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INFECTIONS. LÉSIONS D'ORIGINE CIRCULATOIRE

considérable souvent, du nombre des leucocytes, modifications dans la nature des substances albuminoïdes, présence de corpuscules divers : microzoaires ou microphytes, cristaux, filaments fibrineux, grains de pigment, telles sont les modifications qu'il présente. Cet état du milieu intérieur devient un obstacle à la circulation dans les petits vaisseaux et l'origine ultérieure de nombreuses lésions anatomiques dont je vous exposerai plus tard le mécanisme producteur. Ces lésions, qui peuvent exister dans tous les organes et dans tous les tissus, sont variables.

Dans un très-f^rand nombre d'infections on constate, à un moment quelconque du processus morbide, des taches hémorrhagiques dans l'épaisseur de la peau, des ecchymoses, des pétéchies plus ou moins étendues-, toutes lésions qui ne sont en somme que des hémorrhagies interstitielles. Les autopsies montrent de semblables taches sur les muqueuses et sur les séreuses ; on en trouve même dans l'épaisseur des muscles et des divers parenchymes ; et c'est plus spécialement dans les infections qui ont un caractère septique ou septicoïde qu'on les observe. Dans certains cas où les maladies virulentes prennent ce caractère septique ou srplicoïde, on les retrouve pareillement; la variole hémonhagique d'emblée, comme Fa fort bien indiqué M. Huchard (1), en offre un exemple. Toutes ces hémorrhagies interstitielles peuvent coïncider avec des hémorrhagies qui se font à la surface des membranes muqueuses ou séreuses.

D'un autre côté, comme jp vous l'ai montré en étudiant la septicémie expérimentale, des inflammations multiples et diversement localisées sui'viennent aussi pendant ces maladies. On les observe dans tous les tissus de l'organisme et dans tous les organes où elles aboutissent très-souvent à la suppuration. Les membranes séreuses ou leurs analogues (plèvres, péritoine, péricarde, endocarde, méninges), les membranes synoviales sont très-souvent le siège de ces inflammations d'origine infectieuse. Les viscères, et plus particulièrement le poumon, le foie, la rate, le rein, quelquefois aussi l'encéphale en sont également atteints; et, dans ces organes, les inflammations, le plus souvent circonscrites, aboutissent fréquemment à la suppuration, donnant lieu à des abcès dits abcès métastatiques. lien est de même du tissu cellulaire sous-cutané et des muscles, dans lesquels on rencontre très-souvent des abcès multiples.

(I) Huchard, Elude sur les causes de la mort dans la variole {Arch. gén. de mèd., 187 2).

<Jli LES GRANDS PROCESSUS MORBIDES.

Les congestions passives sont aussi très-fréquentes ; elles peuvent sié<>;er dans toutes les parties déclives de l'organisme, aussi bien dans le tronc que dans les membres ; mais on les observe surtout dans les viscères et plus particulièrement dans le poumon, le foie, le rein. Ces congestions passives peuvent amener à leur suite leurs conséquences ordinaires d'hydropisies, d'œdèmes et même d'Iiémorrhagies dans les régions où elles se sont produites.

Les gangrènes ne sont |)as rares. Ordinairement c'est dans les régions du décubitus qu'on les rencontre; mais elles peuvent aussi se produire ailleurs, aux extrémités inférieures, dans le poumon, dans le larynx, dont les cartilages sont souvent frappés de nécrose, etc.

Abordons maintenant l'étude de h pathogénie du processus infectieux. Cette étude demande, à mon sens, l'examen des deux questions suivantes : Quelle est la nature des agents infectieux? Quel est le mode d'action de ces agents sur l'organisme? Celte dernière question se confond avec celle de la nature du processus infectieux. Subsidiairement et à titre d'étude de physiologie patholo<:ique, je dirai quelques mots du mode de pioduclion des lésions locales dans les infections :

La nature des agents infectieux nous est encore peu connue, et malgré les nombreux travaux qui ont étf3 faits dans cette direction, le problème est loin d'être résolu, vous allez le voir.

Pour tout le monde, les fièvres paludéennes sont des maladies dt» nature eflluv'ujue, dont l'origine est généralement altnbuée à Tabsoi'plion des émanations provenant de la décomposition des malièn\N vr^étales. Les ef/luvcs qui se forment à la surface des marais ont rté étudiées avec beaucoup de soin par les cbimisies; WoUaslony trouva de l'azote, de l'acide carbonique, des hydrogènes carbonés, phosphores et sulfurés, et Ton considéra res gaz comme jiuiant h' principal rùle dans la production de la malaria, jusqu'à ce que Télude rie leur action sur l'organisme vînt montrer qu'il n'y avait pas de rapport entre celte action et la lièvre intermittente. Cependant les recherches de Rigaud de l'isle (1), de Boussingault {i)y de îlechi (;î), portant sur la vapeur d'eau condensée au-dessus des

