FIEVRE (SUITE). THERMOMÊTAIG CLINIQUE
miers, firent usage du thermomètre dont Sanctorius s'était servi pour mesurer la température humaine, si de Haen (1), par de nombreuses observations reconnut, dans le processus fébrile, l'exacerbation de la chaleur le soir et sa diminution le matin, et démontra rélévation thermique pendant le frisson, on peut dire cependant qu'il faut arriver jusqu'à Currie (2) pour trouver l'application de la mensuration thermométrique à l'examen des maladies. Ayant érigé l'hydrothérapie en méthode thérapeutique, cet auteur avait recours d'une manière constante au thermomètre dont iltii'ait de précieuses indications dans le traitement des malades. Malgré les nombreuses recherches de Currie, malgré les expériences physiologiques de Chossat (3) et les observations de Bailly (4) sur les modifications de la chaleur pendant les fièvres algides, jusqu'à 1830, la thermomélrie clinique fait peu de progrès. Bientôt cependant avec BouiU laud (5), Piorry (6), Brodie (7), le thermomètre pénètre dans les salles de clinique et Gavarret (8) publie ses mémorables observations qui démontrent l'élévation constante de la chaleur pendant le frisson des fièvres intermittentes. En 1844 H. Roger (9) étudie la température chez les enfants à l'état physiologique et à Tétat patho* logique. Il montre ce qu'elle devient pendant la fièvre typhoïde, les fiè\Tes intermittentes et éruptives et pendant la plupart des maladies inflammatoires. L'ouvrage de Roger fait époque dans l'histoire de la thermométrie clinique, et cet auteur a bien établi toute l'importance de ce mode de recherches et les services qu'il rend entre les mains du médecin. Dès lors la voie est ouverte et les ti*avaux se succèdent assez rapidement, surtout à partir de 1850. C'est depuis cetle année qu'entre les mains de Traube (10) de Barensprung (11),
(I) Pc Haen, Ratio medendi in nosocomio firacHco, etc., 1759.
(!i) Currie, Médical reports on the e/fects of water cold and warm as a remedij in febrUe diseaxes, tic, 1797-1801.
(3) Chossal, Sur Vinfluence du aysième nerveux sur la chaleur animale , 1823.
(4) Bailly, Mémoire sur Valtération 4e la chaleur animale dans les fièvres algides,
(5) Bouillaiid, Clinique médicale, 1837.
(6) Piorry, Traité du diagnostic, 1838.
(7) Brodie, Path. and Surg. observ. relat, to i/yurtet of the spinal cord, 1837.
(8) Gavarret, in Journal VEj^rience, 1839.
(9) H. Roger, Des modifications que présente la température che* les enfants dans l'état physiologique et dans l'élat pathologique (Arch, de méd,, 18ii).
(10) Traube, L'ber die Wirkungen der Digitalis, insbesondere ûber den Einfiuss der selben auf die Kôrper Temperatur in fieberhaften Krankheilen, 18.j0-1851.
(II) Biironsprung {Muller's arclè,, 1851 ).
694 LES GtiANDS PROCESSUS MORBIDES.
de Thierfelder (1), de Wunderlich (2), en Allemagne, les recherches thermométriques deviennent une véritable méthode d'exploration se perfectionnant de plus en plus par les travaux de Hirt2 (3), de Gharcot (4), de Jaccoud (5) et de nombreux autres chercheurs. C'est depuis lors que la thermométrie clinique, après n'avoir été qu'une méthode d'exploration, est devenue la source des applications thérapeutiques rationnelles dans le traitement des maladies Tébriles. Brand (6), JOrgensen (7), Liebermeister (8) sont les auteurs qui ont le plus contribué avec Hirtz à l'adoption de ces utiles applica* tions, comme nous le verrons plus lard.
Les recherches de température chez l'homme se font en clinique à l'aide du thermomètre à mercure. Il faut choisir un instrument dont le réservoir, de forme cylindro*-conique, mesure 1/2 ou 3/i de centimètre. Le tube doit avoir un calibre très-étroit, de manière à permettre une graduation par dixièmes de degré, et à laisser entre chaque division un intervalle assez étendu pour être divisé à vue d'œil en deux parties. Cette construction permet d'apprécier les dcmi-dixièmes de degré. Comme, pour les besoins de la clinique, les degrés compris entre 35 et 44 sont seuls nécessaires, afin d'éviter une trop grande longueur de tige, on fait tomber le zéro de l'échelle thermométrique dans le réservoir de telle sorte que la graduation utile ne commence qu'à environ 12 centimètres au-dessus de ce réservoir. Cette précaution permet une lecture facile, sans déplacement de l'instrument pendant qu'il est dans la cavité axillaire. Il est nécessaire d'otre fixé sur le bon état des instruments que l'on emploie et de temps à autre il faut les comparer & un thermomètre étalon, à celui d'un cabinet de physique par exemple.
C'est dans l'aisselle qu'habituellement se place le thermomètre, rarement la mensuration se fait dans le rectum ou dans le vagin. Avant d'appliquer l'instrument, ainsi que l'a surtout recommandé Liebermeister, il faut avoir soin d'essuyer la sueur dont la présence peut venir contrarier les résultats. On ferme ensuite la cavité axil-
(1) Thierfelder {Archiu. fur phyziol. Heilk,, 1855-1856).
(2) Wunderlich (Arch. fur physiol. Htilk,, 1851 & 1858 et ISdO à 1869).
(3) Hirls, Loc. cit.
(4) Charcot, Leçons tur les maladies des vieillards, 1868, et Thermométrie dûM ta ctkàquedes vieillards^ 1869.
(5) Jaccoud, Leçons de clnUque médicale, 1867, et Traité de pathologie tntemei 1869
(6) Brand, Die hydrothérapie des typhus, 1861. (1) Jurgen»en {Arcfi. fur A'/tit. med.^ 1860).
(8) Liebermeister (Deutsches Arcli. fur Klin. med., 1868).