VINGT-TROISIÈME LEÇON
Du processus liypertrophique (suite).
Messieurs,
Pour terminer l'élude analomo-palhologique du processus hypertrophique dans les tissus constituants, il nous reste à faire son histoire dans le tissu osseux. Le processus hyperlrophique dans le tissu osseux se montre à Tétat de diflusion dans tout un os, même dans plusieurs os à la fois et à Tétat circonscrit, aboutissant à la production de tumeurs osseuses, ostéomes.
L'hypertrophie diffuse survient dans le sens de la longueur des os, élongationy dans les cas d'amputation; elle s'accompagne alors d'ostéo-myélite ; on la rencontre aussi à la suite des grands ulcères. On l'observe, dans le sens de l'épaisseur, à la surface interne ou bien à la surface externe d'un os. On lui donne alors la qualification à'hyperostose. Celte dernière forme se présente plus spécialement avec les inflammations du périoste, et il importe de vous faire connaître ici son mode de production. Déjà les recherches de Duhamel (1 ) avaient établi que le périoste est susceptible de donner naissance à du tissu osseux, et cet auteur avait posé l'aphorisme suivant : Le périoste fait les os. Les expériences relativement anciennes de Heine (2), celles de Syme (3), Steinlin (4), A. Wagner (5), sur les phénomènes consécutifs aux résections osseuses, ont montré la puissante action du périoste dans la régénération des os enlevés avec conservation de cette membrane. Les mêmes faits, établis du reste par Flourens (0), ont reçu des célèbres recherches d'OUier (7)
(1) Duhamel, HUt, de VAcad, roy. des âcienoes, ilHAIVi. (S) Hrinc, cité par Uhlc et Wagner.
(3) Syme, On ihe poiverof the periosteum io form new bones, 1848. M.
(4) Steinlin, Ueher d. Ueilungiproc. nach Hesect. der Knoclien, 18 i9. Id.
(5) A. Wagner, Ueber d. Ileilungxproc. nach Resect. und Exsiirp. der Knochen, 1853. Id.
ffi) Flourens. Théorie expérimeptaU de la formation des 05, 1817.
(7) OIHer, Gaiette médicale ^ 1858, et Traité expérimental et clinique de la régénéra'^
420 LES CHASDS PROCESSUS MORBIBES.
la plus parfaite di-monslralion. Des portions de pi-riosle, détachô-s des 03 par cet auteur, ont été transplantées daas d'autres répion?. de l'organisme et ont amené la formation de lissu osseux aux liens de transplantation. Toules ces expériences établissent le rôle de la périoslile dans l'hypertrophie osseuse,
La première forme d'hj-pertrophie se monire souvent â la suiU* de l'inllammation décrite sous k nom d'osléoniwlite, et l'on s;ûl.
d'après ies ex|ii'riences de Synii\ Steinlin et Wagner, que la moeil' elle-même p^ni an'iver àproduiie
FM. M. — £KMSloBc du Fie. 89. — Exoslo» du maiil- -,«,m,ï
Les liyperlropliies osseuses circonscrites, ayant forme de tumeur, doivent i-\v divisées en deux groupes distincts suivant qu'elles siègent à h surface externe des os ou dans les cavités osseuses. Dans le premier cas on les appelle ordinainmcnt exosloses, et on les désij;ii'' sous le nom d'eitosloses lians li' second. Les enostoses se dévolnjipent dans le canal médullaire liios longs, mais elles sont a;?i/.
i-ares; puisque Yirchow rappurii' ïia. yo. - ENOiioie du crâne (Koiiin). qu'il n'en a rencontré qu'un >•■»'> cas dans la diapliysc du tibia d'mi enfant. On les voit aussi se produire dans les sinus desos du cninet de la face, où elles ont été décrites avec soin par Doliwau 1 1 1. Uaubeit (2)et011ivicr (3); mais elles sont égaleinent peu fréquenlo^.
U<m ri« o» ft de la production artificitlU du ti»u oiseux. P»ris, Massoo. .-diteur, l^'- Ouvrage qui uR-rili; à ji»Ui lilre d'itre consullc pour wlle tiucslion » iinportonle 311 puinl'ile \a:- dn I.1 pratiqiii' ïliirurgic;ile. , . . , ... ,^, ,
(1) D..UM'au, Mémoiyfmr It, fj:oitoiei du tinus frontai I Académie de medeciM, m'-
( ■) CaiiliTl, Dm oilfoma dt ('organe de Volfadioa. ISUa.
(S) OUîïicr, Sur letlumeuri osttuKtdti foaei uaïaUiet de*nmtde la faet, l»"-
PROCESSUS HTPeRTKOPHEDUE (SUITt). 4-1
Ho forme ^énérGlement ovoïde, avec des sillons et des bosselures, M's n'ont guère que de û à 6 centîmélres de diamètre.
Les e\oslosps se forment sur les os longs et les os plais plus partic-uliêrement. Elles conslilucnt des sailliesadliérant fortement à l'os et présentant les formes diverses de crêtes, de pointes, de polypes, de l'iioux-fleurs. Plus ou moins lisses, plus ou moins sillonnées, elles sont liabiluellement recouvertes par le porioslc, qu'elles soulèvent dans leur développement ((ig. 88, 89 et 90). On les rencontre souvent à la surface des os du crÂBC, sur rimm<''rus, te tibia, la clavicule, romoplate. Au point de vue de leur point d'origine, elles ont été divisi'-es en exosloses ^■^^. fpiphysaites, prenant naissance immédiate- %^^^
nient à la surface de l'os, et en exosloses payenrlii/inaieuses, naissant dans l'épaisseur même 'j'une exôsinse"*"™" du tissu osseux. C'est ordinairement à la suite osiùopiasies et iam«ide la syphilis que se forment les premières, et ^'„MX"iuêm^.Ta^dans ces cas on peut invoquer comme origine tour d'un tunai dp primordiale une modification nutritive. Les au- 0M«usVs^eiiDeui"'^'' très dans le plus grand nombre des c^s sont con- <>'-i-ulivesà une inllammatîon traumatiquc ou non de l'os lui-même.