(i) Rigaud (le TUle, Iiecherche$ chirnico-méilical es $ur If x causes du mauvais air ^\S\6 (i) Boussingaiill, Mém. sur la possihilitr de constater l'existence des miasme^ et nr

la jn-ésence (Fun principe hydrogéné dans l'air, 183i. (3; Béclii, Hecherches sur l'air des Maremmes de la Toscane tAcad. des scieneet,

ISGI;.

marais, démontrèrent dans cette vapeur l'existence d'une matière végétale albumineuse qui se précipitait en rouge par le nitrate d'argent. Des expériences, consistant à faire avaler h des lapins une certaine quantité de celle rosce condensée, furent faites par Meirieu (1 ), et elles lurent suivies, après la première cuillerée, d'un trouble général et d'une grande faiblesse chez les animaux, et après la seconde, d'un état de stupeur accompagné de tremblement. Le père de l'auteur, qui prit un demi-verre de cette rosée, eut des envies de vomir et de la cardialgie, suivies le lendemain d'un sentiment de grande faiblesse qui disparut par l'usage d'une décoction de quinquina. Tous ces phénomènes sans doute n'étaient pas la fièvre intermittente; mais ils montraient une certaine activité dans celte rosée condensée au-dessus du marécage. Plus tard M. Boudin {i,) voulut que l'agent infectieux des ellluves dut son origine aux émanations des plantes spéciales qui croissent dans les contrées marécageuses et qu'il désiprna sous le nonl rollectif de végêlaiion paludéenne. D'un autre coté, les recherches de M. Lemairc (3) ayant démontré dans l'air des marais une prodigieuse quantité de corpuscules organisés, grains de pollen, monades, algues, champignons, bactéries, vibrions, en un mol, suivant l'expression de Tauleur, tout un monde de microzoaires eldemicrophytes, on attrihiia à ces organismes un rôle actif, à tel point que, pour M. Lemairo, la matière organique obtenue par les chimistes ne serait que les cadavres des organismes qu'il a observés. De nouveaux résultats ont encore été obtenus par M. Balestra (4). Kn examinant les eaux des marais Pontins, de Maccarebe et d'Ostie, l'auteur v avait trouvé de nombreux inlusoires; mais ce qui l'avait frappé, c'était l'existence constante d'une petite plante de l'espèce des algues et se rap|)rochant du cactus penivianus. Cette plante se rencontre également dans l'atmosphère de Rome et plus abondamment dans les mois d'août et de septembre, époques en rapport avec le développement de la fièvre intermittente. Suivant M. Balestra, les sels de quinine, mis en contact avec la plante, arrêtent son accroissement et sa propagation, et c'est en la détruisant que ces sels guérissent la fièvre intermittente. Les travaux les plus complets dans cette voie sont

(f ; Meirieu, De rinfluence des miasmes marécageujc sur l'économie animale^ 18:29. (t) Boudin, Traité des fièvres intermittentes, 18-ii. {'.]} Lemairc, Acad. des sciences, 18GI.

(ii Balestra, llecherches et exjyériences sur la nature et l'origine des miasmes pnlu' déens, 1869.

cet taincment ceux (le M. Salisbury (1). En examinant les produits rejetés hors de l'organisme par les individus atteints de fièvre paludéenne (expectoration, sueurs, urines), il découvrit dans ces produits des spores particulières dont Texistence est constante ; ces spores appartiennent, suivant lui, à une algue du genre pabnella. Dans les terrains marécageux qui renferment une énorme quantité d'incrustations blanchâtres, dans la vapeur d'eau des marais, on retrouve pareillement ces spores de palmellées. I^ conclusion de ces constatations est simple : Tagenl infectieux de la fièvre intermittente, c'est la spore des palmellées; cependant, dans certains produits des malades, notamment dans leurs urines, on peut rencontrer d'autres végétaux microscopiques (torula, pénicillium, aspcrgillus), mais la pr<> sence de ces derniers n'est pas constante. M. Salisbury voulut donner à sa manière de voir le contrôle expérimental. 11 recueillit dans des vases de la terre prise dans les marécages et contenant des palniellée> en abondance ; puis, ayant transporté ces vases dans une contrée où il n'y a jamais de fièvres intermittentes, il les plaça devant la fenêtre d'une chambre habitée par lui-même et par deux jeunes gens. Une glace polie fut installée à une certaine distance au-dessus des vases. Rapidement In vapeur recueillie sur cette glace se montm couverte de spores de palmellées; et, au bout de douze à quinze jours, les expérimentateurs furent atteints de fièvre intermittente.

Ces travaux paraissent démonstratifs ; cependant ils ont été mis en doute par Wood (i). Cet auteur, qui a une grande prédisposition à contracter la fièvre intermittente, a couché pendant un mois, avec le professeur Leidy, dans une chambre contenant une énorme quantité de diverses espèces de palmellées, et ni l'un ni Tautre n'ont été malades. Wood, pour réfuter la doctrine de Salisbury, montre aussi que les palmellées peuvent très-bien vivre et se développer dans des solutions de sulfate de quinine, preuve que cette substance, pour guérir la fièvre intermittente, n'agit pas en tuant un végétal parasite. Je dois encore vous dire qu'une commission du conjures médical de Lyon a recherché dernièrement la présence des palmellées au-dessus des étangs de la Dombes, région classique des fièvres intermittentes, et que ses recherches sont restées

(1) Sali.s!)iiry, On the Cause of intermittent and rémittent ferers, with wrestigêtio^* which tend to prore that thexe affections are caused hy certain sjtecies of Palmellr (Amer. Journ. of the med. Scienc, I8661.

