ÉVOLUTION DES INFECTIONS
vent, malgré l'éloignement de la cause, si la thérapeutique n'intervient pas, on la voit continuer longtemps, céder et se reproduire, perdre son type fébrile régulier, passer àTétat chronique et aboutir finalement à la cachexie.
IVautres infections ont une marche constamment irrégulière; s'accompagnent à leur début d'une fièvre de courte durée, mais dont la courbe n'a rien de caractéristique. Celte fièvre i)eut se reproduire avec les manifestations ultérieures de ces maladies, mais il n'en est pas toujours ainsi, ces manifestations pouvant survenir sans aucune fièvre. Ces infections ont une marche aiguë ou chronique; et, dans ce dernier cas, elles se prolongent pendant des mois et des années. 11 s'agit ici de la morve et du farcin, qui affectent tantôt une marche aiguë, tantôt une marche chronique, et pendant lesquelles, on peut observer des rémissions plus ou moins prolongées.
Enfin il est une infection dont la marche est essentiellement chronique, c'est la syphilis. Elle s'accompagne cependant d'une fièvre légère à son début, fièvre syphilitique, et souvent cette fièvre précède de 8 à 10 jours l'apparition des lésions initiales (chancre, etc.) de la maladie. Plus tard, quand viennent les manifestations générales, éruptions diverses, la fièvre peut encore se montrer et, môme dans ce cas, être très-intense. La caractéristique de Tinfeclion syphilitique au point de vue de l'évolution morbide est donc la marche chronique et particulièrement encore Texistence d'alternatives d'apparition et de cessation des lésions analomiques qui se font par poussées successives et toujours dans le même ordre. La diux»e de la maladie semble indéterminée et des plus variables. H y a des syphilis qui s'en tiennent à une première poussée des lésions; il y en a d'autres qui durent indéfiniment.
Une des particularités les plus intéressantes des maladies infectieuses consiste dans la tendance marquée qu'elles ont presque toutes à produire des éruptions à la surface de la peau. Dans les fièvres éruptives, l'éruption est la caractéristique de la maladie ; elle peut faire défaut, puisqu'on accepte l'existence de variole, de rougeole et de scarlatine sans apparition d'exanthèmes; mais il s'agit ici de faits absolument exceptionnels. Dans les divers typhus, typhus abdominal, typhus exanthématique, typhus récurrent, on trouve un exanthème roséolique que l'on rencontre pareillement dans un trèsgrand nombre de cas de choléra et de fièvre jaune. De même, dans la septicémie et l'infection purulente, moins souvent peut-être, on peut observer une éruption de taches érylhémateuses ou de quel-
ques papules; mais le plus ordinairement^ surtout dans la septicémie franche, c'est Tapparition de taches hémorrhagiques analogues au purpura hémorrhagica que Ton constate. De même encore, dans le larcin, dans la morve, on voit se former dès les premières périodes du mal une éruption. Tantôt elle consiste en de petites élevures à auréole rouge, assez analogues à des furoncles et qui s'ulcèrent plus tard ; tantôt elle est constituée par des taches violacées, des phlyctèncs séro- sanguinolentes et des pustules souvent aussi conlluentes que dans la variole. Ces éruptions, qui débutent ordinairement par la face où elles peuvent rester limitées, s'élendent le plus souvent à tout le corps; il est très-rare qu'elles fassent complètement défaut. Enfin, dans la syphilis il en est encore ainsi, puisque la maladie, quelque temps après l'apparition de l'accident primitif, accuse son cachet général par l'apparition des éruptions roséoliques et par celle des plaques muqueuses. Il n'est pas jus- .qu'aux fièvres paludéennes qui, dans nombre de cas, ne s'accompagnent d'une éruption cutanée. Le plus souvent cette éruption est l'urticaire qui se montre au moment de la chaleur fébrile, persiste encore après la sueur, pour disparaître et revenir le lendemain oii le surlendemain avec le nouvel accès. Suivant M. Vallin (1), c'est dans les accès très-intenses qu'on rencontre particulièrement cette éruption et sa présence doit motiver une intervention médicale des plus actives.
Dans l'évolution de la plupart des maladies infectieuses on doit (lislingucr doux périodes assez bien tranchées. Dans la première on voit se produire les lésions qui résultent directement de l'action des ajr<'nls infectieux sur le sang et les tissus organiques. A cette période, dite d'infection primitive, correspondent les symptômes dus à ce nouvel état du simg et aux troubles nutritifs qui en résultent pour lous IcS éléments analomiques. A celle période correspond la lièvre infectieuse ainsi que les éruptions diverses dont je vous parlais tout à l'heure. Dans la seconde, appelée péiiode d'infection secondaire, on voit évoluer les lésions déterminées par Tétat d'altération du .*:ang; c'est alors que se manifestent avec toutes leurs conséquences los mélasUises produites par des thromboses, des embolies et consistant eu des abcès métastatiques , des ramollissements, des ganj; rênes, des nécioses siuveiiant dans les régions les plus diverses. (les deux périodes des maladies infectieuses, qui ont été mises en
(i; Vallin dans Gricsingcr, loc. cit.
ÉVOLUTION DES INFECTIONS. 9o9
évidence par les travaux de nombreux auteurs, sont des plus importantes à reconnaître ; elles se montrent pour ainsi dire toujours, à moins que les malades ne succombent pendant la première période de leur mal.
Les éruptions et les métastases, comme l'a dit encore M. Desprès (I), conslituent donc les caractères de la plupart des maladies infectieuses; aussi je crois utile, à Texemple de cet auteur, de vous présenter un tableau d'ensemble de ces manifestations dans les principales infections.