Toutes ces tumeurs osseuses, de même que celles résultant de la t-'énèration hétérotopique du tissu osseux, dont nous ne nous occupons pas ici, présentent ia structure osseuse (fig. 91). On y trouve on elVet la substance fondamentale osseuse imprégnée de sels calcaires et disposée souvent en lamelles, comme dans les os. On y trouve les cavités dites ostéoplastes avec des cellules osseuses et le plus fréquemment des canaux de llavcrs assez bien développés. Sous )e rapport de leur structure anatomique cependant, il importe d'en distinguer plusieurs variétés. Les ostéomes ébunirs qui se montrent lialituelicment à la surface interne desosducrilne et de l'omoplate (lig. 92), sont formés de lamelles concentriques dont la direction t.'st parallèle A leur surface. Dans ces lamelles on trouve des ostéoplastes avec corpuscules osseux, et leurs prolongements canaliculés sont génémlcmcnt dirigés vers la périphérie. Les canaux de Ilavers, ainsi que les vaisseaux, y font presque complètement défaut. Les osléomes compactes ressemblent au tissu osseux de la diaphyse des os longs. On y rencontre des canaux de Ilavers disposés d'une ma-
nière très-in'égulière , aulour desquels sont rangées coDcentriquement les lamelles o^seuses avec leurs osl-'itplastes et leurs celluifs.
Les ostéomes spotigieiu offrent la caractéristique habituelle du ti>.Mi spongieux des os. Li moelle osseuse y pré- (iomine, et les lanieil<'~ s'y trouvent dispox'i^ très - irrégulièreniciil.
Indépendamment de o> l'ormes typiques on peut rencontrer des osléomcs d'origine hyptrtropliique présentant une mollesse relative et pourvus d'une vasnilarisalion considérable. On n'y trouve que peu de tissu osseux, fc tumeurs, appelées encore osléopliytes, se-montrcnl sous les forni'> diverses de masses arrondies ou ovoïdes, de stalactites, de polyp.-.*, de verrues ou de clioux-tleurs à h surface des os. Elles peuvent plus Lird se transformer i-ii véi'itables tumeurs osseusis.
mais pemstent souvent danréiat que je viens de vous ^i- ^nalcr. Enfm il est des e\><:' loses formées de tissu os><^u\ soit compacte, soit sponpieiiN.
se produisant surtout à la \irriphérie des os longs, et dotit la surface se trouve i-evétii-' d'une couche plus ou nioiuépais.-ie de cartilage. On l>'s désigne sous le nom d'cx"^toses cartilagineuses {(i^. i'.ji.
Les hypertrophies du tis>ii Kic. 93. - siruciuro d'une c^^osiose caHiiagi- «sseux résultent de causos di-
nciisc:o, portion cartiiagincuw; — *, portion versCS. TanlÛl On Ics Voit >■' diseuse (Benne"). „ - . i-
former au pomt d insertion
des lendons de muscles puissants, fréquemment exercés, hyperUD-
phie par excès de fonctionnement physiologique ; tantôt elles succî-
dcnl à des lésions mécaniques locales, fractures, contusions, sec-
PROCESSUS HYPERTROPHIQUE (SUITE). 423
lions des os. L'inflammation, quelle que soit sa cause, peut également leur donner naissance; c'est elle qui agit dans les exostoses des maxillaires consécutives aux altérations dentaires. Certaines maladies générales telles que la syphilis, le scorbut, le rhumatisme, qui paraissent dans ces cas atteindre primitivement le périoste dans sa nutrition intime, y prédisposent singulièrement. Il est enfin des conditions individuelles, héréditaires ou non, dont la nature nous est encore inconnue, qui amènent la production d'ostéomes multiples. Ces faits de multiplicité des tumeurs osseuses ont été signalés par de nombreux auteurs. Dupuytren (1), Cruveilhier (2), Lobstein (3), Hawkins (4) et autres en ont relaté des exemples. Les vieillards y sont aussi trés-prédisposés. Les exostoses, du reste, ne sont dangereuses que par leur siège. Le fait se comprend par lui-même pour ce qui est de celles qui se forment à la surface interne des os du crâne.
La suite de notre étude de Thypeitrophie nous amène à examiner ce processus morbide dans les tissus parenchymateux. Or, vous le savez, ce groupe de tissus se divise en parenchymes glandulaires et parenchymes non glandulaires. 11 nous faut donc, suivant la marche que nous avons adoptée, envisager d'abord l'hypertrophie dans les glandes. Nous ne dirons que quelques mots de ce processus morbide dans les parenchymes non glandulaires.
Étudions actuellement, messieurs, le processus hypertrophique dans les parenchymes glandulaires à conduits excréteurs. Ces parenchymes, vous le savez, constituent les organes que l'on appelle glandes en grappe et glandes en tubes. Ces dernières ne s'hypertrophient jamais isolément, pour ainsi dire ; lorsque le processus morbide s'y développe, il s'attaque à une certaine quantité de glandules et arrive à produire des tumeurs que l'on désigne pour cette raison sous le nom de poly adénomes. Dans les glandes en grappes, au contraire, l'hypertrophie peut se limiter à une seule glande. Or, vous savez que ces organes se divisent en glandes simples, qui ne sont formées que d'un seul acinus, les glandes sébacées par exemple, et en glandes composées renfermant un certain nombre d'acini entourés d'une membrane, le tout constituant un lobule. Les glandes palatines ne sont formées que d'un seul lobule, mais la mamelle, le pancréas, les glandes salivaires, ont de nombreux lobules réunis en-
(1) Dupuytivn, Leçons orales^ t. II.
