‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 15 sur 217 · DIABÈTE. SUCRE ANIMAL · texte numérisé non relu

DIABÈTE. SUCRE ANIMAL

Or, messieurs, c'est la glycose seule qui, à l'état permanent, existe dans l'orfomisme animal. C'est elle qui se rencontre dans le foie; c'est elle qui, sous le nom de sucre de diabète, passe dans les urines- La saccharose ne se trouve dans l'économie que d'une manière accidentelle. Son séjour y est de courte durée. Apportée par les voies digestives, elle est rapidement transformée en glycose et en lévulose qui sont versées ultérieurement dans le sang. Jamais elle n'existe dans le milieu intérieur et, lorsqu'on Ty introduit directement, elle est rapidement expulsée par les urines.

L'expérience suivante de Cl. Bernard démontre parfaitement la réaliU} de ces faits. Chez un animal on fait, dans le tissu cellulaire, une injection avec deux grammes de sucre de canne dissous dans «inq centimètres cubes d'eau. On cherche ensuite le sucre soit «lans le sang, soit dans les urines, et Ton voit que ce sucre se maintient sans modifications dans le liquide sanguin et qu'il est rejeté semblable à lui-même dans l'urine. Pour le déceler il suffît de traiter les humeurs par l'acide sulfurique qui transforme le sucre d»? ranne en glycose facile à démontrer ensuite à l'aide d'un sel de cuivre.

Li méthode d'analyse qualitative et quantitative du sucre doit vous être connue avant d'aborder l'étude de la circulation intraorganique de ce principe. De nos jours le réactif cuivrique dont on se sert est en solution dans la potasse ou la soude. C'est la liqueur de Barreswil ou de Fehling que l'on emploie. La liqueur de Fehling qui est préférable ne renferme que peu de potasse. C'est elle qui donne les meilleurs résultats. En voici la formule :

Sulfate «le cuivrcî 3GçM0

Sel ilr» s«;i-rielte âOOb'r

Lessive «le soude (ii» B.) 300 coul. cub.

Le réariif est titré de façon à ce que 1 centim. cube de cette liqueur bleue soit complètement décoloré et que l'oxydule de cuivre en soit totalement précipité par 5 milligrammes de sucre. b" procédé d'analyse est des plus simples. Le liquide à analyser en plaré dans une pipette graduée en centimètres cubes, suspendue *:lle-inème au-dessus d'un petit ballon dans lequel 1 centim. cube <lela liqueur de Fehling, étendue d'une solution de soude, est maini^.nw à rébullition. La pipette se termine par un ajutage de caout- ^•liûuc portant un fin tube de verre, de façon à ce qu ou puisse, au moyen d'une pince à pression fixée sur le tube de caoutchouc,

régler l'écoulement (lu liquide. Avant d'établir cet écoulement, on lit sur la pipette le niveau du liquide qu'on laisse ensuite tomber très-lentement dans le réactil bouillant, jusqu'à ce que sa décoloration soit complète. On lit encore le niveau dans la pipette et la différence entre les deux chiffres successivement constatés indique le nombre de centimètres cubes du liquide qui renfermait 5 milligrammes de sucre. A l'aide d'une simple proportion on sait alors la quantité de sucre contenue dans 100 centimètres cubes de ce liquide.

Quand on veut rechercher le sucre dans des liquides tenant des principes albuminoïdes en solution, tels que le sang, la décoction du foie, le meilleur procédé pour séparer ces principes qui gênent la démonstration du sucre est le suivant. Il appartient à Cl. Bernard. On pèse le sang extrait des vaisseaux, puis on ajoute un poids égal de sulfate de soude en petils cristaux que l'on mélange au sang. On fait cuire ensuite à feu nu, en évitant de brûler le mélîinge. 11 se forme alors un caillot noir nageant par fragments dans un liquide incolore et limpide, privé d'albumine. Ce liquide renferme le sucre dans une dissolution de sulfate de soude qui ne gène en rien sa démonstration.

Pour étudier la circulation du sucre dans l'organisme une première question se pose à notre examen. Existe-t-il du sucre dans le sang à l'état physiologique? Jusqu'en 1847, époque des premières et mémorables découvertes de Cl. IJ^^rnard, cette question de chimie physiologique était restée non résolue. Sans doute Dobson (1), Nicolas et Gueudeville (2), Rochoux (3) soupçonnent la présence du sucre dans le sang des diabétiques etAmbrosiani (i), Mac-Grégor (5) le démontrent chez les mêmes malades; mais il s'agit là d'un fait pathologique. Sans doute aussi Bouchardat (0) et Magendie (7), en se guidant sur les travaux de Tiedemann et Gmelin (8), qui

(1) Dobson (Malthcwj, Esperiments and observât, on the urine in a diabètes^ 1775. (!f.i Nicolas et Gueudeville, Recherches et exitèriences médicales et chimiques sur le diabète sucré ou la phthisurie sucrée^ 1803.

