‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 168 sur 217 · fi · texte numérisé non relu

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D'après Friedicbcn (2), à cette diminution dans les sels terreux, il faut ajouter une augmentiition dVide carbonique dans les couches récemment formées, une augmentation de la quantité d'eau dans les cartilages non ossifiés, une augmentation dans la quantité de graisse, mais dans les os longs seulement.

Voyons maintenant quelles sont les modifications qui surviennent

(1| Caiillnr, Chimie appliqaie à la phtjxiologie, a la pathologie et à l'hygîine, 1874. Ii) Fricillcbrn, Ueitrage iur Ktnaimit de» phi/i. und dtem. Conilruction modua*' ier und rwAJfitc/ier Kuochen dtr tralen Kiiuiheit, 1860.

dans les os quand la guérison doil avoir lieu. Ces modifications sont peu connues. Certains auteurs pensent que la réparation se fait par simple apport de sels calcaires ; mais cette hypothèse n'est pas démontrée. D'autres, M. Broca notamment, veulent qu*il y ait reprise de rossification au point où elle s'était arrêtée ; suivant lui, les lésions qui s'étaient produites de Tépiphyse vers la diaphyse disparaissent en sens inverse, avec ceci de particulier que le tissu spongoîde du rachitisme devient simplement osseux, c'est-à-dire qu'il prend la consistance et la structure de l'os, mais qu'il n'en a pas la disposition. Ses aréoles, en cfTet, ne ressemblent pas à celles du tissu osseux ordinaire ; au lieu d'être polygonales, elles sont arrondies et inégales, ce sont les aréoles du tissu spongoîde. Il en résulte qoe cet os, après le travail réparateur en question , a une consistance et une densité plus considérable que l'os normal; même dans cette région épiphysaire, il y aurait donc une sorte d'éburnation. Dans les diaphyses, suivant le même auteur, les anciennes coudies osseuses reprennent leurs sels calcaires pendant que s'ossifient ausâ les couches sous-périostées; mais le mode d'ossification de toutes ces parties est inconnu. Toujours est-il que l'os guéri reste ébumé et que cette éburnation, après avoir persisté plus ou moins longtemps, finit par disparaître. L'os reprend alors sa structure et sa consistance physiologique.

Quelle est V origine étiologique du processus morbide? La plupart des auteurs considèrent le rachitisme comme le résultat de l'influence des mauvaises conditions hygiéniques. L'alimentation vicieuse et sans rapport avec l'âge des enfants, le froid, l'humidité, l'aération insuffisante, le sevrage prématuré, l'usage de la bouillie, une nourriture végétale grossière au moment du sevrage, telles sont les causes qui, depuis J.-L. Petit, ont été acceptées pour expliquer l'apparition du mal. L'expérimentation, du reste, semblait jusqu'à un certain point, donner raison à ces idées reposant sur l'observation clinique. J. Guérin ayant sevré deux jeunes chiens d'un mois, les tint enfermés dans une chambre et les nourrit d'une pâtée de pain et de viande ; trois mois après, ils avaient de la diarrhée et devenaient rachitiques, en passant par les symptômes que présente la maladie chez l'homme. D'autres chiens, sevrés prématurément, nourris de la même manière, mais laissés en liberté, devinrent également rachitiques. D'après ces expériences, l'alimentation imparfaite doit donc être considérée comme la cause fondamentale du rachitisme; et, comme le dit Trousseau, cette alimentation im-

RACHITISME. ÉTIOLOGIE.

parfaite, c'est, pour les carnivores, ralimentation par la viande Uint qu'ils n'ont pas passé l'âge de téter et, pour les herbivores, l'alimentation végétale quand ils devraient être encore à la mamelle. Ceci revient à dire que la cause première du rachitisme réside dans le sevrage prématuré et que, pour les enfants, comme pour les animaux, la seule nourriture convenable, c'est le lait malernel, ou tout au moins un régime lacté bien institué. Cependant ces causes peuventelles réellement à elles seules amener le rachitisme; peut-on, expérimentalement, en agissant à l'aide de ces moyens, faire des rachitiques à volonté? Je ne le crois pas. Voici, en effet, les résultats obtenus par M. Tripier (1) dans des expériences faites à la campagne et à la ville.

A la campagne, on expérimente sur deux portées de petits chats ; les uns ont douze joul-s, les autres quinze jours. Dans chacune des portées, on laisse avec la mcre un ou deux sujets; l'on sèvre les autres; et, de ces derniers, les uns sont soumis à un régime de viande hachée et d'eau, les autres ne boivent que du lait de vache. Les chats laissés avec la mère prospèrent, les chats sevrés dépérissent; tous ont de la diarrhée, particulièrement ceux nourris au lait ; ils meurent tous, ceux nourris de viande au bout de dix à onze jours, les autres au bout de quinze à vingt jours. Or l'analyse chimique du fémur, faite sur un chat laissé avec la mère et sur les autres, donne les résultats ci-dessous, qui ne montrent pas la diminution des matières minérales.

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