{if Cruveilhier, Traité d'anat. path, (3) Lobstein, Anat. jtathol.
(A) Hawkint, Med. ga*., 1841.
semble par du tissu conjonctif. Dans les glandes en grappe simples et celles qui n'ont qu'un seul lobule, le processus hyperlrophique atteint toujours la totalité de Torgane; tandis que, dans les glandes à plusieurs lobules, il peut ne frapper qu'un ou plusieurs lobules contigus ou séparés. Dans ces deux cas, il en résulte des tumeurs appelées motiadénomes ou adénomes proprement dits (i). Lorsque ce processus s'étend à la totalité d'une glande composée, on lui réserve le nom (ïki/pertrophie. Dans ces organes, du reste, l'hypertrophie peut être vraie ou fausse suivant qu'elle atteint ou non tous les tissus constituants. L'hypertrophie fausse rentre dans la catégorie des cirrhoses.
Les hypertrophies générales des glandes en grappe volumineuses, telles que la mamelle, les glandes salivaires, la prostate, sont assez rares. Elles s'accusent surtout par une augmentation de volume parfois considérable. C'est ainsi qu'on a rencontré des mamelles pesant jusqu'à 8500 grammes (â), et des prostates de la grosseur d'un œuf de dinde (3). Il est probable que dans ces cas il y a augmentation de volume des acini, en même temps que formation de nouveaux éléments glandulaires ; mais la démonstration anatomique de ces faits n'est pas encore complètement établie.
Les monadénomes se rencontrent dans les glandes simples, glandes sébacées de la vulve (4), dans les glandes à un seul lobule, glandes palatines (5), et dans les glandes à plusieurs lobules, glandes lacrymales (6), mamelles (7), parotides (8), prostate (9). On les désigne aussi sous le nom de tumeurs adénoïdes (Velpeau). Ces tumeurs sont souvent petites, de la grosseur d'un pois ou d'une noisette, sphériques ouovoïdes et bien circonscrites ; elles peuvent s'énucléer avec facilité. D'autres fois, dans la parotide et la mamelle, elles atteignent un volume considérable et vont jusqu'à peser âOOO grammes et plus encore. Dans ces cas, elles offrent des bosselures séparées par des sillons plus ou moins profonds qui les divisent en plusieurs lobes. Entourées d'une capsule fibreuse souvent trés-adhérente à la tumeur,
{{) Broca, loc. cit.
j2i Huston, American journal, 1831.
(3i Vclpoau, art. Prostate du Dictionnaire de médecine en 30 volumes. (i) Ch. Robin, dans Hujçuit^r, Mémoire sur ta maladies des appareils sécréteurs des ortjanes génitaux externes de la femme.
loi Ch. Robin, dans Toutant, Ehsai de classification des tumeurs, 1851. <6) Lcbert, Anatomie pathologique ; — ri Bocker, OEst. Jahrb., 18G7. (7; Lebcrt, Physiologie pathologique, 18i5. H) Lehert, Anal. path.
(!«/ RokiUnski, Ueber die Cgste, 1849.
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^co^V
FiG. 9i. — Éléments glandulaires 4,e.s adénomes (Broca).
PROCESSUS HYPERTROPHIQUË (SUITE) i25
mais lâchement fixée aux tissus voisins, circonstance qui facilite leur énucléation, elles ont une couleur blanche ou jaunâtre. Leur coupe offre un aspect grenu et montre peu de vaisseaux en général. Leur tissu est le plus souvent friable. Le raclage de la surface ne fait pas sourdre un suc laiteux, mais bien une matière grumeleuse, formée de petits corps arrondis, visibles à Tœil nu. L'examen microscopique les fait voir constituées par un nombre considérable de culsde-sac glandulaires à peu de chose près identiques à ceux de la glande normale (fig. 94). Ils sont entourés d'une petite quantité de tissu conjonctif. Les culs-de-sac sont fréquemment augmentés de volume, mais parfois aussi ils ont les dimensions habituelles, circonstance établissant nettement la production hyperplasique de ces éléments glandulaires. Dans certains cas leurs parois ont augmenté de volume, mais quelquefois elles se sont amincies.
Les cellules épithéliales augmentent de nombre et remplissent complètement les tubes glandulaires. Les
épilhéliums nucléaires deviennent souvent cellulaires, et les cellules augmentent de volume. Il n'est pas rare de trouver ces éléments en voie de dégénérescence graisseuse et de rencontrer même des gouttelettes de graisse dans les culs-de-sac glandulaires. Dans ces tumeurs on constate assez fréquemment la transformation kystique. Au point de vue du pronostic, ce sont des tumeurs bénignes qui ne gênent que par leur volume et par leur siège. Les adénomes du voile du palais peuvent, en raison de leur siège, entraver la déglutition et même Thématose. On ne voit guère ces tumeurs envahir les tissus voisins ni les ganglions lymphatiques correspondants. Parfois cependant, surtout dans la mamelle, elles peuvent récidiver.
Les glandes dont l'hypertrophie a donné lieu à la production des polyadenomes sont les glandes sudoripares, les glandes sébacées, les glandes lacrymales accessoires de Rosenmuller, celles des lèvres et du voile du palais, celles de la pituitaire, les glandes stomacales, celles du petit et du gros intestin, celles de l'utérus et de la vulve, principalement dans le voisinage de Turèthre. Ainsi que le fait observer Broca, à qui j'emprunte cette nomenclature, on peut dire que les polyadenomes se rencontrent sur la peau, sur les muqueuses et dans le tissu conjonctif sous-muqueux, et qu'ils proviennent de
glandes en tubes et de glandes en grappe. L'hypertrophie glandulaire dont il s'agit ofire, du reste, la forme diffuse ou la forme circonscrite.
