‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale (volume 2)Chapitre 53 sur 82 · VINGT-HUITIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-HUITIÈME LEÇON

De rinflammation (suite). Suppuration, production de nouveaux tissus.

Messieurs,

Poursuivons Tétude de la suppuration.

La constitution anatomique du pus, abstraction faite des leucocytes, varie suivant les tissus où s'est formée cette humeur. Dans le tissu conjonctif ou lamiheux, dans le derme, le pus qui résulte des phlegmons ou des furoncles renferme des flocons et des filaments qui sont formés par les fibres élastiques des tissus que la suppuration a détruits et qui, bien que mortifiées, se sont conservées intactes en raison de leur grande résistance à la destruction. Parfois, au milieu de ces libres élastiques, on rencontre encore quelques fibres lamineuses et des vaisseaux capillaires.. Sur les plaies résultant des amputations ou sur celles produites par arrachement ou par l'action des armes à feu, on trouve dans le pus des filaments et des flocons de couleur rouille, qui ne sont autre chose que des débris d'éléments anatomiques : fibres musculaires, fibres élastiques, vésicules adipeuses, mélangés entre eux et colorés par des globules rouges en voie de destruction, ou par des cristaux d'hématoïdine qui en dérivent. Ces flocons ou filaments colorés en rouge sombre ou en jaune orangé sont parfois étalés à la surface de la plaie et adhérents aux tissus profonds. Ils ont alors la constitution anatomique indiquée plus haut et ne sont autre chose que les tissus mortifiés en voie d'élimination. Ils disparaissent quand la suppuration est bien établie et que les bourgeons charnus commencent à se montrer. Lorsque les plaies sont en voie de cicatrisation, ou bien encore lorsque leur fond repose sur le corps muqueux de Malpighi, on trouve toujours dans le pus des cellules épithéliales de la couche profonde de l'épiderme qui sont enti-aînces* par la production du liquide. Dans les glandes, le pus renferme presque toujours des éléments épithéliaux propres à l'organe où

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il s'est formé. Dans la mamelle, en dehors de la période de lactation, ce sont des cellules pavimenteuses qu'on y trouve, et pendant la lactation des globules graisseux s'y montrent assez abondants. Dans tes ganglions lymphatiques le pus renferme des épithéliums nucléaires qu'il faut éviter de confondre avec les leucocytes de ce liquide. Le pus des os, que je vous ai déjà signalé comme étant trèsfluide, contient presque toujours des grains calcaires que démontre l'examen microscopique; et quand il provient des cavités médullaires ou des parties spongieuses de l'os, il est riclie en gouttelettes graisseuses. .

Ces variétés anatomiques de la constitution du pus se rencontrent également dans la suppuration des organes internes. Très-souvent le microscope permet d'y retrouver les éléracnls propres à chacun de ces oi^ancs. Au dire de Vogcl, dans les abcès du cerveau on trouverait des fragments de tubes nerveux ; suivant Itbeiner l'examen d'une expectoration purulente provenant d'un abcès du larynx, ouvert dans la cavité de cet organe et résultat d'une ulcération des cartilages lai-yngés a permis de reconnaître des cellules cartilagineuses. Dans le pus des abcès hépatiques, comme l'/inseigne Ch. Robin, on rencontre fréquemment des débris do cellules hépatiques et même des cellules hépatiques entières, et le pus du poumon contient souvent des fibres élastiques. Il y a dans toutes ces particularités des notions importantes à connaître, puisque le médecin pourra en tirer un très-grand profit au point de vue du diagnostic de l'origine du pus que la clinique lui met sous les yeux.

Pour terminer celte question de la constitution du pus, je dois signalera votre attention quelques liquides pathologiques qui s'en l'approchent par leur aspect extérieur, et qui cependant ne doivent pas être considérés comme du pus véritable. Sous l'influence d'inflammations très-intenses, ou lorsque b maladie survient chez des sujets profondément débilités, on voit les liquides exsudés à la surface des séreuses prendre un aspect complètement puriformc. Ces ^'^ liquides du péritoine, du péricarde, de la plèvre renferment alors une quantité très-notable de leucocytes produits sur les surfaces séreuses que l'inflammation a privé de leur revêtement épithélial, et qui sont entraînés à mesure de la sécrétion

de Texsudat. Ces sérosités purulentes ont pour caractérislique habituelle, les distinguant du véritable pus, de renfermer des flocons de fibrine flottants dans le liquide, ou déposés sur les parois de la séreuse, flocons de fibrine colorés en jaune par les leucocytes englobés pendant la coagulation. Jamais, en elTet, dans le pus ordinaire on ne rencontre de matière spontanément coagulable semblable à la flbrine; en un mot il n'y a pas de pus fibrineux. Cependant dans certaines pleurésies chroniques, on peut rencontrer un exsudât purulent ne renfermant pas de fibrine. Voici des analyses chimiques qui vous oflrent des exemples de la composition de ces liquides.

LIQUIDE DE LA METRO-PÉBITONITE (Schcrcr) (1).

Principes de la première classe

Eau 940,16

Sels minérau.\ 7,93

Chlorhydrate d'ammoniaque. .-. traces

Principes de la deuxième dasse

Acide lactique libre 1,05

Principes dits cxtractifs

Graisse

Principes de la troisième classe

Albumine sèche P 25,21

Substance coaj^ulablc par Tacide acétiquo 4,37

Éléments anatomiques da pus en suspension et secs. 13,81

LIQUIDES NON FIBRINEUX, PURULENTS. — PLEURÉSIES CHROMOUES (MKHU).

CAS

et numéros d'ordre

des ponctions.

DATES

des

ponctions.

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