(3) Rochoux, Art. Diabkte du Diction, de méd.^ 18^3.

(4) Ambrosiani, De l'existence du sucre dans les urines et dans le sang des diabétiquei. (Journ. de chimie médicale, 183G.;

i'i) Mac-(iregor, An expérimental inquinj into the comparative state of urea, etc.,

(6) Bouchardat, Revue médicale, 1839.

(7) .M:igendie, Comptes rendus, Acad. des se., I8i6.

(8) Tiedtriiianu et Giuelin, Recherches expérimentales sur la digestion, trad. de Jourdan, 18i7.

avaient trouvé du sucre dans l'intestin et le chyle d'animaux nourris de féculents, constatent la présence de ce principe dans le sang normal, après une alimentation amylacée; mais cette présence du sucre dans le sang reste limitée aux cas où l'alimentation introduit dans les voies digestives des substances féculentes qui se transformaient en sucre sous l'influence des humeurs de la digestion. Les travaux de Cl. Bernard vinrent modifier ces idées et établir qu'il existe toujours du sucre dans le sang à l'état physiologique et que l'organisme animal est susceptible de fabriquer du sucre par lui-même. Celte notion nouvelle fut attaquée violemment; elle renversait la doctrine régnante admettant une opposition complète entre les phénomènes chimiques qui se passent chez les végétaux et chez les animaux, et voulant qu'aux premiers appartiennent les actes de formation des principes immédiats et aux seconds les actes d^oxydation ou de destruction de ces mêmes principes. Cependant les faits de Cl. Bernard étaient précis, comme vous allez le voir.

Sur un chien en digestion de viande, si l'on recueille du sang de l'artère carotide et du sang de la veine jugulaire et qu'immédiatement on pratique sur les deux sangs les opérations chimiques nécessaires à la démonstration du sucre, on voit que ces liquides réduisent le réactif cupro-potassique et font apparaître le précipité rougeâire d'oxydule de cuivre. D'un autre côté, sur un chien à jeun depuis quatre jours, on prend de même deux échantillons de sang et, de même encore, le réactif décèle la présence du sucre dans ces deux échantillons. Enfm, sur un animal soumis à une abstinence altsolue, l'analyse du sang faite tous les jours, jusqu'au moment de la mort, montre l'existence du sucre dont la proportion toutefois diminue de plus en plus vers les derniers moments. Ces expériences >ont très-remarquables; elles prouvent, en efiet, que le sucre existe dans le sanjr à l'état physiologique; elles prouvent, de plus, que sa l^ivsence n'est pas liée à l'alimentation féculente, ni même à l'alimentation ; puisque, chez des animaux à jeun ou à l'état d'abstinence complète, on retrouve toujours ce principe dans le liquide s-inguin. Elles furent du reste confirmées par les travaux de Lehm:mn (1), de Schmidt (2), de llarley (3) et de nombreux autres :iul»uis. Chez l'homme la présence du sucre dans le sang est un fait

Il Uhmann, L'nter$uchungen ûber die Constitution des Bluts verschiedefier Gefàssô v/i4 Zuckergehalt denelhen im hesondere, 1855. t >cbmidt, Characteristik der epidemischen Choiera, 185(). '•*! Harley. (M the saccharine function of the liver^ i860.

<Hal)li depuis Cl. Bernard. Mais il esl imporlant de savoir que, dans la pratique de ces analyses, il faut procéder immédiatement après l'extraction du sang. Comme Ta montré notre Ji^rand physiologiste, on effet, si après la saignée on abandonne le sang à lui-même en remettant Texpérience à plus Uird, le sucre, surtout si la tempéraluie se rapproche de celle de l'organisme, se détruit Irès-vite. Au conlact des matières albuminoïdes du sang, il se transforme par voie de fermentation alcoolique ou lactique et finit par disparaître. Ce premier fait est donc établi : le sucre est un élément consli' tuant normal du sang. Voici les chiffres qui représentent la quimtité de sucre contenu dans le sang total (mélange de sang artériel et de sang veineux) chez différents animaux. J'y joins le chiffre du sang de la saignée ordinaire chez l'homme sain (1).

SUCRE bU SANG.

Homme 0,9() p. lOUD

Riruf. 1,-7 »

• Veau U/JO

Cheval 0,91 »

Mouton 0,5() »

Marsouin 1 ,20 »

Squale 0,5 1 •»

Poule 1 ,44 ■

11 est imporlant de savoir quelle est Tinlluence exercée sur le sucre hémalique par certains états soit physiologiques, soit pathologiques. Cl. liernard a montré que l'alimentation n'agit que trèspeu ici. La qualité, féculente ou non, des aliments ne modifie guère les proportions du sucre. Même pendant l'inanition, la quantité de sucre du sang ne diminue pas dims les premiers temps, elle augmente au contraire légèrement ; mais, si l'inanition est poussée très-loin et jusqu'à la mort, on voit la proportion de sucre diminuer et ce principe disparaître même. Les maladies exercent une inihience notable sur la quantité de sucre dans le sang. D'après Cl. Bernard, les infiammations simples diminueraient beaucoup la proportion de sucre, tandis que les maladies infectieuses ne la modifieraient pour ainsi dire pas. Pendant l'asphyxie et les dernières périodes de l'agonie le sucre semble disparaitre également.

