QUATRE-VINGT-QUATRIÈME LEÇON
Tuberculose (suite). — Étiologie (suite). — Pathogénie. — Pronostic. — Traitement.
Messieurs,
Terminons Télude de Tétiologie de la tuberculose p«ir l'examen des conditions qui favorisent son apparition ou son développemenl. Os conditions sont de deux sortes : ou bien elles se rapportent au milieu ambiant, ou bien elles sont propres aux sujets eux-mêmes, et, dans ce dernier cas, elles sont physiologiques ou pathologiques.
Quand on examine Textension géographique de la tuberculose, on est frappé de voir qu'elle est répandue à peu près universellement par toute la terre, et qu'à fort peu d'exception, toutes les contrées du globe en sont tributaires. 11 est à remarquer cependant qu'elle diminue vers les régions polaires, à basse température, tandis qu'elle prend, vers l'équateur, une intensité et une malignité des plus grandies. Plus on s'avance vers le nord, plus aussi l'on voit diminuer la maladie. En Irlande, aux îles Féroë, chez les Esquimaux, dans les parties les plus septentrionales de la Suède, de la Norvège, en Laponie, la phthisie pulmonaire est très-rare. 11 en est de même dans les contrées qui se rapprochent du pôle sud, et, à partir de Montevideo, on voit diminuer de plus en plus la fréquence du mal. Dans les régions tempérées du globe, elle est très-commune et la douceur du climat de certaines contrées ne s'oppose pas à ses ravages. Dans le midi de l'Europe, en Italie, en Espagne, dans les îles Ioniennes, le nombre des tuberculeux est aussi grand, peut-être même plus grand, que dans les contrées du centre et même qu'en Angleterre. Les pays voisins des tropiques, l'Arabie, Tlnde, les îles de la mer du Sud; ceux qui se rapprochent de l'équateur, les Antilles, les Guyanes payent un énorme tribut à la maladie, et dans ces pays, comme l'ont montré Couzier (1), Guilbert(:2) et Dutrouleau (;i), elle présente une intensité et une rapidité d'évolution plus
(1) Couzier, Journ. de méd.y t. VII.
(2) Guilbcrt, Phthisie au Pérou et en BoUvUy 18C2.
(3j Dutrouleau, Traité des malaiHes des Européens dans les pays diaudsy 18GI.
grandes que dans les autres. Ce ne sont donc pas les climats froids qui fournissent le plus de tuberculeux, et, comme on serait tenté de le croire, ce ne sont pas non plus les climats où existent de grands écarts thermiques qui ont le triste privilège de favoriser le mal. Le tableau suivant, emprunté au remarquable ouvrage de Hirch (1) el dont les éléments ont été puisés dans la statistique de Tannée anglaise, démontre la vérité de ces deux assertions.