QUARANTE ET UNIÈME LEÇON
Du diabète (suite). — Limite de saturation du san^i^ par le sucre. — Glycosurie expérimentale. — DéflnitioD. — Étiologie du processus diabétique.
Messieurs,
Le processus morbide que nous allons étudier esl caractérisé spécialement par la présence dans le sang d'une quantité de glycose plus considérable que celle de l'état physiologique. L'hyperglycémie est telle alors que le milieu intérieur ne peut plus retenir le sucre qu'il contient et l'abandonne par la plupart des émonctoires organiques, principalement par la sécrétion urinaire. L'hyperglycémie a donc pour conséquence la glycosurie et ces deux états sont intimement liés l'un à l'autre pendant le processus dont il s'agit. (]ette liaison intime entre la qualité du sang et celle des urines nous impose donc avant tout d'être bien fixés sur la limite de saturation sucrée que le sang peut supporter. Cette connaissance est absolument indispensable pour l'étude que nous allons entreprendre.
A l'état physiologique, nous l'avons vu dans notre précédent? leçon, la quantité de sucre contenue dans le sang est généralement de Iff^^âr) pour 1000 dans les artères et, variable dans les veines suivant leur siège anatomique, elle oscille le plus souvent dans ces vaisseaux entre 0^,40 et 0^^90 pour 1000. De plus, cette proportion de sucre varie suivant l'état de digestion ou l'état de non-digestion des sujets. Comme l'a prouvé Cl. Bernard, au moment de la digestion, quelle que soit du reste la nature de l'alimentation, la quantité de sang qui traverse le foie est plus considérable ; il se produit alors une véritable congestion hépatique cl, sous son influence, une plus grande quantité de matière glycogènc se trouve transformée en glycose et passe dans les veines. Cl. Bernard a démontré, en effet, qu'à jeun la moyenne du sucre hépatique est de 1^%79 pour 100, chez l'homme, tandis que cette moyenne s'élève à ^«^,140 pour 100 de tissu du foie pendant la période digestive.
A l'état normal, ces oscillations dans la proportion de sucre du sang ne vont cependant jamais jusqu'à dépasser la limite que le