‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale (volume 2)Chapitre 76 sur 82 · FIÈVRE (SUITE). PRONOSTIC · texte numérisé non relu

FIÈVRE (SUITE). PRONOSTIC

sihlc, en raison de la conson^ption générale qu'elle dnlraine à sa suite. Dans toute fièvre, en effet, à Texception de ces fièvres éphémères dues à des influences nerveuses, il y a destruclion des principes albuminoïdes et des substances hydrocarbonées. La nature des urines, les modifications de Texhalation pulmonaire, la perte de poids, nous Tout suflisammcnt fait voir. Quelle que soit Tintensité du mouvement l'ébrile, poyr peu qu'il se prolonge, en raison des pertes qu'il occasionne, en raison des troubles digestifs qu'il crée par lui-môme, c'est un danger pour l'organisme et une aiusc de destruction plus rapide, alors même qu'il revêt la forme chronique et qu'il succède à ces lésions graves, accompagnant les maladies cachectiques qui, par leur nature ou leur localisarion, finissent par entraîner la mort. Sans aucun doute, dans ces cas (suppurations prolongées, cachexies tuberculeuse, cancéreuse ou autres) la fièvre aggrave la maladie, en ce sens qu'elle use, qu'elle consume les humeurs constituantes et les tissus organiques. Pour cette raison les recherches modernes sur la fièvre ont donc rendu un service considérable à l'art de guérir, puisqu'en démontrant par des preuves irrécusables la consomption résultant du processus fébrile, elles ont appelé sur lui l'attention de la thérapeutique et montré que le médecin doit toujours combattre la fièvre. Les recherches de Hirlz ont eu en particulier celte importance de faire voir que la fièvre n'était pas foncièrement liée à l'élat inflammatoire local et ne servait en rien à la guérison de cet étaL Dans la pneumonie notamment, la suppression du processus fébrile concomitant, loin d'entraver la marche de là guérison, l'accélère, et l'on voit bientôt la résolution survenir après la ch'.ite de la fièvre. Voici donc un premier fait établi, c'est que la fièvre est toujours un phénomène nuisible et inutile pour l'organisme et que le médecin doit toujours la combattre.

Vous n'avez pas oublié, messieurs, ce que je vous ai dit de la coagulation de la myosine, lorsque nous avons étudié les lésions anatomiqnes du processus fébrile. Je vous rappelle cependant que cette substance se coagule à la température de 45" d'une manière subite et irrémédiable chez les mammifères, que la coagulation commence à se produire à une température inférieure, 43% et que même une température persistante de 41 ^5 et de 42% au bout d'un certain temps peut amener un commencement de coagulation. A ce propos je crois devoir vous répéter que Liebermeisler a attribué la (légénércscenro musculaire de Zenker, dans ses différents degrés, à

l'élévation thermique seule. D'après ces faits, vous devez comprendre que l'intensité du processus fébrile, autrement dit le deçité d'élévation de température pendant la fièvre, crée un danger considérable pour les malades. La clinique est venue donner raison à ces faits de médecine expérimentale. D'une manière générale, dans une maladie quelle qu'elle soit, il y a danger de mort loi*sque la température s'élève à 42" et, à fortiori, lorsqu'çUe dépasse ce chiffre. L'agonie est, en effet, la conséquence habituelle d'une semblable élévation thermique. Cependant, dans la fièvre intermittente» il faut faire une exception. Même quand, dans un premier ou un second accès fébrile, on constate une élévation semblable de 42' et au-dessus, les malades peuvent guérir. Ce fait tient au peu de durée de la température hypf?rpyrélique; la chaleur dans cette affection ne se maintenant que pendant quelques heures à ce haut degré. Déjà les élévations jusqu'à Ai'' et 40" même, quand elles durent un certain temps, sont très-dangereuses. Lorsque, pendant lefastigium d'une maladie fébrile, en dehors cependant des typhus, de la fièvre récurrente, de la scarlatine et de la pneumonie grave, on voit le thermomètre se maintenir pendant plusieurs jours au-dessus de 40", on doit craindre une terminaison fatale. Les affections précitées sont encore susceptibles de guérison malgré ce chiffre élevé de la chaleur animale. Il est bien évident que si, au lieu de se maintenir constante même à 40", la température s'élève de plus en plus, le danger croit par le fnit et que l'on est sous le coup des manifestations gravrs dont l'agonie sera la terminaison. Dans ces cas c'est l'élévation thermique qui seule aggrave la situation. L'élendue des lésions locales n'est pour rien, en effet, dans la suite ultérieure de la maladie. Ia fièvre seule domine la situation. C'est elle qui entraîne les troubles graves du côté du système nerveux; c'est elle qui produit les soubresauts de tendons, l'accélération circulatoire et respiratoire; c'est elle enfin qui, dans le plus grand nombre des cas, amène le collapsus. Dans le collapsus, en effet, le plus souvent, en même temps quo survient le refroidissement périphérique, on peut constater une persistance de la température centrale. Comme l'indique le professeur Hirtz, dans ces cas, alors que dans le vagin et le rectum le thermomètre marque 41" et 42% on ne trouve plus que 35** dans la cavité axillaire. Les expériences de Richardson (1) semblent donner la raison de cet écart considérable entre la chaleur centrale et la

(1) Richardson, On incrément of animât heat {Med. Times and Gaielle, 18C:ïj.

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