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ANÉMIE. NÉVRALGIES ANÉMIQUES

Comme lesanesthésies, les hyperesthésies peuvent se montrer chez les anémiques. Elles consistent dans une exaltation de la sensibilité qui va jusqu'à produire la douleur dans la majorité des cas. On les voit frapper la plupart des tissus et des organes de l'économie. La peau, les muscles, les nerfs, les articulations, les membranes muqueuses, les organes internes peuvent en être atteints. Ces hyperesthésies se locahsent sur un seul tissu dans une même région , ou bien envahissent plusieurs tissus.

Ladermalgie ou hyperesthésie cutanée est assez rare ; quand elle existe, elle est caractérisée par des douleurs siégeant dans les extrémités périphériques des nerfs et ne suivant pas le trajet des cordons nerveux. Ces douleurs sont exagérées par le moindre contact. On l'obsen^e soit sur la tête, soit sur le tronc, soit sur les membres. Souvent on la voit atteindre la peau de la mamelle, plus spécialement à gauche, et gagner ensuite toute l'épaisseur de cette glande. Son invasion est habituellement brusque, ainsi que sa disparition qui coïncide quelquefois avec l'établissement d'une anesthésie consécutive.

Les myosalgies s'observent plus rpécialement dans les muscles dont le fonctionnement est constant, notamment, comme le dit M. Sée, dans ceux qui maintiennent la rectitude du tronc. Les muscles delà nuque, du dos, du thorax, de l'épigastre, des lombes en sont donc plus particulièrement atteints. Viennent ensuite, par ordre de fréquence, les muscles de l'abdomen, ceux des fosses iliaques, les muscles des membres inférieurs, puis ceux des membres supérieurs. Les douleurs musculaires siègent dans le corps des muscles et se propagent jusqu'à leurs insertions ; elles sont exagérées par la pression, par le mouvement et les contractions des muscles atteints; elles varient depuis un simple engourdissement jusqu'à des élancements extrêmement pénibles. Leur cause paraît résider dans une sorte de faligue permanente des éléments musculaires, fatigue due à la diminution des actes nutritifs, à la rétention des principes de désassimilation et peut-être à un commencement de coagulation de la myosine, puisque nous savons que l'arrêt de la circulation dans les muscles est suivi de cette coagulation. Quoi qu'il en soit, il est certain que ces myosalgies sont très-fréquentes chez les anémiques et que les douleurs de dos, désignées sous le nom de rachialgie, celles de la poitrine, pleuralgie, celles de l'épigastre, épigastralgie, qu'on observe chez ces malades,doivent être rapportées ordinairement aux muscles de ces régions et nettement différenciées

des névralgies. Contrairement à celles-ci, en effet, elles s'exagèrent par la pression sur les masses charnues, ne suivent pas le trajet des cordons nerveux et ne présentent pas les points douloureux classiques des névralgies.

Les névralgies que, suivant Romberg, on peut considérer comme le cri de détresse des nerfs implorant un sang plus généreux, sont pour ainsi dire de règle chez les anémiques. Elles peuvent alteîndi*e tous les nerfs de l'organisme, tant ceux de la tète, du tronc ou des membres que ceux des organes internes. On observe donc des névralgies de la cinquième paire, des névralgies cervicales, cervicobrachiales, intercostales, lombo-abdominales, crurales, sciatiques, comme on obsene des gastralgies, des entéralpies, des névralgies ovariques et utérines. Mais, de toutes ces névralgies, les plus fréquentes sont certainement les névralgies trifaciales et intercoslales. Ces dernières siègent plus spécialement du côté gauche. Les plus rares sont les névralgies sciatiques et celles du plexus brachial.

Les hyperesthésies qui, dans une même région, frappent plusieurs tissus à la fois sont plus particulièrement celles du rachiset celles de la tête. La rachialgie, en effet, indépendamment de la douleur musculaire qui la caractérise, est souvent accompagnée d'une hyperesthésie cutanée manifeste et, quant à la céphalalgie, si fréquente chez les anémiques, il me faut vous en dire quelques mots à part.

La céphalalgie des anémiques a des caractères extrêmement variables. Tantôt elle est gravative, générale, s'accentuant cependant davantage au front et dans la profondeur des orbites, absolument comme la céphalalgie des affections fébriles. Tantôt elle consiste en des élancements douloureux accompagnés de battements pénibles et d'une grande hyperesthésie du cuir chevelu. Parfois elle se localise à une moitié de la tête, ou bien à des régions plus limitées encore ;on la voit dans ce dernier cas occuper les arcades sourcilières, le front, les tempes, l'occiput. Enfin elle peut suivre les branches de la cinquième paire et être dans ce cas une véritable névralgie. Ces douleurs de tète sont quelquefois augmentées, quelquefois diminuées par la pression; chez certains sujets, la chaleur les exaspère, chez d'autres, elle les diminue, et les mêmes effets contraires s'observent sous l'influence du froid. Le plus souvent ea réalité la céphalalgie est le résultat d'une myosalgie qui occupe les muscles des sourcils, du front, des tempes ou de l'occiput; mais il n'en est cependant pas toujours ainsi, comme je viens de vous Yith diquer. Il ne faut pas oublier que diverses causes se réunissent cher

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