‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 135 sur 217 · TOTAL · texte numérisé non relu

TOTAL

Jusoii'à 1 1 mois

D« 1 an à 9 ans

De 20 — à 29 —

De 30 — à 39 —

De 40 à 49

De 50 — à 59 —

De 60 — à (VJ —

De70 — à80— ..

ToUl

(1) Kotlinann, Die Symptôme der Leukàmie^ 1871.

(2) Friedrcich, Virchow'x Arch.^ 1808.

(3) Potatn, Société anatomique, 1861.

(i) Desnos, Union médicale^ 18G8.

(5) Ce tableau est cxlniit de Jaccoud et Labadie-Lagrave, art. LeucocYTHÉMiE du Diction, deméd. et de chir. prat., 1875.

L'influence des professions n'est pas bien établie. Tout ce que Ton peut dire à cet égard, avec Isambert, c'est que la plupart des obserrations ont été fournies par des sujets que leur profession exposait à l'humidité, aux fatigues exagérées et dont la condition était voisine de la misère. Sur les 76 cas recueillis par Mosler (I), il n'y a qu'un seul rentier. Quant à la constitution, au tempérament, il semble qu'ils jouent un certain rôle, puisque la maladie est, en règle générale, l'apanage des sujets chétifs, de faible constitution, débilités par les privations, les fatigues, les excès ou les maladies antérieures. L'alcoolisme n'a pas une influence bien certaine puisque, dans le relevé d'Isambert, sur 73 cas, on ne trouve l'abus des boissons signalé que 6 fois.

La grossesse semble prédisposer à la leucocylhémîe progressive; ce fait n'a rien de surprenant, puisque toute grossesse s'accompagne d'une leucocythémie passagère. La statistique de Vidal (2) montre que, sur 10 cas, la grossesse a été quatre fois le point de départ du mal. Les avortements répétés, les métrorrhagîes abondantes peuvent aussi avoir une certaine influence, comme paraissent le prouver les faits rapportés par Quain (â) et par Mosler (4).

On a parlé aussi du traumatisme de la rate; cette cause a été signalée dans certains cas par Mosler, Wallace (5) et Morax (6). Dos amputés chez qui s'était développée une ostéo-myélite sont devenus leucocylhémiques, cl l'on a pu invoquer le traumatisme de la moelle osseuse comme origine du mal; mais, il faut le dire, ces faits sont loin d'avoir la rigueur scientifique désirable.

En raison de l'influence qu'elle exerce sur la rate, la fièvre paludéenne a appelé de bonne heure l'attention, cl cependant les premiers observateurs semblaient autorisés à repousser cette cause. Sur 20 observations, Bennett n'avait trouvé que trois fois des antécédents de fièvre intermillcnle. Plus tard, toutefois, les faits devinrent plus précis et aujourd'hui, sur 75 cas, les antécédents paludéens ont été constatés seize fois; dans six de ces observations, la leucocythémie a succédé immédiatement à la fièvre intermittente.

(!) Mosler, Zur .Eliohgie der Lfukiimie, {Virehows't Arch.j 1872.) \t} Vidal, De la leucocythémie MpUniquef 1856.

(3) Quain, Med. Times, 1852.

(4) Mosler, loc. cil.

{b) Wallace, Glasgow med. Joum., 1855.

(6) Morax, Leucocythémie par suite de contusion de la rate. {Soc. méd, tiiitte, 1870.)

LECCOCYTHfiXIE. L£SI0?IS I^ITOIIIQUES. 759

Mais, il faut le reconnaitre, dans la lièvre paludéenne, Thypertrophie de la rate est excessivement fréquente, elle est même constante^ et cependant la leucocxlhémie en est rarement la conséquence. On doit en conclure que, si rinfluence paludéenne joue un certain rôle dans quelques cas de leucocythémie, ce rôle est accessoire et que la Cèvre intermittente ne doit être considérée que comme une (^use prédisposante.

Quant aux autres maladies, voici ce que nous savons de leurs relations avec le processus dont il s'agit. Comme antécédents, sur les il cas dMsambert on a trouvé : fièvre t\-phoîde 3, s^-philis 2, blennorrha^ie i, scorbut 1, choléra 1, scrofule 3, albuminurie aiguë 1 , maladie de Bright 1 , intoxication mercurielle I , pneumonie 1 , emphysème 1, bronchite i, phthisie i. hémorrhagies 4, érj'sipèle 1, abcès multiples 1, goitre 1. Vous le voyez, il est impossible de spéciGer, d'après cela, le rôle qu'ont pu jouer ces diverses maladies dans l'apparition de la leucocythémie.

