COMPOSITION DU SÉRUM DU PUS
Principes de la première classe.
Eau 937,86 à 870,55
Chlorure de sodium 3,1 1 à 4,66
Phosphate de soude traces à 2,122
Phosphates de magnésie, de chaux et ammoni.ico-
magnésien 0,50 à 2,20
Sulfates et carbonates de soude et de potasse 1,87 à 3,11
Sels de fer et silice 0,16 à 0,U6
Sulfliydralc d'ammoniaque du pus fétide non dosé.
Principes de la deuxième classe.
Sels de racide du pus ou pyates traces 4 1 ,00
Leurine, tyrosine et principes analogues dits extractirs non déterminés 15,00 à âO,00
Séroline 1,00 à 8,30
Choleslérine 3,50 à 10,00
Corps gras et savons 10,00 à 19,00
Lécitliiue 6,00 à 10,00
Prindpeê de la troisième classe.
Mélalbumine (albumine et pyinc) 1 1 ,00 à 48,00
Pyoryunine du pus blt*u non dosée.
Ce Uibleau nous montre qu il existe dans le pus une subsLtn spéciale dt'si^n(»e par Delore sous le nom d'acide pyique ; i'\'^\ \' même que Bœdeker •(!) a décrit depuis ^ l'appelant ac/</tf t/i/ rodiqne ou chlorrodiniqney et qui cristallise en aiguilles luicroH-piques se groupant en globules; le chlore le colore en io>e. L'ai ii* en question est le plus habituellement fixé à de la soude, et oepindant on h* rencontre quelquefois à l'état libre. Indépendamment »i^ cet acide, on trouve dans le pus une très-grande proportion àmatières cristallisables de la seconde classe, leucine, l\rosiii»'. i \anthine d'après Xaunyn (2), allant Jusqu'à la dose de 12 pour liK"». La cholestérine s'y montre également très-abondante, et l'on y r. lconlre do plus une forte proportion de corps gras presque toujuuisaponifiés. Comme principes de la troisième classe, on trouve Ja:i> ce liquide des matières albuminoides qui ont été désignées sous !noms d'albumine, de pyine (Gutterbock), de caséine et d'alburu.nate de potasse du pus. Avec juste raison, Ch. Robin considère omatières albuminoides comme des mélanges de mélallmmin»» a\ -. une petite proportion de serine. Ces principes albuminoides d ; reste, peuv(»nt varier do proportions d'une manière considérai 1\ et ces variations sont on rapport avec les différents tissus où ^W. formé le pus. C'est le pus des os qui en renferme la plus peti: quantité, tandis que celui provenant des abcès de la cuisse ou *! : dos peut en contenir jusqu'à 48 pour 1000.
C'est avec connaissance de cause que j'insiste près de vous, ni r sieurs, sur celte composition chimique du pus. Elle vous proir t\ en effet, que le liquide dont il s'agit ne sort pas tout éhdjoré ilu sang lui-mémo, puisque, d'une part, l'on y trouve des subslaiic^ n'existant pas dans le sang, et que, d'autre part, le pus variant sui-
(1) Baîdckcr, cité par Gh. Robin.
{tj Naunyn, id.
INFLAMMATION (SUITE). SUPPURATION. 5i7
vant les divers lissus dans lesquels il s'est formé, au point de vue des principes do la troisième classe, on peut dire que chacun de ces tissus imprime au pus comme un réel cachet du lieu de son origine. La grande diflerence entre le sérum du pus et celui du sang démontre donc que le pus, tout en tirant du sang fa majeure partie de ses principes, est cependant, pour employer Texpression de Ch. Robin, une sécrétion véritable des tissus au sein desquels il apparaît, et que les éléments de ces tissus exercent la plus notable influence sur le pus qu'ils produisent.
La parlie solide du pus est formée presque en totalité par des leucocytes tenus en suspension dans le liquide. C'est à la présence de ces éléments qu'il doit sa coloration blanc jaunâtre lui donnant l'aspect d'une émulsion, et c'est à leur plus ou moins grande quantité que doivent être rapportées les qualités du pus de bonne ou de mauvaise nature que je vous ai signalées plus haut. En dehors des leucocytes, on trouve enclore normalement dans le pus une grande quantité de granulations gi-aisseuses animées du mouvement brownien, et parfois même de vérilables gouttelettes huileuses. Des granulations moléculaires de l'espèce connue sous le nom de granulations grises, des globules sanguins rouges en plus ou moins grande abondance s'y rencontrent également, puis des cristaux de margarine, de stéarine et de cholestérine peuvent encore s'y montrer. Lorsque le pus a subi la fermentation putride, on y trouve toujours les infiniment petits, microzoaires ou microphytes, de la putréfaction.
Comme je vous l'ai dit dans mes cours d'histologie, les leucocytes du pus, au point de vue de leur structure anatoinique, ne diffèrent pas des ^v/^' ^^ • (^> globules blancs du sang (fig. 106). ^^i\^ ('\y^M ''^^^.S^ En réalité ce sont des éléments de "^ . Cv>^^^4 /*'-"a même espèce, se conduisant comme ^^
les leucorvtes du sang, c'est à-dire fig. lOO. — Lo.icbrytos du pus avant
: . . . , . M cl après raction de racide acé-
montrant dans leur mterieur, par 1 ac- uque (Behnett). lion des réactifs ou de la putréfaction,
des novaux sans nucléole dont le nombre varie de 2 à 5, et manifestant la production d'expansions sarcodiques suivies ou non de mouvements amiboïdes. La seule différence existant entre ces cléments et ceux du sang consisie dans le volume un peu plus fort de ceux du pus, volume qui du reste est complètement en rapport avec la densité du sérum du pus. Habituellement le volume de
ces éléments varie de 0"", 008 à 0"",012; ce volume est d'autant plus grand que la densité du sérum est moindre. Dans le pus très-fluide des os on en trouve qui mesurent jusqu'à 0"",01i et 0"",016. Ces éléments anatomiques toutefois sont susceptibles de manifester des changements de structure en rapport avec le liquide dans lequel ils se rencontrent et avec l'âge auquel ils sont parvenus. C'est ainsi que dans le pus des anciens abcès, dans h sérosité purulente de la plèvre et dans le pus infiltré dans les tissus,
on trouve souvent ces éléments beau-
•''<!!?'^ ^^ ^^^P ^^ST^^^ï^^^s de volume et devenus
- 'K /<^-N ^'>' ^, Q\ très-granuleux. Les granulations qu'on
C(k' t!^^^ ® ^v^ y rencontre alors sont de nature grais-
^'"^ seuse. Les leucocytes de celle forme
Fie. 107, - Globules pyoidcs après ^^^ ^lé décrits autrefois sous les noms
Taction de lacide acétique ; les i i . j i» • /i
uns montrent un noyau, les au- de gtOOUleS gratlUletiX de l in/l«»»-
trescn8ontdépourvus(BEHNETT). fnaiion OU de Vexsudatiou, On les
appelle parfois aussi corps granuletix de Glnge. Dans des circonstances analogues, surtout dans les sérosités purulentes, les leucocytes se montrent pâles, ti-ansparents, parsemés de très-fines granulations plus abondantes à la périphérie qu'au centre. Ces éléments traités par l'eau, l'acide acétique, ne montrent pas de noyaux dans leur intérieur ou n'en présentent qu'un seul. Ce sont eux qui ont été décrits par Lebert sous le nom de globules pyoïdes (fig. 107).
Le tableau suivant, extrait du Traité des humeurs de Ch. Robin, donne la composition chimique de ces éléments anatomiques.