Dans les artères, la proportion de sucre se maintient généralement constante depuis l'aorte jusqu'aux capillaires généraux; mais

(1; (X Dcrnard, Le sang et la glycémie. (Revue icientifique, 1874.)

le sang veineux, qui a traversé le réseau des capillaires, ne renferme plus une quantité aussi grande de sucre que le sang artériel. 11 est donc évident qu'en traversant le système capillaire le sang perd une certaine quantité de son principe sucré. Les tableaux suivants sont confirmatifs à cet égard ; ils donnent :

POUR LE MEMBRE SUPÉRIEUR (artère ct veine axillaires).

Sanf artériel. Sanç veinenx.

1,20 p. JOOO 1,09 p. 1000

POUR LE MEMBRE LXFÉRiEUR (artère et veine crurales).

Sanfr artériel. Sang veineux.

1« Exp. 1,45 0,73

2« Exp. 1,51 1,39

3« Exp. 1,25 0,99

POUR LA TÊTE (carotide et jugnlaire).

Sang artériel. Sang veineux.

!• Exp. 1,10 0,67

2o Exp. 1,10 0,83

3« Exp. 1,51 0,95

POUR LE TRONC Al-DESSOUS' DU FOIE.

Aorte. Veine cave inférieure.

Donc la porportion de sucre dans le sang artériel reste constante; elle est en moyenne de 1,25 pour 1000 et le sang veineux des membres, de la tétc et de cette partie du tronc située au-dessous du foie renferme moins de sucre que le sang artériel.

Cette notion de la disparition du sucre pendant le passage du sang à travers les capillaires généraux et de la conservation de sa proportion dans le sang artériel nous montre la nécessité de la restitution <kce principe au liquide sanguin dans un point quelconque de son Irajet. L'analyse du sang dans le cœur droit et dans le cœur poche donne les résultats suivants :

SAlfG DANS LES DEUX COEURS.

Cceur «Iroil.

Cœur gauche.

1« Exp.

2» Exp.

3e Exp.

Ils prouvent que, pendant son trajet dans la veine cave inférieure et dans la veine cave supérieure, le sang a dû gagner une grande

quantité de sucre. Or, vous le savez, la veine cave supérieure a reçu la lymphe provenant du canal thoracique et de la grande veine lymphatique; et il pourrait se faire que l'apport de sucre fût dû à la lymphe elle-même qui est un peu plus sucrée que le sang. L'analyse du sang dans lu jugulaire, dans la veine cave supérieure et dans le cœur droit montre qu'il n'en est rien, puisqu'elle donne les proportions ci-dessous :

Veine jugulaire 0,91

Veine cave supérieure 0,90

Cœur droit 1 ,25

C'est donc dans la veine cave inférieure que se fait le nouvel apport de sucre au sang. En constatant la quantité de 0,54 de sucre dans la veine cave inférieure au-dessus des veines rénales et celle de 1,12 au-dessus du diaphragme, on peut dire qu'il existe dans cotte région un point où le sucre augmente tout à coup. Ce point est l'embouchure des veines sus-hépatiques. Comme il résulte, en effet, des expériences de Cl. Bernard, comme Tont prouvé les recherches de Lehmann (1), de Schmidt (2), de Poggiale (S) et de Lecomte (4), le sang des veines sus-hépatiques renferme toujours de grandes quantités de sucre. Si l'on fait ensuite l'analyse du sang de la veine porte, on voit qu'à la vérité, dans les cas de digestion de matières sucrées ou féculentes, mais seulement dans ces cas, ce sang contient du sucre; tandis que, chez les animaux nourris de viande ou soumis à l'abstinence, il n'en renferme aucune trace. Cette constatation est démonstrative au premier chef. Elle prouve que, dans le foie, il se forme du sucre et que, pendant son passage à travers la glande hépatique, le sang se charge de ce principe.

Mais d'où vient le sucre en question? La constatation faite plus haut de la présence du sucre dans le sang de la veine porte pendant l'alimentation féculente ou sucrée, celle de Tabsence de sucre dans le momc vaisseau pendant l'alimentation à la viande et pendant l'abstinence permettent d'alïirmer que le sucre hémalique a une double origine. Il peut venir de l'alimentation. Il peut venir du foie lui-même.

Vos études de physiologie vous ont appris que les aliments fécu*

(l> Lehmann, loc. rit.