Les lésions anatomiques de la leucocythémie progressive doivent être étudiées et dans le sang, et dans les divers tissus de l'organisme.

Quand on examine le sang leucoc\flhémiq\ie pendant la vie, sans recourir ni à i^anaU-se chimique, ni à l'analyse microscopique, on le trouve déjà modiûé dans ses principaux caractères. A mesure que la maladie fait des progrès, ce sang perd sa coloration normale pour prendre des nuances violacées, violettes, des teintes lie de vin, ou, dans certains cas, une coloration chocolat plus ou moins foncée, une couleur rouge brique plus ou moins brune,' suivant que la maladie est plus ou moins avancée dans son évolution. Etendu en couche mince, le sang ainsi coloré offre des teintes opalines, des reflets légèrement irisés, plus visibles surtout si Ton regarde obliquement la surface du liquide. Au contact de l'air, il reprend encore assez vite sa rutilance; mais alors la teinte rouge est nuancée de violet. Plus visqueux qu*à Télat normal, il donne à la main la sensation d'une substance poisseuse qui est ordinairement attribuée aux leucocytes (ces éléments, vous le savez, sont doués d'une grande viscosité), mais qui, d'après Ch. Robin (1), peut aussi être due aux modifications subies par les principes albuminoïdes et les globules rouges eux-mêmes.

Selon toute probal)ilité, dans les premiers temps de la maladie, le

A\) Ch. Hobin, Humeur* normale* et morbides j 1874

sang lire de la veine se coa$î[uIe comme dMiabitude ; mais plus tard on trouve à la surface du caillot une couenne plus ou moins épaisse. Une coupe pratiquée sur le caillol y démontre trois couches superposées. La supérieure est blanchAtre, peu consistante et (ibrillaire, c'est la couche de fibrine; la moyenne, également blanchâtre ou d'un blanc rosé, a l'aspect grenu, caséeux, c'est la couche de leucocytes; l'inférieure est d'un rouge plus ou moins foncé, c'est la couche des globules rouges. Avec les progrès du mal, le sang perd de plus en plus sa coagulabilité. Au lieu d'un c^iillot réel, on n'obtient plus qu'une masse semblable à de la gelée, dont la couleur se rapproche de plus en plus de la lie de vin ou de la boue splénique.

Le sang défibriné et abandonné au repos dans une longue éprouvette se sépare aussi en trois couches. En vertu de leur densité élevée, 1088, les hématies occupent la région inférieure, au-dessus se trouvent les leucocytes dont la densité varie entre 1050 et 1070 et à la partie supérieure est le sérum. En comparant la hauteur des différentes couches, on peut, comme l'ont fait déjà Donné (1) et Vogel (2), apprécier comparativement la quantité des éléments du sang.

L'examen microscopique, qui peut être si facilement pratiqué pendant la vie, puisqu'il suffit de prendre au malade une goutte de sang, permet de préciser instantanément, pour ainsi dire, la nature du processus morbide. Même en acceptant le rapport physiologique d'un leucocyte sur 300 globules rouges admis par Ch. Robin, on voit que ce rapport est singulièrement modifié dans la leucocythémie progressive (fig. 40). D'une manière générale, on peut dire que le nombre des éléments blancs va s'élevant de plus en plus à mesure que la maladie fait des progrès. Dans les premiers temps, ou dans les cas légers, on trouve I leucocyte pour 20 globules rouges; puis le rapport devient -|^, -^V» "T- ^^^^ '^^ ^^ graves, on a trouvé -p (Mosler (3), 4" (Schreiber (4) ; Yogel (5) a trouvé -|- et Isain-

bert (0) -i-. Ch. Robin (7) dit même avoir observé un cas où le sang contenait 2 globules blancs pour i globule rouge.

(1) Donnt^, Courf de microncopie y 18 ii. (2j Voîfcl, Vircimv'K Arch., 18i9.

(3) Mosler, Die Patholwjie und Tlierapieder Leukamiet 187i.

(4) Sclireibpr, De L^ukamia, 1854.

(5) Vogel, UiC. cit.

(Cl Isambcrt, art. Leucocythémir du Diction, encyrt. des se. mèd., Msu^son, iHOi. (7) Cil. Kobin, art. Lricocytc du Diction, encijcl. des se. méd., iS&J.

