit lords, douze abbés et près de cent barons avaient répondu à son appel.

De quels prodiges cette femme n'était-elle pas capable?

Murray, le régent, frappé de stupeur à la nouvelle de cette évasion, paya pourtant d'audace, et, prenant les devants3 il attaqua brusquement l'armée de Marie Stuart,

avant qu'elle eût acquis de la cohésion. Et, le 13 mai, il la battait complètement.

C'est alors que Marie Stuart, menacée de retomber aux mains de Murray, eut l'imprudence de se réfugier en Angleterre, où Elisabeth lui avait offert son aide.

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