(i) Srhniidt, loc. rit.

i'S) Po;:giale, (Jritjine du xitrre dans l'économie animale. (Acad. de mêd.y 1855.)

d} Lccomie, Uecherches sur la fonction ghjcogénique du foie. (Acad. det «c., ÏS5S.)

lents subissent, en parcourant les différents départements du tube digestif, des transformations qui les font successivement passer de rétat d'amidon à Tétat de dextrine, puis à Tétat de glycose, et qui, d*insolubIes qu'ils étaient, les rendent parfaitement solubles et propres à l'absorption. Les fécules cuites ou hydratées commencent déjà n se transformer dans la bouche sous l'influence du ferment soluble de la salive; les fécules crues ou même cuites de la pomme de terre et des légumes ne sont modifiées que dans l'intestin, au contact du suc pancréatique et des sucs intestinaux. En dernier ressort c*est du sucre incristallisable qui se forme, de la glycose, CH"0'', sucre semblable à celui du sang. Il se produit donc dans ce cas une modification de l'amidon analogue à celle que l'on peut obtenir dans les laboratoires en traitant cette substance par Tacide sulfurique et cette modification se fait au contact des ferments diastasiques du tube digestif.

Mais l'alimentation peut encore introduire dans les voies digeslives du sucre cristallisé, du sucre de canne ; et cependant, je vous fai dit, jamais, à l'état physiologique, on ne trouve cette espèce de sucre dans le sang.

bans les laboratoires, au moyen des acides, il est possible de transformer le sucre de canne, C**H**0*S en sucre interverti^ mélange à parties égales de glyœse et de lévulosey espèce de sucre qui dévie à gauche la lumière polarisée. Se passe-t-il quelque chose d'analogue pendant la digestion? Les expériences de CL Bernard ont résolu *ette question. Etudiant sur le sucre de canne l'action des glandes ^ali^-aires, du pancréas, des muqueuses buccale, œsophagienne, >tomacale; étudiant de même celle des liquides digestifs fournis par ces différents organes, il a prouvé qu'elle était nulle et que le sucre en question, mis en contact avec ces différents organes ou leurs produits, restiiit à l'état de sucre de canne. Au contraire le suc du petit intestin, depuis le pylore jusqu'au coecum, transforme le sucre de ^•anne en sucre interverti. Il renferme donc un ferment, appelé par Cl. IJernard ferment inversify susceptible d'agir comme le suc pan- '■n'alique agit sur l'amidon.

Provenant de la digestion des féculents ou de celle du sucre de unne, la jrlycose passe dans la veine porte qui la verse dans les <^pillaires hépatiques. Mais il est à remarquer ici que les analyses portant sur le sang pris au delà du foie, dans les veines sus-hépatiques, dans la veine cave inférieure, décèlent sensiblement toujours une même proportion de sucre, tandis que le sang de la veine

porte contient des proportions variables de celte substance suivant fe moment de digestion ou de non-digestion où se fait l'analyse, suivant aussi la nature de falimentation. La conclusion de Cl. Iternard apparaît donc dans toute son évidence : « Le foie est un organe qui équilibre les proportions de sucre versées dans le sang. » L'expérimentation du reste le démontre. Si, dans la veine jugulaire d'un chien, on injecte 10 grammes de glycose en dissolution dans 30 grammes d'eau, la propoition devient trop forte dans le sang cl le sucre passe immédiatement dans les urines. Au contraire, la même injection étant faite dans une branche de la veine porte, les urines ne contiennent pas de sucre. Le foie a donc joué le rôle d'une véritable barrière; il a empêché le sucre de passer trop rapidement dans le sang. L'oblitération de la veine porte, qui force le sang chargé des produits digestifs à suivre une autre voie que celle du foie, donne une nouvelle démonstration de cette fonction hépatique. Chez des chiens ayant subi cette opération et nourris avec des féculents ou avec du sucre de canne, on voit la matière sucrée apparaître promptement dans les urines. Toutefois ce rôle de barrière que possède le foie par rapport au sucre n'est pas absolu. Lorsque, par l'alimentation, on fait pénétrer de grandes quantités de sucre dans la veine porte, la barrière hépatique est, pour ainsi dire, forcée, et l'excès passe bientôt dans les urines. J'insiste près de vous, messieurs, sur ces points spéciaux de la physiologie du foie; ils nous serviront dans notre étude du processus diabétique.

Chez les animaux nourris de viande, vous ai-je dit, le sang renferme également du sucre; et cependant le sucre ne vient pas de l'alimentation. II ne se forme pas davantage pendant la digestion, puisque, après avoir donné de la viande à un animal, si l'on examine le contenu de l'estomac, celui de l'intestin, on n'y trouve aucune trace de sucre. Il ne se forme pas dans les branches d'origine ou dans le tronc de la veine porte; je vous ai montré que le sang de ce vaisseau ne contient pas de matière sucrée dans ces circonstances. C'est donc dans le foie qu'il se produit.

