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qui ne souffrent pas ; et les spécifiques ne sont autre chose que des corps qui n'agissent que de telle ou telle manière sur tous les éléments à la fois, ou bien ceux qui n'agissent que sur un seul, sans modifier notablement les autres. Le degré d'action de ceuxlà peut, du reste, varier d'intensité suivant chaque espèce d'élément anatomique.
La thérapeutique pharmacologique s'adresse à la substance organisée elle-même; c'est en modifiant celle-ci qu'elle en modifie les actes. Un médicament est, en effet, un corps simple ou composé introduit par une voie quelconque, qui vient faire partie temporairement ou d'une manière permanente de la substance organisée des humeurs ou des éléments de quelqu'un de nos tissus ; il modifie les propriétés qui leur sont immanentes, de telle ou telle manière, selon sa nature, sa quantité, etc.. Ce corps peut être choisi parmi ceux qui sont des espèces de principes immédiats naturels de nos tissus et de nos humeurs, tels que les chlorures de sodium, de potassium, les phosphates de soude, de chaux, etc.
Généralement, les médicaments sont choisis parmi les composés qui ne se rencontrent pas naturellement dans l'économie, dont ils deviennent ainsi momentanément un principe immédiat, mais un principe immédiat accidentel. Ce qu'il importe de savoir, c'est que le médicament n'agit qu'en faisant parlie, temporairement au moins, de la substance des humeurs ou des éléments de nos tissus; dès lors il en modifie nécessairement les propriétés, et ce n'est que par suite de ce fait qu'arrivent dans l'organisme les changements qu'on se propose d'obtenir.
Est-il assimilé momentanément par la substance des nerfs ou par celle des muscles, il peut, selon sa nature, en exagérer ou diminuer les propriétés spéciales; dans le cas où l'action devient elle-même perturbatrice, elle est dite toxique; mais, cela ne se faisant qu'en raison de leur fixation plus ou moins temporaire aux éléments, la nutrition ou rénovation moléculaire de ces derniers est changée d'une manière corrélative tant qu'ils retien-
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ncnt ces principes accidentels. Il peut se taire que^ de plus, leur développement ou leur reproduction se trouvent modifiés par la présence de ce nouveau principe introduit dans leur substance. Dès que leur constitution intime est ainsi changée, il survient aussi des changements dans les propriétés spéciales dont ils jouissent, et dans le rôle particulier qu'ils remplissent dans l'économie. Dans la thérapeutique pharmacologique, c'est donc le rapport du médicament avec la substance de chaque humeur et de chaque tissu lésé qu'on étudie ; dans l'hygiène thérapeutique, ce sont les divers agents, matériels et fonctionnels naturellement usités dans l'état de santé, dont on dirige les rapports avec l'organisme ou avec ses parties, lorsque leurs actes sont troublés. Il y a, dans l'étude de la première, deux choses en présence : le médicament et la substance organisée qu'il modifie; on comprend que Tune ou l'autre doivent être connues à un é^^al degré si l'on veut arriver à se rendre compte de l'action d'un médicament et en diriger sagement l'emploi. Malheureusement nous sommes loin d'en être arrivés là. En général, nous connaissons le médicament, c'est-à-dire sa composition, ses propriétés physiques et chimiques. Nous connaissons plus ou moins la disposition géométrique ou extérieure des parties que forme la substance organisée, mais nous ignorons la nature de celle-ci ; car ce que nous étudions le moins, c'est la composition immédiate de cette substance aux principes de laquelle le médicament va se fixer, d'une manière permanente ou temporaire, pour en modifier les actes moléculaires rénovateurs et autres. Or, c'est pourtant par ces modifications de la substance organisée que ses actes sont ramenés à leur état normal par suite de la tendance de la substance de chaque élément anatomique à reprendre, durant la rénovation, le type déterminé de la constitution qui lui est propre lorsqu'elle l'a perdu. C'est ce retour à cette constitution qui est le but de la thérapeutique. On ne saurait trop insister sur ce fait que démontre l'élude de l'évolution des éléments anatomiques; c'est qu'une fois qu'ils sont modifiés par suite de
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circonstances accidentelles, tout ce qui vient activer la rénovation moléculaire nutritive tend à les ramener à Tétat normal, parce que, durant cette rénovation, ils se développent dans le sens du type de la constitution qu'ils avaient acquise pendant leur développement fœtal.
D'où rimportance qu'il y a à connaître la composition immédiate du sang d'abord, et celle des éléments anatomiques ensuite, pour arriver à faire un choix rationnel des moyens thérapeutiques à employer dans un cas pathologique quelconque.
Non-seulement il faut savoir ce dont est composée la substance dont sont formées les parties qui sont le siège des actes, mais il faut connaître aussi comment s'accomplissent ces derniers. En efiet, le médicament va s'unir à une substance en voie d'activité, en voie de rénovation moléculaire continue, et non à une substance fixe et inerte; souvent même c'est à une substance dont la rénovation ne s'accomplit pas d'une manière semblable à ce qui se passe dans l'état normal, ce qui fait dire, non sans quelque raison, mais d'une manière ordinairement indéterminée, que les remèdes agissent autrement pendant la maladie que pendant l'état de santé.
Toutes les données qui précèdent, indiquant le sujet et le but rie la pathologie générale, montrent aussi comment elle prépare à l'étude des nomenclatures médicales. Cette étude pourrait même être considérée comme une dépendance de la première. Toute nomenclature est, en effet, l'un des procédés logiques ou intellectuels à l'aide desquels nous arriverons à connaître le vrai en tel ou tel ordre de choses. En nous faisant voir le mieux possible la nature des objets et des phénomènes dans l'ordre anormal, la pathologie générale nous conduit à désigner les uns et les autres par les mots qui ont le plus grand rapport possible avec leur nature réelle. Là est le but que se propose d'atteindre toute nomenclature^ chacune cherchant des signes dont la vue ou l'audition ressuscite autant qu'il se peut, soit la notion des caractères essentiels statiques et dynamiques des corps, soit la nature des