TUBERCULOSE DE L'INTESTIN
méningites tuberculeuses, la pie-mère et Tarachnoïde spinale sont elles-mêmes envahies par les tubercules.
La tuberculose des membranes muqtiemes frappe , par ordre de fréquence, le tube digestif (intestin grêle et gros intestin), les voies aériennes (trachée, bronches et larynx), enfin les voies génitourinaires.
Sur la muqueme digestive^ les granulations tuberculeuses, qui peuvent coïncider avec toutes les foimes de la tuberculose dans les autres organes, se développent principalement à l'extrémité inférieure de riléon, quelquefois dans le jéjunum et le rectum; il est rare qu'on en trouve dans l'œsophage, l'estomac ou le duodénum. Elles naissent dans le tissu sous-jacent à l'épithélium, au niveau des culs-de-sac des glandes de Lieberkùhn, quelquefois, comme M.Chauveau (1) l'a vu dans ses expériences, dans lesvillosités intestinales elles-mêmes. Elles forment de petites nodosités grisâtres, demitransparentes, blanchâtres ou jaunâtres, suivant la période évolutive à laquelle elles sont arrivées. Au bout d'un certain temps, ces granulations se ramollissent et déterminent autour d'elles une intlammation de la muqueuse ou du tissu sous-muqueux qui aboutit à la formation d'un ulcère tuberculeux.
Indépendamment de ces granulations, on rencontre sur la muqueuse digestive d'autres lésions tuberculeuses qui siègent spécialement dans les follicules clos de l'intestin ; elles ont été remarquablement décrites par Cornil et Ranvier. Au début elles se manifestent sous la forme de granulations semblables à celles dont il vient d'être question, mais qui, bientôt, sont plus volumineuses et moins dures qu'elles. Quand on les pique avec une aiguille, on en fait souvent sortir un liquide tenant en suspension des leucocytes et des cellules épilhéliales en voie de dégénérescence graisseuse. Quelquefois leur centre est transformé en un petit abcès qui se vide ultérieurement, laissant après lui une perte de substance, ulcère qui va s'agrandissant. Ordinairement, plusieurs follicules isolés ou bien des follicules agminés (plaques de Peyer) sont ainsi atteints; et quand l'ulcération s'est produite, il en résulte une plaque ulcérée à son centre, et dont les bords, sinueux et saillants, sont infiltrés d'éléments tuberculeux plus ou moins altérés et en voie de dégénérescence caséeuse. On y trouve aussi parfois, à une certaine distance, de véritables granulations tuberculeuses en voie d'altérations semblables. Peut-être ces
(1) Chau veau, /oc. cit.
i06j LES GRANDS PROCESSUS MORBIDES.
lésions représentent-elles TinOltration tuberculeuse dans la muqueuse
digestive ?
Les ulcères sont arrondis ou elliptiques, et, dans ce dernier cas, leur grand diamètre esl dirigé transversalement, à moins toutefois qu'ils ne siègent sur les plaques de Peyer elles-mêmes. Leur fond est parsemé de granulations tuberculeuses que Ton retrouve jusque J«ins le tissu conjonctif sous-muqueux, dans les couches musculaires et même dans le tissu sous-séreux. C'est la caséification et le ramollissement de ces produits tuberculeux qui amènent l'accroissement en profondeur des ulcérations qui peuvent alors aboutir à la perforation complète de l'intestin. Ces lésions, qui s'obser\'ent trèsfréquemment chez les sujets atteints de tuberculose chronique du poumon, s'accompagnent d'une inflammation catarrhale plus ou moins intense de l'intestin ; elles donnent souvent lieu à une diarrhée incoercible; et, d'après les expériences de M. Chauveau, elles semblent dues, dans ce cas, à ce que la plupart des tuberculeux avalent en grande partie leurs crachats.
La tuberculose du lai^nx est la plus importante des localisations du processus morbide vers la muqueuse aérienne. C'est elle que Ton désigne ordinairement sous le nom de phthisie laryngée. Contrairement aux vues de Virchow, qui la regardait comme étant toujours produite par la granulation tuberculeuse, il faut reconnaître, avec Rindfleisch etThaon,que l'inflammation casé 'use due à l'inûltratioa tuberculeuse est l'origine dos lésions. L'examen imparfait du lar^ni, M. Thaon l'a bien montré, est la cause de l'erreur qui a été commise. En effet, sur la muqueuse du larynx, on trouve souvent de petits points saillants, arrondis et grisîHres, siégoant particulièrement sur l'épiglotle. A côté d'eux existent de petits foyers également arrondis, colorés en jaune, offrant l'aspect caséeux, et plus loin des ulcérations ayant succédé à l'évacuation de la matière caséeuse. On conclut à l'identité de toutes ces lésions qui semblent être les diverses phases évolutives de la granulation tuberculeuse, sans penser que les points saillants ne sont que les glandules de la muqueuse, augmentées de volume sous l'influence de l'inflammation, et infiltrées elles-mêmes par les éléments tuberculeux. Une étude approfondie, faite au moyen du laryngoscope et pendant la vie, jointe à Tcxameo anatomique ultérieur, a permis à M. Thaon de redresser cette erreur.
Au début apparaît la congestion, qui transforme en coloration rouge plus ou moins vive la coloration blanche lactée existant à l'étal