La forme diffuse fait peu de saillie à la surface de la région où elle s'est développée; mais elle tend à l'ulcération d'une manière constante, et, lorsque cette modification dégénérative s'est produite, on peut voir naître à la surface de l'ulcère des végétations nombreuses affectant parfois la forme de choux-fleurs. C'est à la peau, sur la muqueuse utérine, sur la muqueuse de l'extrémité inférieure du rectum, qu'ont été observés les principaux adénomes diffus. Les glandes des lèvres, celles du voile du palais en ont présenté des exemples; enfin Ch. Robin en a décrit un cas sur la muqueuse pitui taire.
Bien plus fréquents que les polyadénomes diffus, les polyadénomes circonscrits siègent sur la peau ou les muqueuses. Ils constituent à leur début une petite tumeur arrondie qui s'accroît vers la surface libre de leur membrane productrice. Sur les muqueuses ils se pédiculisent presque toujours et forment des polypes sur lesquels il est souvent possible d'apercevoir Torifice des glandulcs hypertrophiées. Ces tumeurs se rencontrent dans l'intestin, l'estomac, le rectum ; on en trouve souvent sur la muqueuse utérine, et parfois sur celle des fosses nasales et dans. la caroncule lacrymale. Dans ces régions diverses, elles peuvent exister en plus ou moins grand nombre. On en trouve fréquemment trois ou quatre dans la cavité du col utérin. A la peau, les polyadénomes siègent principalement au visage, sur le nez, les joues, les paupières. Ils ne pénètrent jamais au delà de l'épaisseur de la peau et sont fréquemment pédicules. Leur volume varie entre celui d'un petit pois et celui d'une noix. Ils sont souvent très-nombreux chez un même sujet. Leur consistance est assez molle, et ils sont recouverts par la peau très-amincie.
Les polyadénomes, qui rentraient autrefois dans la catégorie des tumeurs dites cancroïdes, et dont les travaux de Fuhrer (1), de Ch. Robin (2) et de Vernouil (3) ont permis de connaître la véritable nature, présentent les caractères, anatomiques suivants : Leur consistance est habituellement assez molle; leur tissu friable se laisse écraser sous la pression du doigt. Leur coupe apparaît comme grenue avec une coloration grisâtre, blanche ou jaunâtre. Il n'en sort pas un suc lactescent, mais par le raclage on peut en obtenir une
(1) Fuhrer, Deutsche KHnik, 1860. Cité par Droca, loc. cil.
(t) Ch. Robin, Note sur quelques hypertrophies glandulaires, 1852.
(3) Verneuil, Arch. gén. de merf., 1854.
PROCESSUS RYPERTROPHIQUK (SDITE). 437
sorte de matière grumeleuse et pulpeuse difTicilement miscible à
t'eau. L'examen microscopique les montre formés par les glandes de
la région, entre lesquelles on retrouve les autres éléments anatomi-
ques souvent diminués de volume et de nombre. Ces glandes du reste
peuvent èlre tubuleuses ou en grappe (fig. 95,
96), selon qu'il s'agit de l'hypertrophie de
l'une ou de l'autre espèce de ces appareils
sécréteurs. C'est ainsi qu'à la peau on peut
rencontrer des polyadénomfs formés par des
glandes en tubes, hypertrophie des glandes su-
doripares, et des polyadénomes formés par des fic.95.— siruciured'unpo-
clandes en grappe, hypeitrophie des glandes lya^énome séb!>cé (gian-
xu • XI . - j I . j< dMen grappe) (Verneuiil.
sébacées. Non-seulement dans les polyade- • " m i
nomes on trouve les glandules augmentées de volume, mais il y a production de nouveaux culs-de-sac glandulaires; c'est ainsi que dans ces tumeurs d'origine sébacée on voit les glandes qui  l'état normal n'ont que trois ou quatre culs-de-sac terminaux, en présenter jusqu'à plusieurs centaines pour une même glande ; c'est ainsi que sur les tubes simples des glandes tubuleuses il apparaît des diverticulums en doigts de gant, véritables nouveaux éléments glandulaires. La production de ces nouveaux culs-de-sac est souvent telle, que les glandes en tubes prennent l'aspect de glandes en grappe. En même temps qu'il y p excès du développement, i) y a donc encore, comme dans tous les processus hypertrophiqucs, formation de nouveaux éléments, hyperplasie ou hypergcnèse. Cependant les parois glandulaires, tout en augmentant de longueur, ne s'accroissent pas habitticllemcnt de mèroc en épaisseur; elles tendent au contraire à s'amincir de plus en plus, à tel point qu'elles peuvent disparaître dans certaines régions. C'est surtout dans les polyadénomes difîus que se remarque ce phénomène. Lorsqu'il en est ainsi, les cellules épithéliales restent libres au milieu des lissus, en conservant souvent ta disposition qu'elles
avaient lors de leur emprisonnement dans les cavités glandulaires. C'est à la disposition dont je parle qu'est due la confusion de ces polyadénomes avec certaines formes de production hétt'-rotopiquc d'épilhélium, connues sous le nom à' épithéliomes lobules {\). Les éléments épithéliaux des tubes glandulaires se multiplient d'une manière prodigieuse dans ces tumeurs; ils remplissent complétementlescavil(''sdestnbes, de telle sorte que leur desquamation et leur expulsion F deviennent impossibles. Cette
nouvelle condition évolutive entraine fréquemment alors, ainsi que l'a démontré Verneuil, la formation des globes '■d.l,r2?p/rf'SÏÏ"r?i.ï'; «Pidermiques consli.uos par
a, b, tube sudflhpare renrcrmanl' plusieurs des cetlulesépithélialesdispOglohcWlOOiliam.);— d, globe «pidermique 1 rirrulaircmpnt les uopsi i,oi<!(300(iiam.j(Verneuil). *^®^ circuiairemeni les unes
surlesautres{lig.97). Ces éléments, du reste, peuvent êlre des cellules pavimenteuses ou des épithéliums nucléaires.
