‹ Les grands procès politiques: Le duc d'Enghien d'après les documents authentiquesChapitre 21 sur 23 · LE GÉNÉRAL FRIRION · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL FRIRION

François Nicolas Fririon, né à Vandières (Meurthe), le 7 février 1766, entra an service à l'âge de seize ans, comme

engagé volontaire au ré^ment d'Artois. Il fut nommé général de brigade par Moreau, sur le champ de bataille de Hohenlinden ; on ne trouve pas de trace, dans les biographies qui ont été éôrites sur lui, du rdle^ d'ailleurs tràs-efiacé, qu'if a rempli dans l'arrestation du dnc d'Engfaien k Ettenheim. En celte circonstance il n'accompagnait le général Ordener qu'en qualité de chef d*état-miyor du général Levai qui commandait la 5* divisimi militaire.

Le général Fririon avait acquis son avancement à l'armée du Rhin. Ce ne fut qu'en 1805 qu'il se rendit en Italie pour y servir sous les ordres de Masséna. En 1809, il fut élevé au grade de général de division et nommé baron de l'empire. En I7â5, il fut chargé par le gouvernement des Bourbons de rinspeclion générale des troupes. Enfin, en 1832, il fut nommé par Louis-Philippe gouverneur des Invalides. Il mourut dans cet hôtel, le 25 septembre 1Ô40,

J. HARËL,

G0UY££I9£UR DE YINCKNr^ES.

Jacques Harel était, en 1800, capitaine à la suite de la kh* demi^-brigade. Cette qualification de capitaine à la suite

lui servait à cacher son voiitaLle métier.

En réalité, il appartenait à la Lasse polict , à celle qni organise les souricières politiques, et qui rend à VÉtat, quel qu*il soit, des services dont la mUté se passerait TolontiefB, mais qu'elle rétribue grassement. %

Jacques Harel eut son moment de célébrité; nous allons dire dans quelles circonstances.

Jusqu'en 1800, Harel avait été un filmr vulgaire, un agent provocateur de cabarets et de cafés borgnes. Il fit à cetta époque la connaissance d'un homme d*une rare énergie, ré-

publicam sincère.

Cet homme s'appelait Demerville.

Harel se présenta à lui comme un mécontent, ayant sons la main des hommes résolus, prêts à tout faire pour changer l'ordre des choses et ramener la République^ Il ne lui manquait, disait-il, que l'argent.

DemerviUe avait des auuis ; ils donnèrent à Harel, en placeurs fois, cinq on six cents francs. Harel fournit les houH mes (des hommes de la police!), se chargea d'acheter des poignards, des pistolets, et, un jour de représentation kTO-

péra, représentation à laquelle devait assister le premier consul, Harel alla chercher quatre hommes qu'il arma de pistolets et de poignards, les amenai et les fit arrêter comme étant les complices de deux hommes qui, d'après lui, étaient chargés de porter le coup mortel au premier consul.

Les quatre hommes armés amenés par Harel étaient quatre agents de police ; les deux autres, sur lesquels on voulait faire retomber tout le poids du prétendu crime, n'avaient pas même d'armes sur eux.

C'est sur ces indices misérables, sur la déposition de cet homme, dont le métier était la dénonciation, que furent condamnés à mort quatre hommes braves et distingués :

Aréna, ancien membre du conseil des Ginq-Gents et ennemi personnel de Bonaparte.

Topino Lebrun, peintre d'un certain mérite.

Le sculpteur Geracchi, et Demerville. Ils moururent bravement.

C'est grâce à cet taploit que Jacques Harel fut nommé

gouverneur du château de Yincenes.

Tel était Thomme auquel on confia la mission délicate de veiller sur lei^ derniers moments du dernier des Gondés.

Nous ne savons oh mourut Harel^ à quelle épe^e^ et de quelle mort.

Ces gens-là n'ont pas de biographie.

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