GR0FULIDKS MALIGNES DES MUQUEUSES
internes et externes du col s'observent ainsi, donnant lieu à dos écoulements purulents, à des érosions, à des ulcérations granuleuses ou non du col de Futérus. Des balanites et des balano^posthites, quelquefois même des uréthrites surviennent, surtout chez les enfants ou les jeunes gens qui se livrent à la masturbation.
Les éruptions bénijrnes des muqueuses sont le plus souvent des éruptions vésiculeuses ou pustuleuses, qui se développent seules ou qui coïncident avec les inllammations calarrhales. Superficielles et rassemblées par petits {groupes, elles sont assez analogues aux pustules de rimpéligo, quelquefois aux vésico-pustules de Therpès, Très-peu de temps après leur apparition, elles se brisent et le pus qu'elles contenaient forme des croûtes jaunAtres, peu épaisses, sous lesquelles on trouve une petite ulcération. Ces éruptions scrofuleuses se rencontrent souvent sur la muqueuse nasale, à l'entrée des narines, sur la muqueuse des lèvres, des gencives et de la langue ; elles sont rares sur les organes génitaux. La conjonctive oculaire ou la cornée sont fréquemment le siège d'une inflammation éruptive de ce genre; on la désigne sous les noms de conjonctivite ou de kératite phlyctmulairey conjonctivite ou kératite scrofulcuse pure. Ordinairement l'éruption est limitée; elle siège alors le plus souvent sur le côté externe, et il n'y a qu'une ou deux pustules qui s'avancent sur la circonférence de la cornée et qui occupent Texlrémité interne d'une tache très-rouge siégeant sur la sclérotique. Les pustules, dont le volume n'excède pas celui d'une petite lentille, se terminent de diverses manières. Tantôt le liquide qu'elles contiennent est résorbé et elles s'affaissent, ne laissant après elles sur la conjonctive et sur la cornée qu'une tache blanchâtre qui finit par disparaître; tantôt elles crèvent cl il en résulte des ulcérations superficielles de la cornée. Ces ulcérations n'amènent jamais une opacité complète ou une perforation de celte membrane; quand vient la cicatrisation, elles se rétrécissent de plus en plus et disparaissent sans laisser de traces autres qu'une laie qui s'efface à la longue. Cette inflammation phlycténulaire est ordinairement peu douloureuse; cependant, si le nombre des pustules est considérable, si l'éruption, au lieu d'être limitée, est généralisée, il y a de la douleur, du larmoiement et de la photophobie.
Les srroftilidcs malifjnes des muqueuses sont les analogues dos scrofulides malignes do la peau. On les observe le plus ordinairement sur la muqueuse bucoo-pharyngienne, sur la muqueuse nasale, sur la muqueuse des organes génitaux de la femme. Sur la
muqueuse oculaire on rencontre parfois une manifestation qui peut être considérée comme une scrofulide maligne.
Les scrofulides malignes de la muqueuse bucco-pharyngienne, qui ont été bien étudiées par M. Homolle (1), se présentent, suivant lui, sous six formes différentes. Les principales sont Véryihènie limdCy caractérisé par une teinte violacée uniforme de la muqueuse sur laquelle, dans certains cas, se détachent des plaques blanchâtres opalines, les granulations ressemblant tantôt à des bourgeons cliarnus, tantôt aux saillies de Tangine granuleuse, les ulcérations qui, dans leur évolution successive, peuvent quelquefois prendre la forme cancroïdale. Les formes légères de ces lésions, éiTthème livide, granulations, coïncident le plus souvent avec les différents lupus de la face que je vous ai décrits. Au contraire les ulcération'; profondes se. développent primitivement sur la muqueuse pharyngienne.
La scrofulide ulcéreuse maligne de la gorge, lupus de la goi^e, déjà décrite par Hamilton (2), débute par une rougeur vive du voile du palais, des piliers et de la paroi postérieure du phannx, sur laquelle apparaissent bientôt une ou plusieurs ulcérations profondes détruisant progressivement les tissus qu'elles ont envahis. Quelquefois les ulcérations succèdent à des tubercules durs, analogues à ceux des lupus tuberculeux. Ces ulcères détruisent ainsi le voile qu'ils perforent, la luette, les piliers ; parfois ils vont jusqu'à ronger les os de la voûte palatine. La maladie exerce ses ravages sans causer pour ainsi dire de douleurs; elle a une marche extrêmement lente et, quand vient la guérison, il s'établit entre le voile du palais et le pharynx dos adhérences qui ferment complètement la communication avec la partie postérieure des fosses nasales. Si l'ulcère doit revêtir la forme cancroïdale, on voit le fond s'indurer progressivement, les bords se renverser en dehors et la maladie prendre une marche des plus rapides. Dans ce cas, par sa marche et sa résistance absolue a tous les traitements qu'on peut lui opposer, elle ressemble aux formes les plus graves du cancroïde. La mort en est la conséquence.
Les sciofulides malignes des organes génilayx, désignées aussi sous le nom d'eslliiomène de la vulve (."J), de la région vulvo-anale, surviennent chez les femmes pendant toute la durée de leur vie
(I) Hotnolie, Des scrofulules graves de la muqueuse bucco-phanjngienne . Anginn scrofuleuses graves, lupus de la gorge (thèse de Paris, 1875). (t) Hamilton, loc. cit.
(3j Hugiiier, Mémoire sur l'esthiomène delà vulve (Acaft. tle mérf., t. XIVi.