TUBERCULOSE DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES
mollissement se produit, il entraîne quelquefois à sa suite la formation d'ulcères plus ou moins profonds. Dans l'urèlhre, comme Font montré MM. Guyon et Dolbeau (i), on trouve parfois des granulations à la surfacade la muqueuse; mais, le plus souvent, ce sont des ulcérations circulaires dont le fond est recouvert d'une matière caséeuse. Ces lésions ne siègent jamais guère ailleurs que dans la région prostatique; elles entraînent après elles des* rétrécissements uréthraux et quelquefois des infiltrations urinaires.
La tuberculose atteint fréquemment les organes du système lymphatique, vaisseaux et ganglions. Pour les vaisseaux lymphatiques, elle succède souvent à la tuberculose des séreuses; aussi Tobservet-on dans le péritoine, dans la plèvre, dans le péricarde, envahis par les produits tuberculeux. Elle se montre pareillement sur les lymphatiques des séreuses quand ces vaisseaux ont leurs origines dans des organes devenus eux-mêmes tuberculeux. C'est ainsi que, dans la tuberculose intestinale, quand l'ulcération a une certaine profondeur, on voitdes vaisseaux lymphatiques du mésentère devenus noueux sur tout leur trajet jusqu'aux ganglions. Sur le diaphragme, et particulièrement dans la région du centre phrénique, comme l'a montré M. Lépine , les lymphatiques sont souvent tuberculeux dans les cas de pltHirésic diaphragmatique d'origine tuberculeuse. A la suite de la tuberculose des organes génitaux, chez l'homme et chez la femme, les mômes lésions peuvent se rencontrer; chez la femme, des lymphatiques tuberculeux ont été vus formant des réseaux sous la séreuse qui tapisse la face postérieure de l'utérus et les ligaments larges. Dans le poumon, suivant M. Grancher, les tubercules semblent se développer dans les gaines lymphatiques péribronchiques, et, dans le cerveau , dans les gaines périvasculaires.
Dans ces différents cas, les lésions, qui ont été décrites avec soin par Cornil et Uanvier, débutent par l'oblitération des vaisseaux par des globules blancs et des cellules provenant de la paroi vasculaire, et par Finfiltiation de ces parois par des cellules embryonnaires (noyaux embryoplastiques). Plus tard, tous ces éléments, y compris le vaisseau oblitéré, forment un petit nodule ayant la structure de la granulation tuberculeuse. Tantôt ces nodules sont séparés les uns des autres par un intervalle plus ou moins considérable, ce qui donne au lymphatique l'aspect d'un véritable chapelet;
(1) Guyon et Dolbeau, cités par Reclus, loc. cit.
tantôt ils sont groupés les uns à la suite des autres sur une étendue variable. Si, dans le tissu parcouru par les vaisseaux atteints, il existe des granulations, celles-ci s'unissent fréquemment à celles des vaisseaux pour former des amas plus ou moins volumineux.
Les ganglions lympJialhiques sont très-fréquemment atteints. Dans quelques cas, rares à la vérité, on voit le processus morbide frapper à la fois tous les ganglions de Torganisme, ceux des cavités splanchniques comme ceux des membres et du cou. il s'agit alors de la tuberculose généralisée des ganglions. Le plus souvent, les ganglions d'une région sont seuls en cause; on observe ainsi la tuberculose des ganglions bronchiques (adénopathie bronchique tuberculeuse), celle des ganglions mésentériques, celle des ganglions lombaires, etc. Ces altérations ganglionnaires succèdent ordinairement à des lésions tuberculeuses des organes ou dès tissus d'où les ganglions reçoivent leurs vaisseaux lymphatiques. Parfois cependant les ganglions deviennent primitivement malades. Comme le fait observer M. Thaon, l'importance et l'étendue des lésions ganglionnaires n'est, du reste, pas en rapport avec l'importance et l'étendue des lésions des organes. En efiet, il est fréquent de rencontrer dans le médiastin et autour des bronches des masses ganglionnaires considérables quand, dans le poumon, on ne trouve qu'une lésion très-minime. Inversement des altérations tuberculeuses profondes et des plus étendues peuvent exister dans les deux poumons, et les ganglions bronchiques sont à peine malades. II y a plus encore. La nature du produit tuberculeux n'est pas forcément la même dans les ganglions et dans les tissus qui lui envoient leur lymphe. La tuberculose granuleuse aiguë du poumon s'accompagne souvent de la dégénérescence caséeuse des ganglions, et, de même, une infiltration tuberculeuse des^ poumons (pneumonie caséeuse) peut s'accompagner d'une poussive de granulations dans les ganglions.
La tuberculose des ganglions s'affirme par la présence de la granulation tuberculeuse ou par celle de l'inflammation caséeuse. Les deux lésions, comme dans le plus grand nombre des organes» sont très-souvent consécutives.
Les granulations des ganglions sont tantôt isolées et tantôt confluentes. Elles se montrent sous forme de petits points grisâtres ou jaunâtres, ou bien sous forme d'ilôts dans lesquels on distingue un grand nombre de points opaques correspondant aux granulations primitives. Au début, suivant M. Thaon, on trouve au centre