TRENTE-QUATRIÈME LEÇON
De la fièvre (suite). Thermométrie clinique. Sympldines en ^néral
Marche de la température (1).
Messieurs,
Avant d'aborder l'étude des Symptômes de la fièvre il est nécessaire de vous dire quelques mots de ce mode de recherches qui, de création moderne, est venu jeter un si grand jour dans le domaine de la médecine, et que Ton connaît sous le nom de thennomélrie clinique. Il a pour objet la mensuration de la température des malades et, par conséquent, il permet d'évaluer d'une manière trèscomplèle, en dehors des qualités pei^sonnelles du praticien, par un procédé purement physique, les variations de cette température. Outre ces avantages, la thermométrie clinique permet d'exprimer par des chiffres l'intensité des troubles survenus dans la température animale. Elle arrive à doser ces troubles d'une manière certaine et palpable, et donne au médecin une sûreté de vue que ne peut lui fournir aucun autre procédé de recherches. Dans toutes les affections qui s'accompagnent de modifications dans la chaleur du corps, et ces affections, vous avez pu le voir par l'étude étiologique de la fièvre, sont extrêmement nombreuses, la thermométrie clinique mesure l'intensité de la fièvre, assure très-fi'équemment le diagnostic de la forme morbide et rend les plus grands services au point de vue du pronostic et du traitement de ces différentes affections. On peut donc sans contredit répéter après Wunderlich que la thermométrie clinique doit être mise au même rang que la percussion et l'auscultation qui, vous le savez, sont les bases de Tobservation médicale.
Si Boerhaave (2) et van Swieten (3) son commentateur, les pre-
(1) Les données scientifiques sur lesquelles repose cette leçon ont été puisées dans le remarquable livre de Wunderlich intitulé : De la température dans les mélodies et dans l'article riÉvRE du Dictionnaire de médecine et de ehirtirgie pratiques^ où nioa maître M. le professeur Hirtz a consij^né les résultats de ses nombreuses rccbcrcbea.
(2) Boerhaave, Aphorismi de œgnoscendis et curandi» morbis, etc., 17^.
(3) Van Swielen, Commentaria in HermamU Boerhaave aphorismos^ etc., 1741.