{i) WooJ, An examination iuto the truth of the asserted production of gênerai dt- •eases by organiied entities {Am. Journ. of med. 5c., 1868).

infructueuses. M. Magnin, qui a éludié pareillement Tair au-dessus des étangs de la Dombes, n'a pas réussi davantage.

La nature des miasmes et des contages des maladies miasmaticocontagieuses est encore entourée de la plus grande obscurité. Sans doute il existe des théories sur cette nature, et celle qui esta Tordre du jour considère les miasmes et les contage*s comme des êtres organisés; mais, vous allez le voir, cette théorie est bien hypothétique et les faits les plus récents tendent à Tinfirmer. Cette doctrine du parasitisme appliquée aux maladies infectieuses est Tancienne doctrine de la pathologie animée dont je vous ai déjà parlé. D'après elle, les miasmes sont des ferments, mais des ferments figurés, microzoaires ou microphytes, qui, en pénétrant dans le sang, y développent des actes fermentatifs. Elle repose sur la constatation, dans les organismes malades et dans les véhicules des coulages, des organismes inférieurs agents de Tinfection. Or, voici les faits :

Les premières constatations de la présence d'organismes inférieurs dans les humeurs de sujets atteints de maladies infectieuses ont été faites sur les animaux, pendant la maladie dite le sang de rate, affection de nature charbonneuse. Pollender (1), Brauell(2), Delafond (r3), démontrèrent dans ce sang des corpuscules en forme de bâtonnets ^t immobiles, auxquels Davaine (4) donna le nom de bactéridies pour les distinguer des bactéries mobiles de la putréfaction. Ces bâtonnets, suivant Davaine, existent en telle proportion dans le sang charbonneux, qu'on en trouve de huit à dix millions dans une goutte de ce sang. Des recherches ultérieures établirent l'existence des éléments en question dans le sang de l'homme atteint du charbon. Dans les autres variétés des maladies charbonneuses (œdème malin, pustules malignes), les mêmes éléments se rencontrèrent encore et on les trouva aussi dans les liquides des lésions locales et même au milieu dos éléments anatomiques des lissus envahis par ces lésions. Davaine enlin, par des recherches expérimentales, démontra que le sang renfermant des bactéridies était seul capable de donner le. charbon.

C'est dans le sang des typhoïdes que furent faites les observations nouvelles. En 18(54, M. Tigri (5) rencontra des bacléries dans

(l) PoUemlcr, Mikroskop. und mikrochem. Untersuchungen dm MiUbrandblutes,\f<ô't (il Brauell, Versuche und Unlersucliungeu belr. den ^îihhrand.j 1857. t'3) Delafund, Hecueil de médecine vélérinaire^ 1860. ^1 Davaine, Acad. des sciences, I8(>3.

(5) Tigri, Acad. des sciences, 186i.

le sang d'un homme mort de cette aiTection, et MM. Signol (h cl Mégnin (2) constatèrent des éléments semblables dans le sang dt's chevaux atteints de la maladie appelée fièvre typhoïde. Ces observations furent bientôt confirmées par les nombreuses recherches dp Coze et Feitz, qui reconnurent à labaclérie de la fièvre typhoïde les caractères de la bactérie chaînette {bacierium calenula).

Aujourd'hui, des organismes inférieurs, miôrococcus, bactéri«*<. bacléridies, ont été rencontrés dans le sang pendant presque toulos les maladies infectieuses. Dans le choléra, les recherches de Klob i:\\ de Thomé (4), de Hallier (5), ont démontré l'existence d'un micrococcus qui, par une culture spéciale se développe soit en un*» espèce de leptothrix, soit en une espèce de champignon particulier {cylindvoiœnixiin cholerœ asinticœ, Thomé). Dans le lyphus, Hallier (6) dit avoir observé un micrococcus spécial qui serait le Hhj/zopusnigrkam et les recherches d'Obermeier (7),deLel>ei1 <S» et de lleidenreich (9) ont établi dernièrement l'existence «félémenls parasitaires tout paiiiculiersdansle sang des malades atteint de lypims récurrent. Ce sont des filaments dont la longueur vari»* de d'"",015 à 0""",2 et dont la largeur est de 0"",00l. Ils possèdent des mouvements très vifs, qui sont de deux espèces, un mouveinenl d'ondulation sur eux-mêmes et un mouvement de locomotion qui esi spiroïdc, d'où le nom de spirobactérie qui leur a été donné; ils ressemblent aux éléments désignés par Ehrenberg et Colm, sous le nom de spirochaete. On les trouve dans le sang pendant la période fébrile; ils disparaissent après les accès, et se montrent de nouv«\in quelques heuresavant le nouvel acres, pour disparaître délinilivemenl au moment de la convalescence. Suivant lleidenreich, on les trouve et dans la lièvre récurrente, typhus à rechute», et dîins le typhus bilieux, typhoïde bilieuse; ce qui pourrait faire songer à Tidenlité de ces deux maladies.