LEUCOCYTHÉHIË. ËTAT DU SANG. Ttil

Vous savez que dans )e sang phj'sioioKique oq rencontre les deux rariétés de leucocytes connus sous les noms de leucocytes orclinaires, mesurant en moyeune O^'iOOS ù O^'iOO'.! et de leucocytes

de petit volume mesurant 0""°,00;i à ir^.Wâ. Ces petits leucocytes, gtolnilinf, sont Ircs-rares à l'état normal ; on n'en trouve guère que un ou deux dans le champ du microscope. Or, il est des casde leucocythémic où le nombre des globulins est considérablement augmente (lig. 50). Isanibert, Clache et Itobin (l)onL rapporté l'observation d'un malade dans le sangduquel on trouvait 80 globulinspour 1 leucocyte ordinaire; Vircbow {i) a signalé des cas semblables et, suivant lui, l'augmentation du nombre des globulins se rapporterait

Fie, ÔO. — San^ leiicocythéniit|ue .tvcc préilominancc des gloliulini araiil ut nprt'i le trailoinent p»r Taclde acKliqiin IBuiineUi.

plus spécialement h celle forme de leucocythémie qui s'accompagne de rbypertropbie des ganglions lymphatiques {leucocyllièmîe gatiglioHnaire). Les cas de leucocylbcmie où le nombre des globuUns ne serait pas noLabloment au(;menté appartiendraient, d'après le même auteur, à la leucocythémie coïncidant avec l'hyper-

[l) IsambcrI, Ulachc c( Itobin, Acad. de m«iJ., I8.'>6. [il Vîrchaw. 'u l'allwtogie eetliilaire.

irophie de la rate {lencocythémie spléniqné). Ces vues théoriques ne me paraissent pas être l'expression de la vérité, car il résulte des observations récentes de de Giovanni (1) que Ton peut rencontrer des globulins en grand nombre dans Tune ou Tautre de y ces deux variétés de la maladie. Habituellement les leucocytes ordinaires sont plus gros qu'à l'état normal; il n'est pas rare d'en trouver qui mesurent O"", 01 2, 0-"",013, 0— ,015 et jusqu'à 0",OI8 de diamètre. Quelquefois on les voit aussi chargés de granulations graisseuses; Jœderholm (2), Charcot et Vulpian (3) ont rapporté des observations où cette dégénérescence a été notée; cependant, dans ces cas, tous les leucocytes ne sont pas ainsi altérés ; la dégénérescence peut en atteindre depuis 5 pour 100 jusqu'à 15 et 20 pour 100.

Les globules rouges diminuent de nombre dans la lencocythémie. Tous les auteurs ont signalé cette diminution; mais, jusqu'à ce jour, il est impossible de fixer des chiffres; car, dans les analyses faites au point de vue chimique, les chiffres se rapportant aux globules indiquent ensemble les globules rouges et les leucocytes. Je ne crois pas qu'il faille tenir compte davantage des résultats de numération obtenus par Welcker (4) qui donnent pour quantité des unités globulaires contenues dans toute la masse sanguine des chiffres beaucoup trop faibles et qui, après ce que nous savons aujourd'hui du nombre de globules contenus normalement dans un millimètre de sang, 5,000,000 à 6,000,000, n'ont évidemment aucune valeur. Je ne connais actuellement qu'un seul cas de leucocylhémie où Ton ait compté les hématies; dans re cas, le rapport des leucocytes aux éléments rouges était de —-M.Malassez (.5) a trouvé, au lieu de 4,500,000 qu'il accepte comme chiffre normal, 1,580,000 globules rouges par millimètre cube. Charcot et Vulpian ont vu les hématies leucocylhémiques bien au-dessous des dimensions normales. Klebs (6), Hecklinghausen (7) et, dans

(h ho <fiovanni, Contiibuiione anatomico-clinica alla emalologia (Comment, di meé. # c/iir., IK7i.)

(i) Jac<l(»rliolm, cité parJaccoud et Libadic-Lagravc, art. LEUCOCTTHÉmEdu />ic/tOfi.(if métl. et de chir. ftrat., 1875.

a) Charcot ol Vulpian. ((;ai. Itebd., IHOO.)

(i) Welcker, Ueber Iilutkorf)ercheniaIdung, 1853.

«5) Malnsscz, Progrèx médical^ 1875.

<Cj Klebs, Virdiow's .Irc/i., XXXVIII.

(7) Reckliii^haiisen. cité par Rommclaërc. De la déformation des glotmles ronges et sang, contiibution a l'histoire des affections hémorrhagiques, 1874.

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