‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie générale (volume 2)Chapitre 79 sur 82 · FIÈVRE (SUITE). TRAITEMENT · texte numérisé non relu

FIÈVRE (SUITE). TRAITEMENT

* Stances médicamenteuses qui possèdent le pouvoir de diminuer les combustions organiques, et d'abaisser, par le fait, la température animale. Elles rendent les plus grands services dans le traitement du processus fébrile. Les principales de ces substances sont la digitale, le sulfate de quinine et la vératrine; il faut y joindre les antimoniaux, les mercuriaux et les sels alcalins; mais l'action de ces derniers agents est de beaucoup inférieure à celle des précédents. La digitale (1 ), qui déjà avait été préconisée par Cullen comme agent antifébrile, est devenue dans ces dernières années le médicament antipyrétique par excellence. Les nombreuses recherches cliniques dont elle a été l'objet entre les mains de Schœnlein^ de Traube, de Thierfelder, et autres auteurs en Allemagne ; les travaux justement estimés de votre savant maître, M. le professeur Duclos (2), ceux de Ilirtz et de ses élèves à la clinique de Sirasbourg, ceux enfin de Gallard, de Legroux^ d'OuImont, etc., ont précisé d'une manière

• complète son pouvoir antifébrile. On sait aujourd'hui que la digitale diminue le nombre des contractions du cœur, augmente la force de ces conlraclions et la tension artérielle, et abaisse la chaleur fébrile jusqu'au-dessous de la normale. Employée, soit dans les fièvres inflammatoires, soit dans les fièvres infectieuses, cette substance, au bout de 24 a 36 heures, fait habituellement tomber le pouls de 1 15 à 60 et même à 40 pulsations, et le thermomètre de 40^ à â6\ C'est l'infusion de feuilles qui parait donner les meilleurs résultats. Il faut en général trois potions de 0,75 centigrammes de digitale sur iOO d'eau, rarement quatre, pour obtenir les effets signalés. Il est bien certain que la digitale diminue la température en restreignant les combustions interstitielles, puisque les recherches de Rabuteau (3) ont montré qu'elle abaisse le chiffre de l'urée dans la sécrétion urinaire. Quant à son mode d'action, il est probable que c'est en stimulant les contractions des muscles vasculaires qu'il s'exerce. La contraction vasculaire, élevant la tension artérielle, ralentissant le cœur par le fait, diminue les échanges entre le milieu intérieur et les éléments anatomiques. Peut-être aussi l'action primitive se porle-t-elle sur le grand sympathique. Les expériences

(\) Voir Hirtz (Article Digitale du A oMv^aii dict. demèd. ei de chir. pratiques, 1869).

(i) Duclos {Recherdies iur VacUon contro-stimulanle de la Digitale dans la pneumonie aiguë, 1850).

(3) Rabuteau (Éléments de thérapeutique et pharmacologie, 1872). Cet ouvrage, conçu sur un plan original, présente bien les connaissances scientifiques modernes sur TacUon des médicaments et les principes de la thérapcutifpic rationnelle.

de Yulpian ont démontré Tinfluence de la digitale sur les niuscles striés et sur le cœur, et les travaux de Dickinson, de Trousseau et de Gubler ont signalé les contractions des muscles lisses sous Tia* fluence de cette substance. Legroux et Gourvat, en faisant des injections de digitaline à des lapins à qui la section du grand sympathique au cou avait été faite, ont noté la contraction des vaisseaux du côté où rinnervation était intacte et l'absence de cette contraction du t^ôté où avait porté la section. Il est essentiel de savoir ici que la digitale, après avoir excité le système musculaire et le syst^ne nerveux, amène leur paralysie, se manifestant dès les premiers instants par la dilatation vasculaire et Taugmentation du nombre des battements du cœur. A ces effets succèdent bientôt une diminution dans la force des contractions, des intermittences cardiaques, et enfm Tarrèt du cœur. 11 est donc urgent de surveiller son action d'une manière incessante et de rester toujours dans la période d'excitation du système musculaire et du système nerveux.

Le sulfate de quinine possède des propriétés antipyrétiques analogues. A la dose de Op",75 et de 1 gramme il ralentit le pouls et abaisse la température. Pendant la fièvre, ainsi que l'a établi Briquet en 1853, dès le premier ou le second jour, on voit le nombre des pulsations diminuer rapidement avec ^ et 3 grammes par jour. Son influence persiste souvent pendant plusieurs jours après la cessation du médicament. La température suit une marche analogue d'après les travaux de Wachsmuth, de Liebermeister et autres auteurs. Toutefois on ne sait pas si les combustions organiques sont entravées aussi efficacement avec cette substance qu'avec la digitale. Cependant Ranke a constaté la diminution de l'acide urique et il est pix>bable que l'urée diminue pareillement. Gomme la digitale, le sulfate de quinine agit sur les systèmes musculaire et nerveux. Dans une première période, il produit leur excitation et, dîins une seconde, leur dépression paralytique. C'est à l'excitation portant sur les muscles lisses et sur le nerf gfand sympathique, pcut-ôtre même sur le pneumogastrique, qu'il faut donc encore attribuer ses effets antipyrétiques.

La véralrine et le veratrnm viride étudiés par Aran, Kochor, Trousseau, Vogt, lloulmont, Ilirtz, Labordc, Pegaitaz et autres au* tours dans le traitement des liKiladies fébriles, a donm' les résultais clmiques suivants. I^i rapidité de son action est considérable ; imi une heure celte substance peut faire baisser le pouls de nioili<* àln dose de quelques milligrammes de vératrine ou de 2 ou 3 cenli-

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