Le sang des malades atteints de diphthérie contient aussi de<

(I) Sij;noI, Acad. îles se, 1803.

(il) M%'iiiii, Acad. des se, 1806.

(J^ Klob, Patfi. anat. Slud, ûber dan Wesen des Choleraprocesses^ 1807.

(i) Tliuiiié, Virchow's Arch., 1807.

(.*») H;illi<'r, Don <]holera-C(mtaijium, 1807.

fOi H;illi<'r, Varmxlolotjviche ÏJntenuchumjen^ 1868.

^7) olMMMii'jier, Vorkommen fehisier, eine Eigenbewegung teigender Faden im Blute von Recurremkranken iCenlralb., 1873).

(8) l.l'Ijort, rïU' par Bornli«Miii, art. Contagion «lu Dict. encycl. des se. niéd.

CJ) ||<M<lpnnîicli, Ceber dir ScUraubenbarterie des Rùckfalistuphus {Peters. med. W'och., 1870j.

organismes inférieurs, sur lesquels ont insisté particulièrement Œrtel, Nassiloff et Letzerich. Ce sont des corpuscules ovoïdes, trèsréfringents, animés du mouvement brownien et d'un mouvement de translation. Ces micrococcus peuvent se réunir en série, en chapelets, en amas de cinq à six ; à côté d'eux on peut rencontrer un certain nombre de bâtonnets de la plus petite forme {bâclerium termo).

Enfin, comme je vous l'ai montré dans mes leçons sur la septicémie expérimentale, dans la septicémie, dans Tinfection purulente, dans la (iévre puerpérale, on rencontre aussi ces éléments dans le sang des malades, les recherches de Coze et P'eltz, de Billroth, de Klebs, de Lister, de Heiberg, et de nombreux autres auteurs l'ont prouvé. Le microsporon septicum de Klebs avec les différentes formes décrites par Billrolh serait l'élément spécial à ce groupe d'infections.

Mais retrouve-t-on dans les véhicules des coulages les microzoaires ou microphytes divers que nous venons de constater dans le sang des sujets atteints? Voici à cet égard les faits sur lesquels s'appuie la doctrine du parasitisme. L'étude des matières fécales du choléra (véhicule du conlago) montre dans ces matières îles corpuscules arrondis que Williams a considérés comme des cellules renfermant les granules qui seraient les agents contagieux. Ces cellules, dont l'existence a été confirmée par Ilallier, se résolvent en un nombre considérable des micrococcus découverts dans le sang; agglomérées entre elles, elles forment à la surface de l'intestin des plaques analogues à du mucus. Dans la dysenterie, l'examen des matières intestinales, fait par Pfeiffer et Ilallier, a démontré un champignon spécial, distinct de celui du choléra et du typhus. Voici ce que nous ont appris les recherches de Klein pour la fièvre typhoïde. Dans les selles typhoïdiques, cet auteur a trouvé une grande quantité de micrococcus sphériques, brillants, très-rélringenls, les uns isolés, les autres groupés en chaînettes, en amas plus ou moins considérables. A côté de ces éléments, il a vu aussi des bactéries en forme de baguettes, mais en moins grande abondance. Il considère ces divers corpuscules comme des champignons, et conclut catégoriquement qu'il y a identité du conUige de la fièvre typhoïde avec les organismes végétaux inférieurs. Ses recherches, du reste, lui ont montré certains faits que je crois utile de vous faire connaître. Pendant les jours los plus proches du début de la maladie que l'auteur a pu étudier (huit jours après le début), on trouve, dans la

lumière des glandes de Lieberkuhn, des corpuscules arrondis, brun verdâlre, variant entre 0""",002 et 0""",007; groupés, ils ont une couleur vert-olive, il y en a qui sont en voie de segmentation. Ces éléments existent aussi dans le tissu de la muqueuse, dans les espaces lymphatiques et dans les vaisseaux veineux. Dans les veines, ils se divisent avec une grande rapidité en deux ou en quatre, de manière à former les micrococcus que Ton trouve dans le sang. Au donziémi* jour, CCS micrococcus sont en quantité énorme. C'est par la même division que se forment aussi les micrococcus des selles diarrhéiques. D'après ces données, comme le dit Guéneau de Mussy (1 ), ces microphytes, cause spécifique de la fièvre typhoïde, se multiplieraient en dehors de l'organisme, dans la cavité intestinale, pendant la période d'incubation, puis pénétreraient par les glandes de Lieberkûbn et les veines dans la circulation générale, sous forme de micrococcus. Ces vues hypothétiques me semblent bien hasardées, surtout si l'on se rappelle ces observations cliniques nombreuses où l'on voit la fièvre typhoïde apparaître chez des sujets qui ont été exposés à des émanations putrides et qui succombent avec de graves lésions intestinales vingt-trois, vingt-cinq, et trente heures apn»s le début de leur mal.