L'expérience directe le prouve d'une manière péremptoire. Un animal est sacrifié à l'état de santé parfaite. On prend un morceau du foie, on le broie, puis on le fait bouillir dans de l'eau après avoir ajouté, pour retenir les matières colorantes, une petite quantité de charbon animal. On filtre ensuite et la liqueur examinée à l'aide dn réactif de Fehiing contient une forte proportion de sucre. Li même opération, faite sur les autres organes tels que les reins, la

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rate, le poumon, le cerveau ou les muscles, ne donne pas la réaction de la présence du sucre. Le sucre dont il s'agit fermente rapidement, il dévie à droite la lumière polarisée, il se colore en brun au contact des alcalis; il a tous les caractères de la glycose. La fonction glycogénîque du foie est donc un fait réel ; elle se retrouve dans toutes les espèces animales et chez l'homme. Cependant il importe de savoir que la présence du sucre chez l'homme est difficile à constater; et les recherches faites aux autopsies dans ce sens donnent presque toujours des résultats négatifs. Cl. Bernard insiste avec raison sur ces faits. Il établit que, pendant les maladies, et dans les derniers temps de la vie, le sucre cesse de se former dans le foie. De plus, comme les autopsies ne se pratiquent qu'après il heures, le sucre du foie, sous l'influence de la putréfaction commençante, se transforme rapidement en acide lactique et en d'autres produits et ne peut plus être décelé. Les expériences faites sur les suppliciés ou chez les suicidés ont toutefois démontré péremptoirement la fonction glycogénique de la glande hépatique.

liais comment le sucre se forme-t-il dans le foie? Schmidt le premier fournit une explication du phénomène. 11 prétendit que le socre était le résultat du dédoublement des matières grasses. Ayant remarqué que le sang de la veine porte renferme beaucoup de fibrine tandis que celui des veines sus-hépatiques est très-pauvre de cette matière, que le sang de la veine porte contient peu de sucre tandis que celui des veines sus-hépatiques en est très-chargé, Lehmann en conclut qu'il y avait corrélation entre les deux phénomènes et que, dans le foie, le sucre était formé aux dépens de la fibrine. Frericlis (1) enfin, en acceptant la formation du sucre par le? matières albuminoïdes dans le sang, supposa qu'il s'agissait d'un dédoublement de ces matières en sucre et en urée pondant le passage du sang à travers le foie. Par sa célèbre expérience du lavage in foie. Cl. Bernard renversa toutes ces hypothèses. En faisant passer à travers les vaisseaux hépatiques une gi'ande quantité d'eau qui enlevait tout le sang, jusqu'au moment ou le liquide ne renfermait plus de sucre, puis examinant ensuite le foie après un cçrtain temps et y démontrant de nouveau du sucre, cet auteur prouva que la glycogénie ne reposait pas sur une transformation d'un des éléments du sang, mais qu'elle avait réellement son siège dans le tissu propre de l'organe. Plus tard l'illustre physiologiste, en traitant par

lit Frerîchs, Wagnefi Handworterhuch der PhyUologie, III.

8i LES GRANDS PROCESSUS MORBIDES.

l'alcool la décoction opaline que l'on obtient avec le foie, en relira une substance très-analogue à l'amidon végétal et dont la formule chimique, déterminée par Pelouze, est C*»II»'0*' + 2110. C'était la matière formatrice du sucre dans le foie, aussi lui donna-t-il le nom de matière glycogèiie. C*est elle qui a reçu les noms divers iVinuline (Schifl), de zoamy/iw^ (Rouget) et d'hépatifie (Pavy). Cette substance, au contact des ferments diastasiques, se transforme, en effet, en dextrine et en glycose. Au point de vue chimique, elle trouve sa place entre l'amidon et la dextrine et donne avec l'iode une coloration violette tirant sur le rouge sangdragon.

Dans le cas d'alimentation par les féculents ou par du sucre, la matière glycogène paraît être formée à l'aide de la glycose apportée au foie par la veine porte. Les faits qui semblent démontrer la réalité de cette transformation sont les suivants : chez les végélaux oa rencontre des graines qui, riches en sucre dans les premiers temps de leur évolution, se chargent tout à coup d'amidon; l'apparition d'amidon coïncide alors avec la disparition du sucre. Chez les ani* maux l'alimentation féculente augmente beaucoup la proportion de la matière glycogène dans le foie. Les expériences de ligature de la veine porte prouvent que le sucre ingéré dans l'intestin et non arrêté par le foie passe rapidement dans les urines. Quand la veine porte est perméable, ce sucre disparait pendant son passage à travers le foie ; il se forme alors de la matière glycogène en grande abondance. Dans ces cas le foie emmagasinerait donc le sucre sous forme de glycogène, puis transformerait ensuite cette matière glycogène en sucre, pour le verser lentement dans le sang. Telle serait, d'après Cl. Bernard, l'origine de la matière glycogène dans le cas d'alimentation féculente ou sucrée et celte doctrine a été appuyée par les expériences de Rouget (1), de Pavy (2), de Tscherinov\' (3), de Dock (4), qui tous ont constaté l'augmentation de la matière glycogène du foie après Tingestion de sucre dans l'estomac. Cependant Weiss (5) ayant fait voir que l'absorption de glycérine augmente, de même que l'absorption du bucre, la quantité de ma-

(\f Roup;t, Des substances amijloides; de leur rôle dans la constitution des tissus motij, I8Ô9.

