‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale (volume 2)Chapitre 66 sur 82 · FIÈVRE (SUITE). SYMPTOMES EN GÊNËRAL · texte numérisé non relu

FIÈVRE (SUITE). SYMPTOMES EN GÊNËRAL

inflammations des membranes muqueuses, les frissons sont ordinairement légers. Il en est de môme dans certains cas de fièvre typhoïde.

De cette exposition il résulte à mon sens, messieurs, que le frisson n'est en aucune façon ce que les anciens auteurs en avaient voulu faire dans le processus fébrile. Ce n'est pas un des stades de la fièvre, une période évolutive de ce processus, bien distincte par elle-même. D'une part, en eflet, le frisson peut manquer; d'autre part il est d'une grande irrégularité dans sa forme, dans sa marche et dans sa durée. Rien de caractéristique ne le signale au point de vue de la température animale, véritable critérium de la fièvre, puisque, pendant son évolution, on voit s'élever la température, et s'accroitre dans les urines la proportion de l'urée, résidu des combustions organiques interstitielles. La Qâleur de la peau, la cyanose partielle, la saillie des bulbes pileux, le claquement des dents, le tremblement et même les convulsions sont purement des signes de surexcitation du système nerveux vaso-moteur et du système nerveux moteur cérébro-spinal. L'ensemble du frisson n'est par conséquent qu'un trouble d'innervation pouvant se montrer dans la fièvre, mais pouvant également faire défaut. Dire donc, avec les anciens auteurs, que le frisson est un des stades de la fièvre, c'est méconnaître sa nature et sa véritable signification.

Dans un temps qui varie entre une demi-heure et cinq heures, le refroidissement périphérique diminue graduellement. La fièvre entre dans SSL période d'état ou fastigium (stade de chaleur) . Cette période est signalée par des bouffées de chaleur vers la tôte, puisparune sensation de chaleur générale, souvent très-incommode pour le malade. Le thermomètre appliqué à la périphérie indique un degré à peu près aussi élevé que celui du thermomètre placé dans l'aisselle, et l'on voit alors la température axillaire monter à 39% A0% 41 ''suivant la maladie qui est en cause. L'ascension thermique, du reste, ainsi que nous le verrons plus loin, se fait de différentes manières. Tantôt elle est extrêmement rapide : en quelques heures, en un jour, le maximum de température est atteint; tantôt elle est lente et il faut de cinq à huit jours pour arriver à l'élévation propre à l'affection fébrile. Pendant celte période d'état de la fièvre, il y a de la céphalalgie, de la surexcitation nerveuse, de l'insomnie, du déhre môme. L'appétit est perdu, la soif vive, la langue rouge ou couverte d'enduits, et des vomissements peuvent survenir, en même temps que la constipation est de règle, a moins qu'il n'existe des lésions du côté de l'intestin.

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A ce moment la peau des malades parait rouge et tuméiiée ; elle doooe & la main une sensation de chaleur brûlante. Le pouls large, dur, fréquent, bat de 90 à 1^0 fois par minute. Les mouvements du cœur paraissent renforcés et les bruits cardiaques, au moins dans les premiers temps, sont plus forts qu'à Tétat normal. La respiration est plus facile que pendant le frisson; sa fréquence est constante et peut aller jusqu'à doubler et même tripler le nombre physiologique des mouvements respiratoires. Enfm les urines deviennent rares; elles sont fortement colorées en rouge et abandonnent, lors de leur refroidissement, un dépôt plus ou moins volumineux d'urates et de matière colorante. Suivant la maladie à laquelle se trouve liée la fièvre, cette période a une durée variable. Dans la fièvre intermittente cette durée n'est que de quelques heures ; dans la pneumonie et les fièvres éruptives elle est de plusieurs jours et, dans la fièvre typhoïde, elle se prolonge pendant plusieurs semaines. Lorsqu'elle dure plus d'im jour on constate dans la marche de la température des fluctuations quotidiennes qui se traduisent par une exaspération le soir et une rémission le matin. Les écarts de la fluctuation quotidienne varient entre quelques dixièmes de degré et plusieurs degrés. C'est la période d'état de la fièvre que les anciens auteurs désignaient sous le nom de stade de chaleur ^ parce qu'ils n'avaient en vue que les pliénomènes subjectifs éprouvés par le malade.

Après une durée plus ou moins longue, comme je viens de vou^ le dire, la fièvre entre dans sa période terminale. La terminaison peut être la mort ou la guérison. Lorsque la mort doit survenir deux cas se présentent. Ou bien l'on constate une aggravation de tous les symptômes de la période d'état. La température monte de plus en plus et peut atteindre les chiffres excessifs de 4i% 41%5, ii' et plus encore. La dépression graduelle des forces, un délire continu faisant place à un état comateux dans les derniers moments, une rapidité excessive des pulsations artérielles, jointe aune diminution de plus en plus marquée de la force des battements cardia* ques, s'observent aloi's. En même temps la peau est sèche et brô^ lante^ les muqueuses sont desséchées, les urines diminuent de plus en plus et se concentrent, et la respiration exti^mement rapide devient excessivement pénible. Les malades succombent dans cet état. Au contraire on peut voir survenir un état général tout par^ ticulier que l^on désigne sous le nom de collapsus.

Le collapsus se remarque plus spécialement chez les sujets de faible constitution; on l'obsei^ve aussi dans les cas d'accidents graves

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