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INFECTIONS. PRODUCTION DES LÉSIONS LOCALES

se suspend sur les bords du vaisseau et dans les ampoules moniliformes produites dans ces canaux sous l'influence du processus inllammaloire, tandis qu'elle persiste dans Taxe vasculaire. Dans ces conditions, il arrive assez fréquemment que des coagulums peuvent être entraînés, du lieu où ils se sont produits,. dans des vaisseaux encore libres, qu'ils s'y engagent, et qu'après un certain trajet, ils se fixent en un point où ils oblitèrent le vaisseau. Dans quelques cas, immédiatement la rupture vasculaire a lieu et l'infarctus hémorrhagique est produit; mais, le plus souvent, il s'écoule un cerUiin temps pendant lequel le capillaire résiste jusqu'au moment où la pression intérieure surpasse la résistance de ses parois.

C'est donc dans les embolies qu'il faut chercher l'origine des lésions locales des maladies infectieuses, embolies capillaires, dont la démonstration anatomique a été faite dans un grand nombre d'infections, notamment dans les septicémies, la fièvre typhoïde, le choléra. Les inflammations, les gangrènes, les ulcérations, les suppurations sont précédées de l'oblitération emboliquc des vaisseaux; et il n'est pas nécessaire, pour la production de ces embolies, qu'il existe dans une région quelconque de l'organisme un foyer inflammatoire, puisque l'état infectieux du sang suflit à lui seul pour leur donner naissance.

Cette doctrine de l'origine embolique de la plupart des lésions locales dans les infections n'est cependant pas acceptée d'une manière complète par M. Cliauveau, au moins pour la production des abcès métastatiques dans l'infection purulente. Suivant cet expérimentateur, quand on étudie les efiets consécutifs à l'injection de pus dans les veines ou dans les artères, on remarque les faits suivants. Le pus injecté va déterminer des inflammations dans les tissus où se distribuent les capillaires des vaisseaux qui ont reçu l'injection, et quelquefois dans d'autres points, si toute la matière injectée n'a pas été retenue par le premier réseau capillaire. Le pus s'arrête dans ce premier réseau quand il est injecté complet, avec ses leucocytes; il fait alors embolie et produit les lésions ultérieures dont nous parlions tout à l'heure. Mais si le pus a été filtré, s'il est privé de toutes ses particules solides, il peut traverser les réseaux capillaires; et cependant, dans ces conditions, son injection amène des lésions inflammatoires dans les tissus irrigués par les vaisseaux capillaires qu'il a traversés. Dans ces cas donc, ce n'est pas dans roblilération embolique, dans l'obstruction vasculaire qu'il faut chercher l'origine des lésions analoniiqiies

produites, puisque les vaisseaux n'ont pas été oblitérés. La cause (le ces lésions réside tout entière dans les propriétés phlog<^ènes du pus que nous avons étudiées dans nos leçons sur rinOammation et qui, d*après les expériences de M. Chauveau surtout, paraissent appartenir plus spécialement aux granulations molécukiircs en suspension dans cette humeur. L'auteur pense que les abcès inélastatiques peuvent provenir des granulations du pus qui, sans faire embolie dans les capillaires, se seront cependant annotées dans ces petits vaisseaux et auront pu même s'engager dans l'épaisseur de leurs parois. Cette manière de voir permet d'expliquer la formalion des abcès métastatiques multiples que l'on trouve dans rinfection purulente. Dans cette maladie, en eiïet, à la suite d'une plaie périphérique, on voit s'établir un état grave, qui se termine ordinairement par la mort, et qui donne lieu à la production d'abcès, nonseulement dans le poumon, mais dans le foie, la rate, les reins et les autres organes. Si l'on admet l'origine embolique de ces lésions, il est facile de comprendre leur apparition dans le poumon; des détritus venus de la plaie ont été transportés jusqu'aux capillaires pulmonaires et les ont oblitérés. Mais, avec cette idée, on ne peut comprendre l'origine des abcès dans les autres organes, puisque les corps emboliques venus de la plaie ont dû s'arrêter dans le résean pulmonaire qu'ils n'ont pu franchir. Feitz, pour interpréter ces faits, a émis sa doctrine des embolies secondaires, vous le savez. Suivant lui, des foyers purulents du poumon peuvent partir des détritus qui, lancés dans le système aortique, iront faire de nouvelles . embolies dans les autres organes. Mais cette doctrine n'est applicable qu'au cas d'infection purulente à marche très-lente; elle n'explique pas ceux où les abcès apparaissent rapidement, ni ceux dans lesquels on trouve des abcès dans le foie, les reins, la rate, sans qu'il y en ait dans le poumon. Il faut donc ici que les particules transportées depuis la plaie avec leurs propriétés phlogogènes aient pu franchir le réseau capillaire du poumon, pour venir s'arrêler dans les petits vaisseaux des organes dépendants de la circulation aortique. C'est là l'idée acceptée par M. Chauveau, et je crois pouvoir l'admettre, tout en vous rappelant que, dans l'infection puni- Icnlo, qui n'est que la septicémie à marche lente, ces lésions peuvent aussi reconnaître pour point de départ dos embolies de globules blancs semblables à celles que j'ai rencontrées dans le foio des animaux sur lesquels j'ai expérimenté.

D'après tout ce qui vient d'être dit, les lésions locales des infoc-

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