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INFECTION AUTOCHTHONE

SOIXANTE-DOUZIÈMK LEÇON

Processus infectieux (suilc). — Infection autochlhonc. — Infections hétérochthoncs. — Infections miasinati(|ues. — Infections contagieuses. — Infections miasinatico-contajjieuses. — Infections virulentes. — Modes de développement des infections. — Classification des infections d'après leur mode d'origine.

Messieurs,

L'élude (Je la septicémie expérimenlalenousa montré qu'il existe des maladies caractérisées par des lésions primitives du milieu intérieur, capables de se développer sous Tinfluence de doses extrêmement faibles d'agents jouant le rôle de germes pour ces maladies, et pendant lesquelles le sang, les humeurs et même les tissus des sujets atteints acquièrent la propriété de reproduire ces mêmes maladies à des doses infinitésimales. Vous allez le voir; dans les infections, au moins pour la plupart d'entre elles, nous retrouvons précisément ces divers caractères.

Voyons d'abord quel est le mode d'apparition des maladies infectieuses chez l'homme. Quand on étudie ce mode d'apparition, on se trouve d'emblée en face d'un certain nombre de faits dont les exemples suivants retracent les types principaux :

Un sujet est porteur d'une lésion anatomique d'origine externe ou interne et de nature inflammatoire. Cette lésion est une plaie exposée au contact de Tair, ou bien un abcès situé dans les profondeurs de l'organisme et sur lequel par conséquent l'air n'a pas d'accès. Le milieu dans lequel vit ce sujet est dans des conditions parfaites de salubrité; dans le voisinage il n'y a pas de malades d'aucune sorte. Tout à coup ce sujet est pris de frissons, de fièvre ; il présente tous les signes caractéristiques de cette maladie désignée sous le nom de scplico-pyolcémie. L'infection s'est développée chez le malade lui-même, sans que ni le contact de malades analogues, ni la respiration d'un air insalubre, ni l'usage de boissons ou d'aliments malsains aient pu lui apporter le principe de son mal; il s'agit d'une infection aulochthone dont l'origine doit être cherchée exclusivement dans l'organisme malade.

D'un autre côté, un sujet porteur d'une plaie cl cependant en bonne santé jusque-là, se trouve placé dans un milieu où règne une maladie infectieuse, dans une salle d'hôpital où régnait la seplicopyohémic; et, après un certain temps, contractant la maladie à son tour, il succombe le plus souvent. L'infection résulte alors d'une cause extérieure au sujet; son principe a été puisé probablement dans l'air de la salle d'hôpital; il s'agit d'une infection hétérochlhone.

Les infections hétérochthones sont les plus nombreuses ; elles reconnaissent un certain nombre de modes producteurs. Tantôt le principe infectieux est puisé dans le milieu extérieur où il s'est développé, dans le sol, dans l'air ou dans les eaux. Dans ce cas, Tinfeclion est dite miasuuitiqiie et l'agent infectieux est connu sous le nom de miasme. Tantôt le principe infectieux est primitivement élaboré dans d'autres organismes; il en a été ensuite éliminé et s'est transmis d'individu à individu ; l'infection est alors contagieuse et Tagent infectieux prend le nom de coulage. Des exemples trèsnets de ces deux sortes d'infections nous sont fournis par la fièvre intermittente et la syphilis. On sait, en effet, que l'agent infectant des fièvres intermittentes se forme dans le milieu extérieur, dans le sol des régions marécageuses selon toute probabilité, qu'il est transporté par l'air et que jamais le contact d'un fébricilant ne commo* nique la ûèvre intermittente. On sait aussi que Tagent infectieux de la syphilis est élaboré dans l'organisme humain, que jamais il n'est transporté par l'air ambiant et que l'on ne contracte la maladie qu'à la suite de rapports intimes avec les sujets qui en sont atteints.

Il est des agents infectieux qui peuvent être à la fois des miasmes et des contages, et les infections qu'ils produisent sont par le fait miasmatico-contagietises. En effet, le choléra, la fièvre jaune se développent sous l'influence de certains états telluriques et climatériqucs; de plus ces maladies se transmettent par contagion d'individus à individus. Il est donc certain que, pendant ces maladies, comme pendant la septicémie, l'agent infectieux se multiplie dans les oi'ganismes atteints, et qu'une fois éliminé, il peut agir sur d'autres organismes. Les typhus obéissent probablement aux mêmes lois. Ces maladies différent des maladies miasmatiques vraies en ce que, dans ces dernières, l'agent infectieux épuise son action sur l'individu primitivement atteint, sans pouvoir frapper ultérieurement d'autres sujets; c'est le cas de la fièvre intermittente dont je vous parlais.

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