Les fausses membranes de la diphthérie, véhicule du contage. contiennent aussi des organismes inférieurs en trôs-grand nombre, notamment pour Œrtel, des micrococcus et le bacterium iermo. Eberth les considère comme les agents réels de la maladie et veut que, sans micrococcus, il n'y ait pas de diphthérie. Pour démontrer que ces organismes sont bien les agents de transmission du mal, Letzerich isole, puis multiplie par la culture le microphyte, et le fait servir seul à l'expérimentation. Du pain humide, chargé de champignons de seconde et de troisième génération, est mis en contact, chez des lapins, avec la muqueuse vaginale ou conjonclivale. En moins de vingt-quatre heures les animaux succombent, et l'on trouve sur les muqueuses les lésions diphthéritiques. En faisant avaler le pain aux animaux le résultat est le même. Ces expériences ont été contestées ; du reste, leurs conséquences ressemblent à cell»*> des expériences quelconques dans lesquelles on introduit dans le sang des mucédinées (aspergillus, pénicillium), et .M. Ilomolle, en les répétant, a obtenu des résultats identiques en suivant le procétt'* de Letzerich ou bien en appliquant simplement sur la peau dénudét^

(1) Guéoeau de Mussy, loc. cil.

d'un lapin un liquide contenant des spores de penicillhun g lauc^im.

Les véhicules des contages des maladies septiques (sang, lymphe, pus, tissus divers) contiennent pareillement des organismes inférieurs; j'ai assez insisté sur ce sujet.

Mais est-ce à dire cependant que les miasmes, les contages des maladies elïluviques, miasmatiques, miasmatico-contagieuses, soient précisément des organismes inféi'ieurs et qu'il faille accepter pour la genèse de ces maladies la doctrine de la pathologie animée, comme le font un grand nombre d'auteurs qui, à mon sens, subissent un entraînement trop rapide? Je ne le crois pas; et, pour mon propre compte, je repousse cette manière de voir. Dans mes leçons sur la septicémie expérimentale, je vous ai montré que la doctrine parasitaire ne pouvait pas être acceptée pour celte maladie; il en est de même pour la septicémie pathologique. Les recherches de Billroth montrant que les bactéries n'existent pas toujours chez les septicémiques et qu'elles ne se développent qu'avec difficulté dans le sang, celles de Lewis et Cunnynghans, de Levvitzki, de Hiller et autres auteurs, établissant que les bactéries seules n'ont pas les propriétés virulentes dont on les a douées, sont des preuves en faveur dç cette manière de voir. Enfin, il importe surtout de signaler ici les expériences de M. Colin et celles de M. P. Bert sur le charbon et le virus charbonneux. Le premier de ces auteurs a établi que, dans les maladies charbonneuses, le sang devenait capable de transmettre le charbon bien avant qu'il contienne les bactéridies considérées par Davaine comme les agents de l'infection.

Après avoir démontré que l'oxygène à haute tension détermine la mort de tous les êtres vivants et même do tous les éléments anatomiques, et fait voir que les fermentations à ferments figurés sont rendues impossibles par l'action de Toxygùne dans ces conditions, M. P. Bert a étudié l'influence de ce traitement sur les liquides infectieux, notamment sur le sang charbonneux. Ce sang, soumis en 4!0uche très-mince à de hautes tensions d'oxygène, conserve ses propriétés virulentes. En effet, inoculé à des animaux, il les tue, et leur sang est toxique comme le sang charbonneux ou septicémique pendant plusieurs générations successives. Cependant le sang de ces animaux ne contient pas de bactéridies. Une nouvelle expérience de l'auteur vient encore conlirnier ces résultats qui sont concluants, vous le voyez. Du sangcharl)onneux, chargé de bactéridies, fut additionné de trois fois son poids d'alcool absolu, (iltré et bien desséché dans le vide. Un fragment de celte matière desséchée, introduit dans

le tissu cellulaire d'un cochon d'Inde, le tua en moins d'un jour, el le sang de cet animal devint l'origine de plusieurs générations morbides successives dont les sujets, cochons d'Inde et chiens, succombèrent de môme. Cependant ni dans le sang du premier cochon d'Inde, ni dans celui des autres il n'y avait de bactéridies.

Tels sont les fiiits ; vous le voyez, ils représentent bien ceux que j'ai fait passer sous vos yeux dans notre étude de la septicémie expérimentale; ils vous montrent qu'il serait imprudent de considérer les agents infectieux des maladies de ce groupe comme étant des organismes parasitaires (bactéries, bactéridies, micrococcus).

