‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale (volume 2)Chapitre 45 sur 82 · VINGT-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME LEÇON

De la plélhorc. — De l'iaflammation.

Messieurs,

Sous le nom de pléthore {7rAtBô»pcfy réplétion) on doit désigner, avec les anciens auteurs et avec Littré et Robin (1), un état général de l'organisme dans lequel la quantité de sang se trouve augmentée, ' et le système circulatoire plus rempli qu'il ne Test d'habitude. Celte déiinition, qui se rapporte à des faits de clinique bien établis, limite l'état morbide dont il s'agit à ces cas où la masse totale du sang se trouve en réalité plus grande qu'elle ne doit être, sans qu'il existe cependant d'altération bien marquée de la constitution de ce liquide. L'augmentation de la masse du sang produite par l'élévation du chiffre de l'eau dans cette humeur, Ihydrémiej que les auteurs ont parfois désignée sous le nom de pléthore aqueuse^ ne trouve donc pas sa place ici, et nous aurons a l'étudier plus tard lorsque nous ferons l'histoire de Yanémie générale.

La détermination réellement scientifique de l'état pléthorique, il est facile de le comprendre, consisterait à établir par des chiffres l'augmentation de la masse du sang. Mais vous savez qu'il est de la plus grande difliculté déjà de se rendre compte de la quantité de sang existant dans l'organisme à l'état normal, que de plus cette quantité varie suivant les conditions si divejrses d'âge, de sexe, d'embonpoint, de maigreur et de tempérament, et qu'enfin les différentes méthodes usitées pour doser le sang ne donnent que des résultats très-approximatifs. S'il en est ainsi de l'état normal, on conçoit que, lorsqu'il s'agit de l'état pathologique, déterminer par des chiffres l'augmentation de la masse totale du sang devient un problème impossible à résoudre, ainsi que l'ont déjà reconnu Andral et Gavarret (2). C'est donc en réalité par les caractères cliniques, comme l'a enseigné Bouillaud (8), que l'existence de la pléthore peut être reconnue.

(1) Littré et Robin, Dietiotmaire de Ntjiien.

(2) Andral et Gavarret, Estai d*hématologie,

(3) Bouillaud, Traité de nosographie médicale^ 1846.

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