.\u point de vue de la gravité de ees tumeurs, on peut dire que les polyadénomes circonscrits sont généralement de nature bf'-nigne, et qu'ils ne gôaent le fonctionnement de l'organisme que par le siège qu'ils occupent. A la peau cependant ils peuvent prendre le caractère diffus, s'ulcérer et se conduire cliniquemcnt comme des cancroïdes. Quant aux tumeurs de ce genre qui sont 'primitivement diffuses, elles peuvent s'étendre et se propagera» loin avec rapidité, gagner le tissu cellulaire, les muscles et même les os. Elles ont alors une marche semblable à celle des cancroïdes et des cancers. Leur ulcération, et la suppuration consécutive augmentent encore le danger qu'elles ocrnsionncnt. Ces tumeurs du reste récidivent assez fréquemment après l'extirpation.
Les glandes sans conduits excréteurs sont susceptibles de présenter le processus hypertrophique. Ces glandes, vous- le savez, sont désignées aussi sous le nom de glandes ù cavités closes. Ce sont les follicules clos isolés ou agminés {plaques de l^yer) de l'intestin, les glandes lymphatiques, la rate, le corps thyroïde et les amygdales.
(1) Cornil c( Ranvîcr, loc.cU.
PROCESSUS HYPERTROPHIQUE (SUITE). 4â)
Toutes, elles sont l'ormées par du tissu coYijonctif réticulé, dans les mailles duquel on rencontre des épittiéliums nucléaires analogues aux leucocytes au premier examen. Presque toutes montrent dans leur structure des cavités closes qui sont tapissées à leur surface interne par lesdits épithéliums. Dans les ganglions lymphatiques ces cavités sont incomplètes.
Les folliades clos de Vintesiin^ soit isolés, soit agminés, sont atteints d'hypertrophie, principalement dans la fièvre typhoïde. Dans cette affection, les organes en question augmentent cinq à six fois de volume, et cette hypertrophie tient à une hypergenèse, non-seulement de leur trame de tissu réticulé, non-seulement des épithéliums nucléaires qui y sont interposés, mais surtout de la matière amorphe à granulations jaunes solubles dans les acides qui comblent tous les interstices. Quand cette hypergenèse est arrivée à. un haut degré, les capillaires sanguins comprimés par tous ces nouveaux produits cessent de recevoir du sang en assez grande abondance pour assurer la nutrition du follicule ou de ses éléments, et Ton voit survenir la dégénérescence graisseuse, et même caséeuse, de tout le follicule ou des parties où la nutrition a été plus complètement entravée. Lorsqu'il en est ainsi, les tissus devenus caséeux constituent une véritable eschare qui sera éliminée ultérieurement en produisant l'ulcère typhique. Au contraire, quand le processus hypertrophique n'est pas arrivé à entraver d'une manière assez efficace la circulation du liquide nutritif, au bout d'un certain temps, la matière amorphe et les épithéliums nucléaires subissent encore la dégénérescence graisseuse, mais se résolvent en une émulsion qui est reprise par absorption. C'est alors que l'on rencontre l'aspect dit réticulé des plaques de Peyer, aspect tenant à ce que les follicules, vidés de la matière amorphe qu'ils renfermaient, s'affaissent en produisant des dépressions à la surface des plaques. Les régions intermédiaires, restant encore un certain temps tuméfiées, forment alors les saillies réticulées.
L'hypertrophie des ganglions lymphatiques est tantôt locale, tantôt plus ou moins généralisée ; un groupe de ganglions peut ainsi être envahi, tous ceux de l'abdomen, par exemple; tous les ganglions de l'organisme peuvent même subir la modification morbide. Ce développement local ou général des hypertropliies ganglionnaires tient avant tout à la cause productrice. Â la suite de lésions locales, on voit les ganglions correspondant à la région augmenter de volume et persister dans cet état autant que la lésion qui leur a
donné naissance. La syphilis et la scrofulose, qui portent leur ac* tion sur les ganglions lymphatiques, tendent à déterminer l'hypertrophie d'un grand nombre d'entre eux. Dans la syphilis, pendant la période des accidents secondaires, ce sont les ganglions inguinaux, ceux de la région postérieure du cou, les ganglions épitrochléens, qui spécialement sont atteints; la période tertiaire détermine l'hypertrophie de ceux des lombes principalement, et rarement de ceux des bronches, du mésentère ou du médiastin. Dans la scrofulose, ce sont les ganglions sous-maxillaires et parotidiens qui sont les premiers attaqués. Avec les progrès de l'affection, l'hypertrophie gagne les ganglions latéraux du cou, ceux de la région sous-claviculaire, ceux de l'aisselle et de l'aine. Enfin les glandes lymphatiques de l'abdomen, du médiastin, celles du mésentère et des bronches peuvent être envahies à leur tour. Il est enfin deux affections sur la nature intime desquelles la science n'est pas encore entièrement fixée et qui s'accompagnent de l'hypertrophie considérable et généralisée des ganglions lymphatiques. L'une d'elles, entrevue par Donné (1), a été décrite par Bennett (2) et Virchow (3). Elle est caractérisée p;ir l'augmentation considérable des éléments blancs du sang : c'est la leucocythémie. L'autre, appelée ac{ênt>, ne donne pas lieu à la multiplication des leucocytes du sang. Elle a été décrite par Bonfils (4), Wunderlich (5), Leudet (6), Trousseau (7) et autres auteurs.
Les ganglions lymphatiques atteints d'hypertrophie augmentent de volume d'une manière parfois considérable. C'est dans la syphilis que cette augmentation de volume est le moins prononcée, les ganglions ne dépassant guère la grosseur d'une noisette. Dans la scrofulose et l'adénie, ces organes pris séparément vont parfois jusqu'aux dimensions d'un gros œuf de poule, et lorsque plusieurs ganglions voisins ont pris un semblable développement, il en résulte des tumeurs souvent énormes. Dans l'adénie, Bonfils en a décrit une qui pesait 2250 grammes, et Trousseau parle d'une tumeur de ce genre qui égalait la grosseur d'une tête de fœtus. Dans la scrofulose on en a rencontré pesant 10, 20 et même 30 kilogrammes.