Mais quelle est la nature des virus? Ici nous nous trouvons en face de plusieurs doctrines. L'une, celle de la pathologie animée pure, considère les virus comme des organismes vivants; ce sont des microzoaires ou des microphytes, micrococcus et bactéries, contenus dans les humeurs virulentes dont ils constituent la partie active. Pour l'appuyer, on cherche à démontrer, dans les humeurs virulentes et dans le sang des malades, des organismes spéciaux pour chacune des infections. Les résultats auxquels on est arrivé sont les suivants :

Dans le liquide des pustules de la variole et dans la lymphe vaccinale, Kéber (1) a constaté des cellules granuleuses munies de noyaux, qui, devenues libres, se divisent en molécules imperceptibles; il considère ces éléments comme les véhicules du poison variolique. Ziirn et Hallier (2), dans les pustules varioliques de l'homme, de h vache et du mouton, ont trouvé un micrococcus caudé, mobile, eldes lilaiiients de leptothrix. La culture de ce micrococcus montre qu'il appartient au champignon appelé toriila refuscens. Suivant ces auteurs, la lymphe vaccinale recèle le même micrococcus. Cohn (:]), qiii n'admet pas le développement ultérieiu- du micrococcus en champignon, considère les corpuscules de la lymphe vaccinale et de la lymphe variolique comme des organismes spéciaux, appartenant à la famille àesschizovu/cèlesy groupe des bactéridiacées, et les désigne, avec les corpuscules analogues, sous le nom de microsphères. On 1rs trouve en abondance dans la lymphe variolique, et Weigerti i) a montré que, chez les varioleux, les canalicules de la peau sont sou- \eiil remplis de ces corpuscules. Dans le sang des varioleux, Coze

;1, KobiT, Virchow's Arch.y I8t>8.

ri-. Ilalli<:r f-t Zuni. Virchow\s Arcli., IHOS el 18G9.

• 3; Colin, Veher Bactérien und dercn Be'Miitugen iur Fàulmss und <u Cvnta'jten. {\} \Seii,'<Tl, Centralblatt, 1871.

et Fellz ont démontré rexistence du bacterium termo et du bactcrium bacillùs, et Zulzer (1) a trouvé des bactéries sphériques en grande abondance.

Les desquamations épidermiques de la scarlatine, véhicule du contage scarlalincux, au dire de Schurtz (2), contiennent un micrococcus qui, par la culture, produit le champignon dit tilletia scarlaiinosa; et, d'après les recherches de Coze et Feitz, on trouve dans le sang des malades une notable quantité de points mobiles ainsi que quelques bAtonnets. De même, dans les lamelles épidermiques desquamées de la rougeole, Keber (S) a trouvé des granulations nombreuses qu'il considère comme les agents de la contagion, et Ilallier, dans le sang et les crachats des malades, a reconnu un micrococcus très-délié et muni de cils vibratiles; cultivé, ce mirrococcus se transforme en miicor mncedo. Dans le sang, Coze et FeItz ont vu des bactéries d'une finesse extrême et d'une grande mobilité.

Les recherches sur le virus syphilitique ont été nombreuses. Hallier a décrit un champignon spécial à cette infection, et ses travaux ont été repris par Klotsch, Salisbury (4), Bruhlkens (5). Ce dernier autour prétend que la syphilis primitive (chancre) résulte d'une variété de leptothrix qui pénétre ensuite dans l'orgariisme et détermine Tinfeclion (syphilis secondaire). Mais c'est Lostofer ((») qui a été le plus affirmatif dans âes résultats. 11 a comparativement étudié à la chambre humide le sang sain et le sang syphilitique. Du troisième au cinquième jour, il reconnut dans le sang syphilitique des corpuscules brillants, arrondis, mimis parfois d'un petit prolongement et qui augmentaient de volume et de nombre, se couvraient de bourgeons, présentaient à leur centre, vers le dixième jour, une vacuole considéiable. Ces corpuscules ne se montrèrent pas dans le sang des sujets sains, aussi Lostofer les appela-t-il corpusculesde lasypliilis. Cependant ces recherches, répétées par Vaida (7) et par Biesiadecki (8), n'ont pas donné de résultais semblables. Vaid i notamment a trouvé les corpuscules en question dans le sang nor-

(I) Zulzer, Zur .Etiologie der Variola {Centralbl.y 1871). {t) Scliuriz, Arch, d, lleilk,, 1808.

(3; Kcbcr, /oc. cH.

(4) Salisbury, citô par Dcsprès, Traité tfieorique et pratique de la stjphUiSy 1873.

(5) Bruhlkens, Zeit. fur Paras. ^ t. H.

(0) Lostofer, l'eber die $pecifisclie i'nterscheidbarkeit des Blutes syphilitischer {Arch. f. Derm. h. Syph., \Hlt}.

(!) Vaida, Lostofer'sche Syphilis Koerperchen (Wien, med. WocJiens.f \Sli).

(S) Biesiadecki, L'eber die Lostofer' schen Koerperchen [Wien. med. Wochens., 1872).

mal tout comme dans le sang des cancéreux, des leucocythémiques et des syphilitiques; il les considère comme formés par une matièn^ albuminoïde, et leur refuse toute relation avec des pai*asiles végétaux.

