RACHITISME. DIAGNOSTIC
le phosphate de chaux à Télat de dissolution et amène son expulsion par les urines. Celte manière de voir, qui rend compte des troubles digestirs, de la diarrhée, est encore acceptée par Paul (1); mais, il faut en convenir, si elle explique certains faits, elle ne nous rend pas compte des lésions anatomiques et, de plus, elle n'est pas complètement démontrée.
Le diafjnoslic du rachitisme me semble très-facile, après la description que je vous ai donnée de la maladie. D'une manière générale, quand, chez de lout jeunes enfants, on constate, avec des troubles gi'aves dans les fonctions digeslives, cetle trislesse et cette crainte des mouvemenls dont je vous ai parlé, on doit songer au rachitisme. Déjà à ce moment, un examen jjIus approfondi montrera l'augmenlîition de volume de la tète, le gonllement noueux des épiphyses cl même le chapelet rachitique. La maladie dès lors ne saurait être confondue avec aucune aulre, excepté peut-être avec la syphilis congénitale, qui produit éj»alement le gonllement des épiphyses. Mais, dans celte maladie, il existe le plus souvent des lésions de la peau; on rencontre aussi des exostoses, des décollements épipliysaires et un état de semi- paralysie des membres. Quand le rachitisme se développe vers Tagc de dix-huit à vingt mois, c'est la petitesse de la taille qui frappe tout d'abord; puis on observe bientôt les nouures et les courbures qui ne peuvent laisser aucune hésitation sur la nature vraie de la maladie.
Quant au pronoslicy il est toujours grave. I^a plupart des enfants atteints de bonne heure arrivent à la consomption rachitique et succombent, emportés le plus souvent par des complications survenues du coté de Tappareil respiratoire, quelquefois par des fièvres éruplives. Le rachitisme tardif met moins les enfants en danger; mais il entraîne du coté du squelette de graves déformations qui, plus tard, pourront èlre Torigine de maladies sérieuses. La consomption rachitique et la mort surviennent du reste encore fréquemment chez ces sujets.
Terminons par quelques mots sur le traitement du processus rachitique.
L'indication causale ne peut s'adresser à la prédisposition morbide dans la plupart des cas. On ne peut atteindre que très-ditticilement l'état de santé des parents; il y a cependant une exception pour la syphilis qui peut être traitée chez les parents si elle est reconnue.
il; Lorkiin"y»;r ri Paul, Ally. uiul spec, Chir.% ISlîO, 1801.
PICOT. u. — 6:i
Quant à la prédisposition chez Tenrant, le plus souvent elle nous échappe. Il n'en est plus ainsi des causes extérieures que nous pouvons fréquemment écarter ou dont, tout au moins, nous pouvons diminuer les effets. L'indication causale peut ici être remplie préventivement : avant le développement du mal, le traitement se confond alors avec la prophylaxie ; ou bien quand la maladie a débuté. Elle réclame dans les deux cas l'emploi des mêmes moyens. C'est Tallaitemcnt maternel qui domine le traitement. Il sera continué au minimum jusqu'après la seconde poussée dentaire (les quatre incisives de la mâchoire supérieure qui apparaissent entre douze el treize mois); ou, si l'allaitement maternel ne peutavoir lieu, soit para» que la mère n'a pas de lail, soit parce qu'elle ne peut suffire à la laclation, l'allaitement sera fait par une nourric.e au sein. Après la première poussée dentaire, on pourra joindre au lait de la mère ou de la nourrice le lait de vache et quelques féculents préparés au lait. A ces moyens touchant l'alimentation il faut ajouter ceux qui concernent l'aération et les autres conditions hygiéniques. Si déjà la maladie s'est déclarée, on ne saurait trop insister sur eux. En cooséqueuce, les petits malades seront conduits à la campaj^ne; on leur choisira une habitation bien située, ni froide, ni humide; ils devrout cire tenus avec la plus scrupuleuse propreté. Peut-être pour la saison, d'hiver sera-t-il utile de les transporter dans un climat tempéré.
La nature du trouble de nutrition générale qui conduit au rachitisme nous éUint inconnue, il est de toute impossibilité de remplir rindication morbide. De nombreux remèdes plus ou moins empiriques ont cependant été employés et regardés par leurs inventeurs comme des spécifiques du mal. Ce sont de ces remèd<,»s qu'il est l)on d'employer pendant qu'ils guérissent comme l'on dit habiluelleineol. Cependant il est certain que l'huile de foie de morue, qui a été pr»'conisée par Hretonncau, rend de réels services à titre de reconstituant général. Le phosphate de chaux et surtout le lacto-pliosphalc. étudié |>ar M. Dusard (1), a donné pareillement de réels succès. Un pourra donc utiliser particulièrement ces médicaments.
Enlin, les indications symptomatiques devront être l'objet de l'attention spéciale du médecin. Dans la première période, les (onctiuos digestives qui sont troublées par les vomissements et la diarrluv. seronl surveillées le plus possible, puisque sur elles repose la nutrition générale de l'organisme. Les astringents, les opiacés s'adres-
(I) DusartI, llecherches expérimentales sur les propriétén phijsiolojiques et ther^>et' tuiues du itltosphate de chaux {Arch. gén. de méd.y 1870).