(1) Donné, Cùurs de microscopie, ISU.
(â) Bennett, Edinburgh médical and surgical journal, 1845.
(3) Virchow, Froriep*» Xotiien, 1S45.
(i) Bonfils, Hypertrophie ganglionnaire généralisée^ cachexie sam leucémie, 1856.
(5) Wunderlich, Arch. der HeUk.^ 1858.
(6i Loudct, cité par Trousseau, Clin, méd, Paris, 1869.
(7) Trousseau, loc. cit.
Tic. 98. — Tiisu rilkulé ilei ganglions lymphatiques iiarmaux :
a, capillaires; — b, ti«su relîcuU.
(Cornil et Ranvier).
PROCESSCS HTPËRTROPKlttUE (SUITE), 431
Les modifications de structure qu'amène dans les gaug;lions lymphatiques le processus hypertrophique, consistcnl dans l'augmenlation de volume et de nombre des éléments anatomiques préexistants (fig. 98 et 9!)) . Lebert (I) a décrit deux formes spéciales de cette lésion anatomique. Dans l'une le tissu ganglionnaire, plus mou qu'à l'état normal , laisse échapper, lors de la section, un suc d'aspect laiteux, tenant en suspension une quantité considérable des noyaux que l'onretrouve dans l'organe.
Les coupes microscopiques montrent le parenchyme glandulaire, tissu réticulé ou adénoïde de llis, avec ses mailles très-élat^ies et remplies de cellules et de noyaux, épithéliums nudéaires. Les uns sontsphériques, sans nucléoles, et mesurent de O-^iOOi à 0",006; les autres sont ovoïdes, pourvus de nucléoles, ils ont de 0-,000 à 0°'-,008.
Dans la seconde forme, l'hypertrophie porte sur le tissu réticulé plus spécialement. Les ganglions sont plus durs, il ne s'écoule de la coupe qu'un liquide clair dans lequel on rencontre des noyaux allongés, des corps l'usiformes et v 3\^ )| des fibres fragmentées. Sur ^ff VI
les coupes, ainsi, que l'a in- ...^ ^s. diqué Ch. Robin (2), on Tr\r^ voit les corps fibro-plasti- =cs
ques étoiles, dont la réunion forme le tissu réticulé, augmentés beaucoup de volume, devenus finement granuleux et possédant un ou plusieurs noyaux deux ou trois fois plus gros qu'à l'état normal. Ces deux formes d'hypertrophie ganglionnaire, du reste, se combinent très-fréquemment ensemble. Dans
(Ij Lc\>rri, in Virchow, H<aM. der iptc. PathoL, V.
\i) ai. Robin, »i\. LiMPi&TiDiE du Dkt. tnc^clo]!. an tctentu méd., 1670.
l'adénie, la scrofule, la leucocylhémie, on obsene toujours an épaississemcnt du tissu réticulé coïncidant avec l'exagération du nombre des éléments cellulaires. Les ganglions hypertrophii'^. d'abord très-vasculaires, deviennent pâles et anémiques au bout d'un certain temps. La production énorme d'éléments nucléaires ou ri-llulaires «rrivc sans aucun doute à déterminer l'oblitération i]t'> vaisseaux capillaires. A la longue, en raison de cette parliculanti>. on voit la dégénérescence graisseuse s'y développer plus ou moiiJ>: parfois des ruptures vasculaires s'y produisent, et il n'est pas rare de voir la drgénéresccnce caséeuse ^tie le dernier terme de toule cette évolution morbide. Ces modilications destructives sont e\f':\itionnellcs dans la syphilis.
L'iiypei'trophic du parenchyme splénique se produit plus spécialement à la suite des maladies infectieuses, telles que les fièvres [wludéennes, les typhu:^. I;i septicémie , l'inferliiii puerpérale, les fièvre* éruptives, etc. On l'observe aussi dans les i'a~ de leucocytbémie et dan; ceux d'adénie. Les oliservationsde Leudet ( 1 1.
de Trousseau ( â ) , 'lo
Fie. 100. —Coupe de la raie daus U IcurocvUiémie. Cohnheim (â)elde Wlin-
S'i"(R'^ndnld^r™*°' "" *=""""^'"""'''' *•"'■ derlich <4) sont conlirmatives à ce sujet. Li raie hypertiophiée peut augmenter considérablement de volunn-. Tandis qu'on rencontre des rates dont les dimensions sont doublLiou mCme triplées, on en voit, à la suite de fièvres paludéennes, d;ins la leucocytbémie et l'adénie, qui prennent un volume colos^it. Dans ces conditions, la rate pèse souvent de 6 à 8 livres et même de lOà 20 livres. Ilabiluelicment l'organe conserve sa forme, il a nii'' couleur rouge violacé à l'extérieur. La coupe est le plus souvenl d'aspect lisse et luisant, un peu moins colorée qu'à l'état normal. (In y reconnaît les corpuscules de Malpigbi tranchant par leur couleur blanche sur la suifacc de section (lig. 100). L'hypertrophie sié^'<^
(11 LpliiIc<, Ux. cil.
{i} Troussi'au, toc. cit.
{3) Colinhdin. Virehow't Ardi.. 1860.
(.1) Vundcriich, loc. cit.
PROCESSUS HYPERTROPHIQUE (SUITE). 433
plus parliculiërement dans la pulpe dont tous les éléments ont augmenté de volume et de nombre. Dans l'hypertrophie de la leucocythémie, cependant, les follicules (corpuscules de Malpighi) deviennent très- gros et peuvent aller jusqu'au volume d'une noisette ou d'une noix. Ils ont alors, comme l'ont établi Ollivier et Ranvier (1), une structure analoj|[ue à celle des ganglions lymphatiques hypertrophiés.