Les études qui ont été faites pour les zoonoses ont aussi donné des résultats analogues. Suivant Hallier(i), chez les animaux morveux, on trouve, sur la muqueuse des sinus frontaux et du larynx, des micrococcus isolés ou réunis en amas. Ces micrococcus, qui existent aussi dans le sang, pourraient même être reconnus dans la substance des globules rouges et des globules blancs. Ils produiraient par la culture un champignon que Tauteur appelle mallet^myces. Dans le sang des animaux atteints de rage, le même auteur a vu un micrococcus qu'il a soumis à la culture et qui lui a donné un champignon spécial; il Ta appelé lyssophyton.

D après toutes ces recherches, il semblerait bien établi que le> maladies virulentes doivent leur origine à des organismes inférienr> qui sont en somme les agents essentiels des virus et des contages virulents. Mais, malgré tout Tattrait qui, au dire de certains pathologistes, s'attache à l'acceptation de cette doctrine de la pathologii* animée, au moyen de laquelle les interprétations sont si faciles, je ne puis, pour mon propre compte, l'accepter dans l'état actuel de la science et la considérer comme définitivement acquise. Les fails qu'il me reste à vous présenter montreront encore la raison de ma réserve.

Les remarquables travaux de M. Chauveau (2) sur la cause intime de la virulence doivent tout d'abord nous arrèler. Cet habile exj)*'*rimentateur a rliidié le virus vaccin, le virus varioliqne, celui de la clavelée et celui de la morve; il l'a fait, non pas seulement au point de vue chimique et microscopique, mais au point de vue expérimental, seul capable de résoudre la question.

En effet, de ce que, dans im liquide virulent, on trouve des substances chimiques ou des corpuscules microscopiques n'existant pas dans les humeurs ordinaires de l'organisme, on ne doit pas en conclure que ces substances ou ces corpuscules sont les agents de la virulence; il faut, pour établir jrMie conelusion, reproduire b maladie virulente avec la substance ou les corpuscules en question.

On sait que les humeurs virulentes sont constituées par une partie

<1) Hallier, Zeil. fur Paras., t. H et III.

ri) Cliauvcaii, Physiologie générale des virus et des maladies virulentes ^Rer. tcifut.,

liquide et par une partie solide. Le liquide est un plasma albumineux ou fibrinogène, tantôt coagulable, tantôt non coagulable. La partie solide contient des cellules, des leucocytes, des granulations moléculaires, quelquefois, mais pas toujours, des organismes inférieurs. Or, si on dilue dans Teau les humeurs virulentes, on remarque que les inoculations faites avec des dilutions de plus en plus étendues ne perdent pas régulièrement leur puissance virulente, et que toutes les inoculations faites avec la même dilution n'ont pas une puissance identique, ce qui devrait être si la faculté virulente appartenait à la partie liquide de Thumeur.

De plus, si on isole les corpuscules solides de la partie liquide (l'on y arrive au moyen de la diffusion, parce que la filtration simple ne peut séparer les granulations moléculaires qui traversent les filtres), on voit que l'eau des parties supérieures, dans laquelle Tacide azotique démontre cependant la présence de Talbumine, n*a pas de propriétés virulentes, que les inoculations faites avec elle donnent des résultats négatifs, tandis que celles pratiquées avec la partie solide donnent des résultats positifs, puisque les corpuscules isolés et lavés produisent des boutons lorsqu'ils sont inoculés.

Mais dans lesquels des corpuscules solides résident les propriétés virulentes? M. Chauveau établit tout d'abord que ces propriétés n'appartiennent pas aux organismes inférieurs qui peuvent exister dans les humeurs. En effet, quand ces organismes s'y trouvent, c'est un fait purement accidentel, et les virus ont toute leur puissance alors même qu'on n'y rencontre ni microzoaires ni microphytes. Le virus vaccin peut parfois contenir des organismes inférieurs; il en contient quand il est ancien ou bien quand il a été recueilli sur de vieux boutons. Ces organismes sont alors des germes venus du dehors qui existent là comme partout ailleurs. Le bouton vaccinal du 5' jour n'en contient pas ; cependant le vaccin qu'il donne est doué d'une très-grande puissance. De même, dans la variole bénigne, le liquide des pustules, qui est inoculable, n'en contient pas. De même aussi, dans la morve, la clavelée, la peste bovine, la puissance virulente n'appartient pas aux bactéries qu'on peut trouver parfois dans les virus de ces alïections, car très-souvent ces virus ne renferment pas de bactéries.

