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TUBERCULOSE. CONTAGION

esl dangereuse pour les animaux, et faisant même pressentir que l'usage de la viande provenant d'animaux tuberculeux peut être dangereux pour l'homme, il faut joindre celles de Klebs (I) et de Bollinger (2), faisant voir que le lait de vaches atteintes de tuberculose peut être lui-même le véhicule du principe inoculable. D'après ces auteurs, en effet, le lait en question, même après la cuisson, déterminerait une tuberculose qui, débutant par les ganglions mésentériques, gagnerait ensuite le foie, la rate, puis les organes respiratoires. Les conclusions de Fleming (3) me semblent à cet égard des plus importantes. Au point de vue hygiénique, et même en admettant que le lait des vaches tuberculeuses n'ait pas de propriétés infectieuses, ce lait doit être exclu de l'alimentation. Il constitue toujours un mauvais aliment, car il est pauvre en sucre, en graisse et en albumine, et il contient beaucoup de matières minérales. Chez les enfants, il trouble les fonctions digestives, amène de la diarrhée et un amaigrissement consécutif, souvent très-rapide. Cette alimentation insuffisante est peut-être, à elle seule, l'origine de la tuberculose à laquelle succombent souvent les enfants en question et que l'on est tenté de rapporter à une transmission contagieuse dans ce cas.

Mais si la tuberculose est inoculable de l'homme à certaines espèces animales, si elle semble pouvoir être transmissible des animaux à l'homme par l'usage des viandes ou du lait provenant d'animaux tuberculeux, est-elle réellement contagieuse, c'est-à-dire transmissible de l'homme à l'homme? La cohabitation plus ou moins prolongée avec les tuberculeux, la respiration de l'air qu'ils ont aspiré, la pénétration dans les voies aériennes des émanations de leurs crachats ou de ces crachats qui, desséchés et sous forme pulvérulente, peuvent être tenus en suspension dans l'air, le contact de leur sueur enlin, peuvent-ils produire la maladie? Les cas où la contagion a été admise se rapportent pour la grande majorité à des époux vivant d'une vie commune et se trouvant précisément placés dans les conditions où l'absorption d'agents tuberculeux peut avoir lieu. Fréquemment on a vu des sujets véritablement robustes devenir tuberculeux après avoir soigné dans ces conditions soit leur

(l) KI<*1)«, Die Kuntsliche Enengung der Tuberculose {Arch, f. exper. Path. und Phnrm., M.\).

it) IJolIin;^'or, l'eber Impf-und FutlerungstuberculoseiArch. fur exper. PafÀ., 1873).

• 3j Fl(Miiiii^% The Transmiisibylihj of tuberculosis {Brit. and foreign, medico-chir. Rn:, ISTlj.

femme, soit leur mari. \ a-l-il contagion dans ces circonslancos? Faut-il admettre au contraire que l'origine de la tuberculose doit être cherchée dans les fatigues, les veilles, les chagrins, les préoccupations de celui des époux qui soigne le tuberculeux, qui assiste à révolution de son mal et finalement qui le voit succomber? C'est ce qu'il est difficile de déterminer dans l'état actuel de la science. D'un autre côté, comme tous les auteurs ont reconnu que, dans l'immense majorité des cas de ce genre, la maladie, primitivement développée chez le mari, a frappé la femme en second lieu, ne doiton pas se demafader si elle n'a pas été communiquée à la femme par l'intermédiaire du fœtus, à qui le mari aurait transmis une sorte de germe du mal? On sait, en effet, que, dans ces cas, la maladie de la femme ne s'est souvent montrée qu'après une grossesse. Le sperme d'un tuberculeux pourrait-il donc contenir le principe transmissible de la tuberculose? On pourrait être tenté de le croire, surtout dans les cas de tuberculose des organes génitaux; mais, j'ai hâte de vous le dire, ce sont là de pures hypotlièses que rien ne démontre jusqu'à ce jour?

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