DIABÈTE (SUITE). GLYCOSURIE EXPÉRIMENTALE
D'après Sdiiff, eii comprimant l'aorte chez un animal et le maintenant dans cet état pendant 5 à 10 minutes, on détermine une glycosurie qui peut durer plusieurs heuies. La ligature en masse de la misse chez un animal, la ligature d'un bras chez un homme, la ligature des principaux vaisseaux d'un membre, faite de manière a obtenir un ralentissement de la circulation, donnent lieu à la présence du sucre dans l'urine ot la glycosurie ainsi produite peut durer jusqu'à 12 heures (1). Suivant l'auteur, comme je vous l'ai indiqué, ces diflérentes manœuvres qui aboutissent en définitive au ralentissement de la circulation, auraient pour résultat de créer dans le sang un ferment qui, par son action sur la matière glycogène du foie, amèneiait la formation du sucre dans cet organe, puis l'hyperglycémie et la glycosurie. La justesse de celte interprétation n'est pas encore établie; mais, quoi qu'il en soit, les faits persistent et les arrêts de circulation peuvent être désormais considérés comme des causes de glycosurie. Peut-être en réalité se forme-t-il alors une certaine quantité de ferment dans le sang et celui-ci vient-il renforcer faction du ferment hépatique. C'est ce qu'il est impossible d'affirmer dans l'état actuel de la science.
La glycémie exagérée et la glycosurie consécutive peuvent encore être établies expérimentalement par l'intermédiaire du système nerveux. La piqûre du plancher du quatrième ventricule, telle que fa faite Cl. Bernard, sert de type à toute la série des moyens agissant >ur le système nei'veux pour obtenir ces effets. Les contusions por- Imt sur le crâne agissent de la même manière , cl certains poisons, tels que le curare, la morphine à haute dose, félher, le chloroforme,
foxvde de c>arbone en inhalations, aboutissent au même résultat. * .... •
Dans ces cas si divers, c'est toujours par f intermédiaire du système
neneux qu'apparait le phénomène et, suivant les judicieuses obsenalions de Cl. Bernard, il se produit alors une véritabhî excitation qui, portée sur les nerfs vaso-dilatateurs du foie, amène dans cet organe une suractivité dans la fonction glycogénésique. Ces actions nerveuses du reste peuvent rtre déterminées par des influences réilexes tout comme elles le sont par des influences directes dont la piqûre bulbaire offre f exemple classique. Depuis longtemps déjà. Cl. Bernard a prouvé qu'après la section des nerfs pneumo- ^ïïistriques, fexritation électrique du bout central de ces nerfs était
{\, ScliifT, youveUen recherches sur la ghjcogénie animale. {Journal de Vanat. et de la phyxiol. de Ch. Robin, 1866.)
\0i LES GRANDS PltOCESSUS MOHBIDES.
suivie d'une glycosurie manifeste. Le pneumogastrique agirait alors sur lo foie tout comme le nerf sciatique peut agir sur la sécrétion salivaire par l'intermédiaire de la corde du tympan. On sait, en eiïet, que le pincement du sciatique produit une hypersécrétion de la glande sous-maxillaire. Scliiff aurait môme remarqué que la section du sciatique peut occasionner la glycosurie.
Les lésions du plancher du quatrième ventricule n'ont pas seules le pouvoir d'amener l'établissement de la glycosurie. Il résulte, en effet, de nombreuses expériences de Schiff que des lésions porlimt sur la protubérance annulaire, sur les pédoncules cérébraux, peuvent donner le même résultat. Toutefois, la glycosurie dans ces expériences ne se montre pas toujours; elle est moins durable que dans lapiqûj'e du bulbe. Dans certains cas, on peut voir des lésions des couches optiques, des pédoncules cérébelleux moyens, du ver^ mis cérébelleux produire également la glycosurie. Schiff, en lésant les faisceaux antérieurs de la moelle, et même les faisceaux postérieurs, a fait apparaître le sucre chez les animaux en expérience. Il est à remarquer ici que la glycosurie qui suit la lésion des cordons postérieurs de la moelle, comme celle due à la piqûre bulbaire, est transitoire, de peu de durée; Schiff la considère comme le résultat d'une excitation partie de la moelle, réfléchie dans le bulbe et transmise aux nerfs vaso-dilatateurs. Au contraire, la glycosurie consécutive à la section des cordons antérieurs est le résultat de la paralysie des nerfs vaso-moteurs traversant ces cordons. Klle dure des jours et même des semaines. L'expérimentateur aurait conservé ainsi des lapins glycosuriques pendant quatoi*ze jours et un rat pendant vingt jours. Il désigne en conséquence la maladie ainsi produite sous le nom de diabète paralytique.
Tous les moyens expérimentaux d'établir l'hyperglycémie et la glycosurie dont je viens de vous parler ont pour conséquence d'augmenter la proportion du sucre en exagérant l'apport de ce principe dans le .sang. Théoriquem(»ntonpeut croire que la quantité de sucre peut s'élever également parce que sa destruction diminue, et certaines doctrines pathogéniques du diabète ont été basées sur cette manière devoir. Ouand l'on admettant la destruction du sucre dans le poumon, on pensait que les maladies de cet organ»», rétrécissant le champ de la respiration, étaient susceptibles de déterminer la glycosurie. (h\ vous le savez, même dans l'asphyxie, Cl. IJernard l'a démontré, la matière glycogène diminue dans le foie et conséquemment la glycogénèse est entravée. Nous reviendrons sur celte question; mais je