Dans la glande thyroïde^ le processus hypertrophique se présente sous diverses formes. Tantôt il s'agit d'une dilatation simple des vésicules closes de la glande qui augmente le volume de l'organe. Les éléments épithéliaux de ces vésicules se multiplient alors abondamment, et il apparaît dans les cavités closes une matière visqueuse de nature colloïde. Cette forme d'hypertrophie aboutit à la production du goitre colloïde. Tantôt de nouvelles cavités se forment, il y a multiplication des follicules se faisant, soit dans la totalité de la glande, goitre hypertrophique y soit dans certaines régions bien limitées. Dans ce dernier cas, il en résulte des nodosités faisant saillie à la surface de l'organe et variant depuis le volume d'un pois jusqu'à celui d'une grosse noix. L'hypertrophie est alors partielle, et les nodosités, tubercules goitreux, sont sou vent séparées du reste de l'organe par une enveloppe de tissu conjonctif. En même temps que se produit le goitre hypertrpphique on peut voir le tissu conjonctif augmenter aussi de volume. Dans certains cas c'est ce tissu qui, plus particulièrement, est atteint d'hypertrophie, et le goitre devient fibreux. Les vaisseaux enfin peuvent prendre un développement exagéré et donner lieu au goitre vasculaire de Virchow. Ultérieurement, des kystes sont susceptibles de se produire dans ces tumeurs, et la transformation calcaire peut les envahir.
Les hypertrophies des amygdales sont caractérisées par l'augmentation de volume et de nombre de tous leurs éléments constitutifs. La muqueuse qui les recouvre est épaissie, les lacunes paifois très-dilatées sont remplies par un liquide visqueux, le tissu conjonctif a augmenté de volume, les follicules enfin sont devenus trèsvolumineux et existent en plus grand nombre qu'à l'état normal.
Les hypertrophies vraies et générales du foie sont relativement rares; on les observe cependant après les fièvres intermittentes, après le séjour dans les pays chauds, dans les cas de leucocylhémie et dans quelques diabètes. Toutefois il faut, dans tous ces faits, se gar-
(1) OUiTÎer et Rauvier, Arch. de phytioL^ 1869.
4SL LKS GRA5DS PROCESSIS M^BBIBSS..
der de ovadiire trof^ rapidemenl et évifler les coiifiiSiMfi avec ki cirrhoses diverses et. Fagigloniéralioi» its^ globulas bluM éum ks vaisseaux. AttcottUraice, les bjqpertrophieB partiales qui sa mMÉrent comine hypârtropbâes eompensalrices, à 1» suîle de la destmclMm d'une autre partie da l* organe^ sont asacs fréfoeafles. Dans- q»s caâ ou troave les cettules liépabii(}ite& ptas^gnosses qit'i L'éta( oomml «i Ton constate Taugmentation du volume des acini glaaidalaîffe&. Jaraaifi on ae peut aflBnnr kh farnatioa dâ oauveam acîoî.
Pour ce qui est d^s hypefftraphies se dévekippaiâ dons- les paceo^ chymes non glandulaires, tels que le rei»^ le teslictd^v ^-9 <Mii m les obsen»* gnèfe que dons les cas d^aanilûlatioa do feneliooiieniesl physîofegiquede l'un de ees organes, L'augmentaliMMi de volume les caractérise,, et Toft constate une exagéraèion daas les dîfflensions des tubes sécréteurs qui Les constituent.. IL but évkes' la cenfusMi de rhypertrophie fousse: par production» exagérée de tiâsu conjcnMiiC qui s'y rencontre fréquemment. Jusqu'à* ee jonr rhypertrepUe vi^ de& oivaire& n'a pat» encore été démontcée.
Ne«s avons terminé,, messieurs, L'étude. anatorae^pathelogiqDe dià proees^is hypeirtrephique dims les. dhers tissusi €rgîttî<}tte& CeauiM
vous avez pu: le iteir, celte étude est loin d'embrasser toutes les productions mcniâdes que IToa peut, voir se développer chea rhamaae; nous n'aATons parte; en efEH^ nâ des sarcomes» ni des tubereidles, m des cancers. De pin», je n'ai pas envisagé les néoplasmes à un poîni de vue autre <iue celui de la vérilable hypeirtropbie^ L'eiamen. des difEérentes. espècesi de tmnmirsy développées par génératMia bétéruh topiquevnousaMrait eati^in^complélement ea dehors, du programme de ce cours. U nous taat actineliemeal, pour eontîmier rhistoire du processus hypertrophAque, envisager les symplàmês qia'il délecmîne tant au point de vue lacal qiu.'au point de vue général..