(i} Pavy, Proceedings of the ï\o*fal Soc., 1858.

(3; Tschfriiiow, Zur Lehre von der Zuckerhamruhr (Med. cent. BlatL^ 1867) et Zwr Lehre von dem Diabètes mellitus, 18C'J.

(\) Dock, Veber die GUjcoijenbddung in der Leber und iltre Deûehung ium DiabeUSf

(5) Wei>«, Siti. der K. Akad. d. Wiss., 187X

DIABÈTE, FONCTION GLYGOGÉNIQUE. 85

lière {rlycogène dans le foie, en avait conclu à la non-transformation en celle matière du sucre ou de la glycérine ingérés. Pour cet auteur, le sucre et la glycérine, versés dans le sang par la veine porte, se brillent rapidement dans ce liquide eu égard à leur grande affinité pour Foxygène. Il en résulte que, pendant leur combustion, la matière glycogène qui, transformée en glycose, aurait dû être versée dans le sang pour y être bràlée, reste dans le foie à son état priroitif et s'y accumule. Le sucre et la glycérine ingérés seraient donc en réalité, d'après cette vue , des agents d'épargne de la matière glycogène du foie.

tietle théorie de Weiss, connue sous le nom de théorie de Véparjiie, a été fortement attaquée et n'a pu se maintenir. Luchsinger (1), en eflet, a démontré expérimentalement qu'il est nécessaire, pour obtenir Faugmentation de la matière glycogène dans le foie, de faire pifnétrer, soit le sucre, soit la glycérine, par la voie stomacale. L'absorption sous-cutanée de ces substances n'augmente pas le glycogène hépatique et cependant il devrait s'emmagasiner pendant que brûlent dans le sang la glycérine ou le sucre. De plus, Tingestion dans restomac d'autres substances trùs-avidcs d'oxygène, telles que les graisses, l'acide lactique, les tartrates alcalins, n'augmentent pas Li proportion de glycogène dans le foie. Luchsinger croit donc <|ue le sucre, dans le foie, se transforme directement en glycogène en perdant de l'eau, et que la glycérine passe d'abord à l'état de sucre, puis ensuite à l'état de glycogène. Les recherches récentes iutes par IL Pink (â) et Heidenhain (3) semblent montrer la né- «.^rssité de l'action préalable de l'estomac sur le sucre pour que celuici puisse subir sa transformation amilacée dans le foie. Cependant la question n'est pas encore jugée, car Goldstein (4) a obtenu des résultats tout opposés. Je dois enfin vous dire que tout récemment Vulpian (5) a admis que le sucre et la glycérine, au lieu de se tfanstormer en matière glycogène, avaient le pouvoir d'exciter la fùrmation de cette matière dans le tissu du foie. Ce raisonnement est facile sans doute, mais, pour en démontrer la vérité, il faudrait Élire voir ce que deviennent et le sucre et la glycérine ingérés,

■ t» Luc*i!«în}çcr, Zur Glycogfnhilthmg in der Leher. (P/lùgefs Arrh.t 1873 ) {ti H. Pink, Zur Lehre von Diabètes mellitust insonderheil von der Glycogenbildangf \Ki.

3. G. Heûlenhaiii, Zur Lehre des Diabètes inellitm ^ insonderheit iur Lehre von der 0^>ç^nhildung in der Leber^ 1874.

•l. Go|.!*u»in, Deitrdge iur Lefire von der Glycogenhildung in der Leber^ 1871. '», Vulpian, Leçons sur l'appareil vaso-moteur , 1875.

après leur passage à travers les capillaires hépatiques. Il esl vrai qu'on peut admettre qu'ils se détruisent en donnant de l'eau et de l'acide carbonique.

