ANÉMIE. TROUBLES VASO-MOTEUIIS
les anémiques pour la produire. Chez ces sujets, les centres nerveux sont dans un état de nutrition imparfaite, comme les muscles, les Acrfs et la peau elle-même de toutes ces régions. Chez eux la circulation, comme nous le verrons, présente des oscillations fréquentes; il y a des palpitations cardiaques, qui, suivant l'expression de M. Colin (I), changent subitement les conditions de la circulation intra et .extra-cérébrale et exagèrent les pulsations aitérielles. Ces malades ont une excessive susceptibilité nerveuse et sont extrêmement sensibles aux variations de température. Toutes ces causes se réunissent pour déterminer la céphalalgie en question et lui imprimer ces variations de caractère qui la distinguent d'une manière toute spéciale.
Le système nerveux vaso-moteur présente des troubles analogues à ceux du système nerveux général. Les conséquences de ces troubles, qui peuvent porter soit sur les vaso-constricteurs, soit sur les vaso-dilatateurs, sont des diminutions ou des augmentations du calibre vasculaire, entraînant à leur suite des anémies localisées ou des congestions plus ou moins durables.
Les anémies locales d'origine spasmodique sont très-fréquentes diez les malades qui nous occupent; on les voit survenir à la suite des moindres émotions et se montrer dans les régions les plus diverses; l'apparition du doigt mort dont je vous ai parlé jadis en est un exemple. Peut-être faul-il placer ici cette céphalalgie spéciale, le plus souvent unilatérale, accompagnée de troubles du côté des organes digestifs, se terminant par des vomissements et que Ton appelle la migraine. Suivant les observations de Du Bois Reymond (:2), en effet, suivant les recherches de Latliam {S), la migraine est caractérisée à son début par une contraction des muscles vasculaires s'accompagnant d'une diminution du volume de l'œil et de la contraction de la pupille du côté malade. Des phénomènes inverses s'observent du côté opposé. Dans la seconde période, les vaisseaux se reWchent ainsi que la pupille, et c'est alors qu'à Texamen ophthalmoscopique, on peut constater une congestion du fond de l'œil, comme l'a signalé Môllendorf (4). Sous l'influence de ce trouble vasculaire, les douleurs apparaissent, siégeant dans les
<t) Colin « nrt. Céphalalgie du Diction, encycl. des te. méd.
{t) Du Bois- Kcy moud, Zur Kennlniss der Hemicranie {Muller't Arch.j 1800).
j(3) Laihain, the PaUiologtj of sick-liexidache [Brii. med. joum.^ 1873).
(4) Moliendurf, Ueber Hemicranie (Virchow't Arch.y 1866).
extrémités nerveuses de la cinquième paire, et de là partent des irradiations réflexes qui retentissent sur les organes des sens, et sur le pneumogastrique lui-même. Dans certains cas les malades, pendant toute la durée de leur accès, éprouvent des vertiges et Ton peut croire qu'ils résultent alors d'une contraction des vaisseaux encéphaliques analogue à celle des vaisseaux de la face et de la tête.
Les congestions d'origine vaso-motrice s'observent aussi fréquemment, mais plus particulièrement dans la chlorose. Ces congestions sont le plus souvent subites et de courte durée. Elles se montrent i la face principalement, sous l'influence des moindres émotions oa de l'élévation de la température ambiante. On les voit se produire aussi vers les organes internes dans les mêmes circonstances.
Ces congestions d'origine vaso-motrice, quand elles sont trèsintenses et quand la pression qu'elles déterminent surpasse la résistance des vaisseaux capillaires, peuvent être suivies de ruptures de ces vaisseaux et par suite de véritables hémorrhagies. Celles-ci se produisent surtout quand l'anémie a atteint son maximum d'intensité, qu'elle est devenue cachexie et que l'altération du sang, poussée à son degré ultime, a produit une dégénérescence des vaisseaux capillaires. Les hémorrhagies s'observent sur les muqueuses, dans l'épaisseur des muscles et dans Tépaisseur de la peau. Elles ont leur expression la plus intense dans le purpura hemorrhagica^ caractérisé, comme vous le savez, par des taches hémorrhagiques, par des sufl'usions sanguines plus ou moins considérables. 11 serait faux de croire que toujours les hémorrhagies en question sont le résultat d'un trouble de l'innervation vaso-motrice; mais il est certain que souvent elles reconnaissent cette origine et que le purpura lui-même, chez les sujets anémiques, comme l'a étabU M. Courty (I ) peut provenir des troubles neneux.
Il est certaines espèces d'hémorrhagies qui doivent encore être mentionnées ici. Ce sont les sueurs de sang, Vhémalidrosef qui s'accompagne souvent de l'apparition de larmes sanglantes et qui a été bien étudiée par M. Parrot (2). Dans les sueurs de sang, le liquide sanguinolent renferme de nombreux globules rouges et paraît bien s'échapper en réalité par les orifices des glandes sudoripares. Selon loute probahililê, sous l'influence d'une exagération de pression, il se fait des ruptures dans les vaisseaux glandulaires.
(I ) Coarty, Elude sur une expèce de purpura d'originf nerveuxe {Gm. hebd., 1876». (t) Parrot, Elude sur la sueur de sang el les hémorrhagies névropaUiiques {Ciihebd,^ \Hb*3).