Les hypertrophies vraies sontrelaAîvemeiit assez rares , elles ne se mcoârent goèrequlà fai suite de Vexagéraliondu fonctÛNHiemenl des organes, : contractiQn& plus fréquentes et piMâ fortes de& mvaelas^ nécessité de suppléance fencttanneUe. potur Ws parenchymes sécréteurs, etc. L'tnrperirophie dans ces cas etf accusée par l'augmeai*tiim de volume éts organes alAeinls; Cette an^enlatioa de vahime peut se ccmstaier d'emblée et par la vue seule lersqu'eUe siège superficieUemenL L'hypertrophie des musdesi des membres, ceUe des) muscles respiraleui^s se produisant à la snite d'une gène pnakmgée de la respiration, se constatent ainsi avec la plus grande facilité. I^es saillies musculaires plus considérables qn'à l'état normal^ l'élsè de
PROeiBSSHS RVPIBTEOtlIQnEi' (SUITG). 49^
deiDL-ccstractioa dams laquelle se mcwbreat presque eonetaonmenL le» massea cikanuAs^ soit des s%aea qui ié«èl<nt de suite la nudifîcatioir analemique. AniGCMÉraûre^ lot aqu'tia'agift d'ocganes ailués pio* fiMidéffient, daâs les cajvHéff q^rianchni^pras^ ce n'est qu'à l'aide d'ioi€t explocatioa attentive, par h. mensur^ton^ b palpotÎMi ek la peicnssioo qu'oa pent la. reoostnaitve'. Il est djone nécessaai e*, pour élahlh* TeiisteiKe de l'angmentatiofli de: votuiae, de. conaaili e d'une raaninre précise les. dîaoeosiDns noroKilcs dks; organes et. les Hautes esactes des modiiicatioiis^sonoces qm' elles ioDOpriineflÉ au bnsit de la percuasioft. Dans ces cas éfalfement i\ faut se tenir eai garde contre le dipèacement possiliie. d»:» etganes. pac des tumeurs dévelc^ifées ihns. Leur Yoîsiaage, ou par des. liquides épanchés, dans des cavités? viûrines pouivani amener leur refoulemeat. Les hypairophies de ee gfaire peuvent se rencoulrer dans le cœur^ la rate» le foie pius spé^ ckilefflieni; aiissi^ pour appréeier l'augmentatioB de. leur inolume, le raédecin devra*lhil éearter teuA d'abard teS' causes é'ei'rejar qne je viens de signaler.
Quand il s'agil de l'hyperlcophîe- des mascleSy h foodôon qia'ils remplissent, leurs coatractions^ se troi^vent exagérées*. Le tsùA est parfaitement démontré pour les hypertrophies musculaires péripèn*rîqaes, où Fou peut souvent juger derla force des.CQDkraclions il'aidd du dynaoïemèlre. De même, dans ua* cœue hyperftropliié, la favee des coDâractions se révèle à l'observatouir par la plos grande inrea du pouls, d'une paris, et, d'autre pari,, par des sîgaes locaux ti^èa-érâdenls. La choc de Fargaae contre la poroa thoraciqne est plu& fost el phia oienda; il ébranle la poilriDie dm so^t eft la lèfte de l'oèsenrsh» teaor pendant l'arnseultation ; ta le per^ oid i k fois dans pluaieiurs eapaces iateroostaux. la pointe de rorgaae est déplacée» eft, au lieu (k se Ûûre sentir pendant la eontractioo daifes le eiaquième espace înderw caetal, elle vieni battre dans la sixième et parfois mena daas le sepiième espacet Les bruits cardiaques eafia deviennent plus forts et pins seaeres en raison de l'aagmeBlation survenue dans, rknpni* sîon dUiSaag contre les valvules. Quand rfaypMrtrefihDe siège sarées organes glandulaires» saast doule ea peut par inductiott cioire ài l'ange mentation de leur fonclionnenieBi ; il est bien certain qne le rein, atteint d'bypertix)phie compensatirioe, fournil plas d'urine qu'on rein normal^ et que les glandes sativairea hypertrophiées chei les Tumeurs éhdbereat une plus grande quantité de salive qu'à l'état pbysiologiqne. Mais la constatatîen médicale de ces-fiiiis ne peut être oblenaa dans la grande majorité des cas; et la ddmûnstration posi-
i36 LES GRANDS PROCESSUS MORBIDES.
tive de rexagération du fonctionnement n'a pas encore été faîte pour la plupart des organes glandulaires. L'hypertrophie de la rate, celle des ganglions lymphatiques, s'accompagneraient de Texagération fonctionnelle de ces organes hématopoétiques, et vous savez que l'école allemande notamment les considère comme les formateurs des globules blancs du sang. Il est certain que dans la leucocythémie on trouve la rate et les ganglions lymphatiques augmentés de volume; mais, dans l'adénie, cetle augmentation ne s'accompagne pas de leucocythémie. Il n'est donc pas parfaitement prouvé <iue l'état de leucocythémie tienne à l'hypertrophie des gan$îlions lymphatiques et de la rate et, comme conséquence, à l'accroissement de la fonction physiologique de ces organes. Nous reviendrons, du reste, sur cetle question dans nos leçons sur la leucocythémie. Pour ce qui est enfin de l'hypertrophie des centres nerveux, après ce que je vous ai dit de l'analomie pathologique de cette lésion, soit dans le cerveau, soit dans la moelle, anatomie pathologique qui prouve l'absence du processus hypertrophique dans les éléments (cellules cl fibres nerveuses) de ces organes, vous devez comprendre qu'ici on ne rencontre pas d'exagération dans le fonctionnement physiologique.
D'une manière générale, les hypertrophies fausses consistent dans le développement exagéré du tissu conjonctif ou lamineux formant la trame interstitielle des organes. Parfois, comme le fait se remarque dans la paralysie musculaire pseudo-hypertrophique , il s'agit de l'apparition dans le tissu lamineux de vésicules adipeuses séparant les éléments anatomiques. Ces hypertrophies s'accusent encore par une augmentation de volume qui persiste ou disparait, surtout dans les hypertrophies cirrhotiques. Mais ici, les éléments constitutifs des organes ou des tissus se trouvant bientôt comprimés par le développement exagéré de la trame interstitielle ou des vésicules adipeuses, on voit la fonction être rapidement entravée dans son exercice physiologique. Pour les muscles, la perte de la contractilité, aboutissant en dernière analyse à la paralysie, est la conséquence forcée d'une semblable lésion; pour les tissus nerveux, l'abolition plus ou moins complète de leurs manifestations variées d'innen-ation, sensibilité, motricité, phénomènes psychiques, survient plus ou moins rapidement suivant la progression du développement de la lésion anatomique. Les glandes, elles aussi, perdent leur fonction physiologique. Le rein atteint d'hypertrophie fausse cirrholique cesse de produire l'urine normale et laisse échapper l'albu-