Mais, dans Tabstinenco des aliments féculents ou sucrés, pendant l'inanition, comment se forme la matière glycogène dans le foie? Il est de toute évidence qu'elle provient alors des matières albuminoïdes. Certains faits pcrmeltent de poser cette conclusion à priori. Comme l'enseigne CI. Bernard, des œufs de mouches, déposés sur de la viande exempte de sucre et de matière glycogène, donnent naissance à des vers dont le corps renferme une grande quantité de cette matière. Chez les animaux exclusivement nourris de viande, il y a du glycogène dans le foie. D'après Cl. Bernard, dans l'état nor- . mal, les peptones de la digestion, absorbées par la veine porte, seraient probablement les éléments formateurs de la matière glycogène, et les graisses n'y contribueraient pas. L'usiige alimentaire de la gélatine, substance très-voisine des peptones, augmente, en effet, la proportion du glycogène, fait qui ne se remarque pas avec les graisses. Cependant, même après la ligature de la veine porte» on trouve la matière glycogène dans le foie. Cl. Bernard attribue ce fait à une soite de reflux du sang de la veine cave dans les veines sus-hépatiques et les capillaires du foie. Cette opinion de la production de glycogène par les substances albuminoïdes est également acceptée par Bouchardat (I), qui se rallie à l'idée de Frerichs du dédoublement de ces substances en glycogène et en urée.

La matière glycogène est localisée dans les cellules hépatiques où elle existe à l'état de granulations extrêmement fines. Ce sont les granulations en question qui, dans la décoction du foie, donnent au liquide la teinte bleudtre opaline dont je vous ai parlé. Ces granulations toutefois sont d'une extrême petitesse puisque, d'après Yulpian, on ne peut les distinguer dans les préparations histologiques. Il est cependant possible de démontrer, à l'aide du microscope , la matière glycogène dans les cellules hépatiques. Sur les coupes du l'oie durci dans l'alcool ou l'éther, l'addition de teinture d'iode fait apparaître la coloration rouge-vineuse de cette substance et, si Ton a soin de traiter le foie à l'instant même par l'alcool, les granulations se colorent isolément.

La quantité de matière glycogène que l'on trouve normalement dans le foie varie entre I, :2 et 2 \,i pour 100 du poids total de l'or-

(1) RoucUarclat, De la glycosurie ou diabète sucré, 187.*».

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gane. Elle est en rapport avec ralimentation. Suivant Tscherinow (1) et Brâcke {i)y chez les poules dont ralimentation est presque exclusivement féculente, elle peut aller jusqu'à 12 pour 100. Avec un régime composé de matières grasses et pendant Tabstinence elle diminue beaucoup.

Dans le foie, la matière glycogènc se transforme d'une manière incessante en glycose qui est vorsée dans les veines sus-hépatiques et \*a rétablir l'équilibre du sucre dans le sang. Cette transformation, comme les transformations que subissent les féculents alimentaires dans les voies digestives, se produit sous l'influence d'un ferment diaslasique, le ferment hépatique. Il peut être isolé comme les autres ferments de ce genre par dissolution dans l'eau et précipitation par l'alcool. Son action est manifeste; il transforme la matière glycogène en glycose. Le froid ralentit celte action ; à 0" il cesse d*agir et la chaleur de l'ébullition le détruit. Malgré les assertions deTiegel (3), qui avait essayé en vain de retirer du foie un ferment capable de transformer en sucre la matière glycogène et en avait conclu que l'agent de cette transformation était le sang du foie et surtout les globules rouges altérés, l'existence du ferment hépatique semble démontrée. En eflet, en pratiquant le lavage du foie pendant 54 6 heures, à la manière de Cl. Bernard, et enlevant ainsi tout le singque peut renfermer cet organe, en desséchant ensuite le tissu hépatique préalablement traité par l'alcool, le pulvérisant et le mélangeant à la glycérine, Wiltich (4) a obtenu une substance douée de> propriétés des ferments. Celte matière hépatique transforme famidon en glycose.

Voyons maintenant comment le sucre se détruit dans l'organisme, Le< idées de Liebig qui ont régné si longtemps dans la science vouiaiont que les matières sucrées, a mesure de leur arrivée dans le îang, fussent brûlées dans ce liquide et transformées en eau et en acide <-arbonique. Elles faisaient partie de cette classe d'alimenls dits aliments respiratoires, chargés de la créalion de la chaleur animale Les aliments azotés devaient reconslituer {aliments plastiques) le tissu musculaire dont Toxydalion avait pour résultat le travail mécaniqu**. Renversées par l'expérimentation de Fick et de Wlisce-

• !• Tsrherinow, Loc. (Ht.

it) Briirke, cité par Wtindt, Nouveaux éléments de physiologie humaine, trad. franc.,

i2i Tip^fcl, i'eber eine Fermeatwirkung der Blutes (Pflûger's Arch.^ 187:2). i» ^itiich, ieber da» Leberferment (Pflûger's Arch., 1873).

nius (l)y ces idées ne sont nullement applicables à la destruction du sucre dans l'organisme. L'analyse du sang qui se rend au poumon et de celui qui en revient prouve que le sucre ne se détruit pas dans cet organe. Chauveau (2), de Lyon, a donné les chiffres suivants qui sont sensiblement égaux pour les deux sangs.

Art^^e palnMMuire.

Veine pulmonaire

1« Exp.

0,72 p. lOOO

2« Lxp.

