‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale (volume 2)Chapitre 73 sur 82 · FIÈVRE (SUITE). FORMES CLINIQUES · texte numérisé non relu

FIÈVRE (SUITE). FORMES CLINIQUES

les origines habituelles. Ce type apparail également chez certaines femmes à Tépoque menstruelle , et au moment de rétablissement de la sécrétion lactée. Enlin les inflammations catarrhales peu intenses, telles que le coryza, la trachéite, Tentérite légère, peuvent y donner lieu. Dans la fièvre éphémère, le frisson manque souvent, ou bien il est très-léger, et la température s*élève assez rapidement jusqua 40"" et même. 40%5; elle se maintient peu de lemps à cette hauteur pour redescendre ensuite rapidement de même. Quand la fièvre dure plusieurs jours, on remarque une légère exaspération le soir et une rémission matinale assez prononcée.

La fièvre rapide est propre à la fin d'un certain nombre de maladies restées jusqu'à son invasion plus ou moins complètement afébriles. Elle prend souvent, en raison de ce fait, la dénomination de fièvre terminale. Elle survient quelque temps avant l'agonie, sou* vent même, au moment de l'agonie, et pendant son évolution la température augmente avec rapidité et atteint un degré très-éleyé. On l'observe à la suite de lésions graves de l'encéphale et surtout de la moelle épinière, dans l'cpilepsie et Thystérie mortelles et dans les empoisonnements. C'est pendant cette forme do fièvre qu'ont été constatés les plus hauts degrés de l'élévation thermique.

Le type fébrile continu n'existe pas dans toute l'acception de ce terme. Une fièvre continue, en effet, devrait être caractérisée par une élévation thermique persistant pendant toute l'évolution du processus morbide avec un degré constant. Or, dans toute maladie fébrile, quelle qu'elle soit, on constate toujours des fluctuations quotidiennes avec exaspération vespérale et rémission matinale. Le caractère distinctif du type continu consiste donc en ce que la difierence quotidienne entre le maximum et le minimum n'est que de quelques dixièmes de degré et ne va qu'exceptionnellement jusqu'à un degré. Dans ce type fébrile, la période de début peut varier. Ou bien il y a un accroissement brusque, rapide, de la température, qui monte en quelques heure's jusqu'au chiflïe qu'elle doit atteindre; ou bien le thermomètre s'élève progressivement pendant plusieurs jours, en offrant le type des oscillations ascendantes. La défervescence suit le plus souvent la môme marche que la période de début. On remarque donc fréquemment une terminaison critique. Le type fébrile continu s'observe plus spécialement dans la pneumonie franche (pneumonie fibrineuse), dans la première moiiic de la fièvre typhoïde et dans les fièvres éruptives telles que la variole et la scarlatine. On le rencontre également dans la méningite de la

convexité encéphalique, dans Tamygdalite et l'angine parenchymateuse, dans le rhumatisme aiticulaire et les violentes inflammations des séreuses. L'érysipèle de la face à son début et le typhus ei^anthématique peuvent aussi revêtir ce type fébrile continu. Lorsqu'il en est ainsi, dans cette affection, la durée de la fièvre est plus longue que dans les autres cas (Wunderlich).

Dans lé type rémittent^ le plus commun de tous, la fièvre qui ne cesse cependant d'une manière complète à aucun moment de révolution'morbide, présente des fluctuations quotidiennes très-accusées. Les difl'érences entre le maximum et le minimum sont trèsmarquées; elles varient entre 0,8 et 2* et même 2*,5. Jamais cependant la rémission se faisant le matin ne fait tomber la température au chiffre physiologique. La moyenne thermique dans ce type est très-variable, et ses variations sont liées à la nature de l'affection qui a déterminé la fièvre. On la voit ainsi descendre au-dessous de 38%5 dans les inflammations catarrhales simples, et s'élever, dans la fièvre typhoïde par exemple, jusqu'à 40",6 et même au-dessus. Le plus souvent, à son début, le type fébrile rémittent a une marrbe lente, cependant l'ascension peut aussi être rapide. La durée, habi* tuellement plus longue que dans le type continu, est souvent de plusieurs semaines. Enfin la défervescence est graduelle, à forme lytique et rémittente. Le type rémittent se remarque dans le plus gi*and nombre des inflammations catarrhales intenses; la bronchite, la grippe, l'entérite catarrhale trouvent ici leur place. On Tobsene aussi dans le rhumatisme polyarticulaire, dans la méningite basilaire, la rougeole et la tuberculose miliaire aiguë. Il est ordinaire dans la seconde moitié de la fièvre typhoïde.

Les types intermittents et à rechutes offrent ceci de particulier que la fièvre apparaît par accès, offrant pour ainsi dire toujours, les stades classiques de frisson, de chaleur et de sueur. Les accès sont habituellement de très- courte durée; ils sont suivis d'une période d*apyre1tie complète dans laquelle le thermomètre est au chiffre normal.

Dans la fièvre intermittente qui est propre à Tinfection paludéenne, les accès, connus aussi sous le nom de paroxysm^y sont habituellement de courte durée. En cinq, six ou dix heures, rarement en un jour, on voit la fièvre parcourir ses stades de frisson, de chaleur et de sueur, et la température revenir à son chiffre phy» siologique. L'élévation thermique est ordinairement considérable; elle atteint en moyenne 40* et 40,5, et peut s'élever jusqu'à 44%5.

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