Quand, au moyen de la iiltration, on a débarrassé les virus des éléments anatuiiiiqucs qu'ils contenaient et que l'on a obtenu ainsi un liquide ne tenant plus eu suspension que des granulations moléculaires, on voit que ce liquide conserve ses propriétés virulentes ;

répiderme. Les inicrococcus sont d'autant plus abondants que les pustules vaccinales sont plus anciennes el, vers le 8* ou le 9* jour, on trouve avec eux des bactéries variées, streptococcusy monobacleria, diplobacteria ^ qui troublent le liquide. Le degré d'efficacité du vaccin n'est pas en rapport avec le nombre de ces éléments; au contraire il diminue vers le 7' et le 8* jour, quand la quantité de micrococcus devient plus considérable ; le vaccin qui en est complètement dépourvu est très-énergique, il donne 88 succès sur 100 vaccinations.

Tous ces faits montrent donc bien que la doctrine de la pathologie animée, malgré l'engouement dont elle est l'objet, n'est pas l'expression de la vérité sur la nature des virus, et voici une dernière preuve qui rend encore évidente cette proposition. iM. P. Bert(i) a traité par l'air comprimé les virus du vaccin et de la morve : « Du liquide vaccinal frais fut soumis pendant plus d'une semaine à l'influence de Toxy^iène aux plus hautes tensions (correspondant à environ 50 atmosphères) ». Malgré ce traitement, qui, vous le savez, détruit tous les êtres vivants et même tous les éléments anafomiques, re virus conserva toute sa puissance. Du pus morveux traité de même tua rapidement des chevaux à qui il fut inoculé. Ces virus ne doivent donc pas leurs propriétés ni à des organismes inférieurs vivants, ni même à des cellules vivantes. Cette expérience de P. Bert est démonstrative au premier chef; elle juge la doctrine de la pathologie animée; il se pourrait même qu'elle porlîlt atteinte à la théorie de M. Chauveau. Cette théorie, du reste, qui veut localiser dans les granulations seules la puissance des virus, n'est pas bien établie elle-même. Klle a été fortement attaquée par M. Colin. Cet expérimentateur a monlié l'imperfection de la dilTusion par Peau employée comme moyen de séparation des éléments solides; il a établi que la partie liquide des humeurs virulentes est elle-même virulente au même titre que les granulations ou les éléments anatomiques qu'elle contient.

En résumé donc, et après tant de travaux, nous ne sommes pas très-avancés sur la question de la nature des virus, et nous sommes forcés d'en revenir encore aux idées exposées par Ch. Robin. Suivant cet auteur, les virus sont des humeurs avant subi un état spécial d'altération qui porte surtout sur les principes albuminoïdos el qui consiste en des modifications de nature isomérique de ces

(1) p. Berl, loc. cit.

substances. Cette altération de Thumeur porte sur toutes ses parties constitutives, et Ton ne peut retirer de Thumeur virulente une matière particulière et possédant exclusivement la virulence. Il faut, pour retrouver le pouvoir virulent dans cette humeur, la prendre de toutes pièces, soit à l'état liquide, soit à Tétat de dessiccation, mais sans modification de sa constitution autre que la présence de plus ou moins d*eau, encore la quantité d*eau doit-elle être minime. Est-ce à dire cependant que leâ microzoaires ou les micropliytes n** jouent absolument aucun rôle dans la propagation des maladies infectieuses, virulentes ou non? Il est probable que ces petits corps peuvent jouer un rôle de véhicule des virus et des contages, qu'ils peuvent transporter les agents virulents dont ils ont été imprégnés eux-mêmes; mais ce serait là leur seul mode d'action dans Facte intime de rinfection et de la virulence (1).

(1) Depuis la rédaction do cette leçon, de nouvelles recherches ont été faites (ur Pasteur (1) et Feltz (2) pour contrôler les expériences de P. Bert sur le vini5 charbonneux. Ces recherches ont démontré <|ue, si l'air comprimé à forte tension ftrmblui tuer le<t bartéridies charbonneuses, il laissait intactes les spores de ces baciêridîes di^ montrées par Koch en 1876 (3), et capables de reproduire le charbon. M. Paul Bert du reste a reconnu l'exactitude de ces faits. M. Pasteur est allé plus loin. Il a culti^t* dans de l'urine des bactéridies prises dans du sang; charbonneux et avec ces bartéridies il a reproduit le charbon. Il a filtré le san^ charbonneux à travers de* filtres 4^ plàtr<' et le liquide Altré, qui ne contenait plus de bactéridies s'est montré comptrlemout inactif. Il semblerait donc que les bactéridies sont bien les accents de la ^inlence dans la maladie charbonneuse; cependant je crois que ce* expérience* w )ieuveiit rien changer aux conclusions de cette leçon. En effet, M. Colin Va naimtn*. 1^ sau^' d'un animai ('harb(»nneux, comme le sang d'un animal septicéniique, e>t xiral-^ni avant di; rnifiMmer des bactéridies, 1(> sérum exprimé du caillot du sang qui ne •''•^»tient ]jas d(» bactéridies est virulent, eiifui du sang contenant des bactéridies [k^uI •»' pas donner le charbon.

(i) PasU'ur, Acadi'mie de m/drcinr, 1877.

(2) Fi'llx, Académie des sciences, 1877.

Ci) Kocli, cil4^ pair Colin, Acadt'mie de médecine, i877.

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