D'un autre côté, Cl. Bernard, en établissant que le sang veineux renferme moins de sucre que le sang artériel, a prouvé la destruction de ce principe pendant son passage à travers les capillaires généraux. Kn exaltant l'activité musculaire dans un membre, on diminue la quantité de sucre du sang veineux. Ces fails établissent qu'il y a deslruclion du sucre dans le tissu musculaire. Peut-être est-il permis de supposer que, dans le tissu musculaire, la glycose se transforme en inosile en fixant de l'eau d'hydratation. La composition de l'inosite est eneiïet C**n'*0**,4nO. En dernier ressort, comme l'ont indiqué Robin et Verdeil, comme l'admet Cl. Bernard, le sucre paraît se transformer en acide lactique sous l'influence, non pas des alcalis du sang, mais d'un fennent particulier; peut-être les globules rouges, selon l'opinion de Blondeau et de Ilutson Ford (3), jouentils un rôle dans cette transformation? 11 s'agirait alors d'une catalyse dédoublante amenant la production d'acide lactique et d'eau, C«qr«0«» = 2C'lPO%nO. Ce fait semblerait démontré par le passage rapide du sang à l'état acide avant la [)utréfaction et la disparition concomitante du sucre dans ce liquide. A son tour l'acide lactique passerait rapidement à l'état de lactate de soude, en déplaçant une certaine quantité d'acide carbonique du carbonate de soude. Depuis les travaux de Woehler et de Berzelius on sait que les lactates alcalins injectés dans le sang se transforment rapidement ea carbonates et sont rejelés sous cette forme par les urines. Peut-être est-ce là la dernière étape des transformations du sucre dans l'organisme? Dans les muscles les mémos phénomènes pourraient aussi se produire surtout pendant leur contraction. On sait, en eflet, depuis les recherches de Kùhne et de Meissner, qu'il existe de l'acide lactique dans les muscles et que cet acide augmente après la contraction

(1) Fick et Wliscrnius, cités par Ch. Robin, Humeurs normales et morbide*.

dl Chnuveaii, Comptes rendus de VAcnd. des se., t. LXII.

(3; HutKon Furd, Journal médical de Sew-York, 1872, cité par Cl. Bernard.

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culalion est entravée, toutes les fois que le sang cesse d'être en mouvement. En pratiquant de nouveau des injections de granulose et de glycogène, puis arrêtant le courant sanguin dans Tun des membres pendant quelque temps, on voit, après avoir rétabli la circulation du sang, le foie contenir du sucre et le sang être lui-même chargé de ce principe. C'est donc dans le sang au repos qu'apparaît le ferment oécessaire à la transformation glycosique de la substance glycogène. Pendant les arrêts de circulation, la production de sucre dans le sang est telle qu'il s'établit bientôt une glycosurie abondante. On peut lairerexpérîence sur l'homme et Ton voit que la ligature d'un bras pendant iO minutes est suivie, la circulation étant rétablie, du passage de la glycose dans les urines. Au reste, non-seulement l'arrêt delà circulation produit le ferment, son ralentissement seul peut lui donner naissance. En liant les vaisseaux principaux d'un membre et en amenant ainsi un notable ralentissement circulatoire, Schiff est arrivé au même résultat; il a fait apparaître du sucre dans le ibie et du sucre dans les urines. Comme conclusion de tous ces faits, Schiff avance avec Pavy que la glycogénie hépatique n'existe pas et que son apparition est un phénomène pathologique dû à une altéralion du sanjr qui crée alors le ferment nécessaire à la transformalion du glycogène en glycose.

Or, messieurs, comme Ta démontré Cl. Bernard lui-même, comme Ta prouvé Ilarley (1), en se mettant dans les conditions de rapidité opératoire de Pavy et de Schiff, si l'on a soin d'ajouter du sulfate de soude à la décoction du foie, ce sel ayant le pouvoir d'écarter les substances albuminoïdes qui gênent la réaction, toujours la liqueur obtenue réduit le réactif de Fehiing. Il est vrai que le sucre augmente de quantité dans le foie après la mort; mais il faut attribuer ce phénomène à ce que, pendant la vie, le sucre qui résulte de la transformation de la matière glycogène se dissout, à mesure de sa formation, dans le sang qui le verse dans la circulation générale. Après la mort, la circulation étant arrêtée, le sucre s'accumule dans 1^ li>su même de l'organe. Au reste, des expériences de Dalton (2) .^»nt venues confirmer la doctrine de CI. Bernard, ainsi que le montre l" tableau suivant :

1 • Haripy, Proceedings of the Boijal Society j X ±1 Dilton, Formation du »ucre dan» le foie, 1871.

SUCRE CONTENU DANS LE TISSU DU FOIE EXTRAIT INSTANTANÉMENT DE L*ORGANISXE.

Tenif>8 écoule'

Durée

Proportion de glycoco

depuis

de

pour iOOO

le dernier re|tas.

l'opéra lion.

de tissu du foie

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