ALBUMINURIE. DOSAGE DE L*A*LBUMINE
mais la quantité de celte substance ne peut être appréciée (1).
Le procédé par la liqueur titrée de'ferrocyanure de potassium repose sur la propriété de ce sel de précipiter l'albumine de sa dissolution acétique. Il paraît simple au premier abord, puisque, d'après Bœdeker son auteur, un équivalent de ferrocyanure précipite exactement un équivalent d'albumine. Cependant Texécution est en réalité assez compliquée, et, suivant Thomas, la réaction n'est exacte que si le liquide renferme de 1 à 2 pour 100 d'albumine. •
Le procédé par le polarimètre, qui a été imaginé par Becquerel, utilise la propriété de l'albumine de dévier à gauche le plan de polarisation. En jnesurant les angles de déviation au moyen de liquides albumineux plus ou moins concentrés, Becquerel dressa des tables qui permettent de connaître la proportion d'albumine correspondant à chaque degré de déviation. Mais, outre que ce procédé nécessite un instrument spécial, il est sujet à des sources d'erreurs, notamment dans les cas où l'urine renferme du sucre; vous savez, du reste, que les difTérentes espèces d'albumine ne dévient pas de la même manière le plan de polarisation (2).
(h Dosage pratique de Valbumine par la hauteur du dépôt {G. Esbach) — Ce procédé, le plus simple, donne des résultats plus que suffisants pour les besoins cliniques.
Le réactif est composé du mélange des deux solutions suivantes, 950cc de la première et 50ce de la seconde.
i* Dans un litre d*eau chaude, faites dissoudre 10 grammes d*acide picrique ;
2o Dans un flacon bien bouché, conservez de l'acide acétique dont, par addition d*eau, tous aurez amené la densité à 1067. (Agir par tâtonnements en s'aidantd'un densiniètre).
L'albuminimètrc est un tube de 15 centimètres environ.
Outre une gradation spéciale qui répond au nombre de grammes d'albumine que contient un litre d'urine, le tube porte deux gros traits marqués, l'inférieur d'un U, le supérieur d'un R.
Versez l'urine jusqu'au trait U, puis le réactif jusqu'au trait R, bouchez, avec le doi^t et retournez huit à dix fois de suite; mélangez, mais ne secouez pas. L'albumine st; coagule.
Le dépôt se fait peu à peu dans rinslrument placé verticalement et abandonné immobile pendant vingt-quatre heures.
Au bout de ce temps, lisez sur l'échelle graduée, en vous guidant sur le niveau qu'occupe le point central de la surface du dépôt.
Outre ce procédé, il en existe un autre, basé sur ce fait :
Si, au travers d'un trouble albumineux, on regarde deux lignes noires, tracées parallèlement, elles semblent se rapprocher.
Etant donc donné un étalon, on étend d'eau le trouble picro-albumineux jusqu'à ce qu'on obtienne le même effet que sur l'étalon. Toutefois l'appareil est cher et son emploi réclame d'excellents yeux.
Le réactif picro-acétique, que nous avons mentionné, est excellent pour la recherche de l'albumine, et si ron a la précaution de le chauffer un peu avant d'y faire tomber l'urine albumineuse, il n'y a aucune erreur possible. {Note fournie par àf. Esbach.)
{i) Albuminimètre de AI, Potain, — Le principe en est fort ingénieux. Si, dans l'eau PICOT. 11. — 39
610 LES GnANDS PROCESSUS MOilRIDES.
En (Icfinilive le procédé certain pour doser ralbuinine est le procédé par pondération. Apres avoir lillré l'urine et l'avoir acidifiée préalablement, on la traite par la chaleur, ou bien encore par l'acide phénique (Méhu), puis on verse le tout sur un filtre pesé d'avance. Le filtre et le précipité qu'il contient sont ensuite lavés i Teau chaude, à l'alcool et à l'éther, pour enlever les matières colorantes, les matières grasses et l'urée, et l'on dessèche à l'éluve le filtre et le précipité. Une nouvelle pesée après dessiccation, en s.oustrayant le poids du filtre, donne le poids de l'albumine. Cependant, si l'on veut avoir un résultat plus précis, il est nécessaire de brûler l'albumine, car le précipité contient toujours quelques sels.
Dans c'es derniers temps, Roberts (1) a proposé pour le dosajre de l'albumine une nouvelle méthode applicable à la clinique. Elle repose sur les principes suivants : Qiiand une solution d'albumine précipite par l'acide azotique, si on dilue cette solution dans l'eau, il arrive un moment où l'acide n'y détermine plus de précipité. La quantité d'eau nécessaire est en rapport direct avec la proportion de l'albumine ; d'où celte conclusion qu'il est possible de doser l'albumine par la quantité d'eau nécessaire pour empêcher tout précipité par l'acide. D'un autre côté, quand la proportion d'albumine est minime, si, au moment où l'on ajoute l'acide, il ne se forme pas de trouble, il arrive que ce trouble apparaît au bout d'un temps plus ou moins long. L'auteur prend pour le zéro d'une échelle albuminimétrique un degré de concentration de la solution tel que, par l'addition de l'acide, il ne se produit pas de trouble en ,']0 secondes, mais où il en apparaît un en 45 secondes. Il considère comme un degré d'albumination la concentration d'une solution telle qu'il faut ajouter, pour la ramener au zéro, 5 centimèlres cubes d'eau; de sorte qu'une urine qui réclame, pour être amener au zéro, 500 grammes d'eau, par exemple, est dite au centième
chatiiie houillanto, on fait tomber goutte à goutte de Turinc albumineuse, il se fomi<> un troul)lo, un nuage; ci$i derrière le tul>e dont on se sert est placé un fia fU métallique. celui-ci, regarde au travers du nuage, semble augmenté d'épaisseur. Prenez maintenant un autre tube dans lequel se trouve une lame de verre opale dans de l'eau pure, regardez également le fil au travers de ce tube étalon ; le phénomène obser\'é tout à rtieure reparaît. Donc il faut verger de l'urine albuniineusc dans le tube à eau chaude jusqo* ce que le fil soit semblable des dcu\ côtés. L*urinc est versée à l'aide d*uiie burrtie graduée, et d'après la i|uantité employée, on lit sur une table le titre de U tokition eu expérience.
1 1 • Robert<i, On the e$timation of albumen in urine by a new méthode mi^pled fot dinicml ute {The LanetU 1^76;.