NOMBRES
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Les localisations de la carcinose débutent par l'apparition d'une région indurée, d'un noyau plus ou moins limité dans l'organe qui en est le siège. Suivant la nature de la lésion cancéreuse, suivant la nature de l'organe atteint, l'aspect extérieur varie ainsi que la forme
(l) Stbiey, h conlribulion to the staMics of cancer {Med. cltir, Tr<m8.<t 1859). PICOT. U. — 76
120â Lli:S GUANDS PIlOCESSCS MORBIDES.
de la production morbide. Bien que, généralement. Ton constate l'apparition d'une grosseur sphérique, ovoïde ou irrégulière, la tumeur cancéreuse^ et que celle forme de lésions soit également propre à toutes les espèces, cependant, dans' les localisations vers les muqueuses ou les séreuses, sur l'œsophage, restomac, dans le rectum ou l'utérus, le cancer rcvôt une aulre forme. C'est alors une plaque mal limitée, une induration diffuse, une infiltration de tout l'orpane, qui lui donne une consistance plus ferme, une coloration différente de la coloration normale. II en est tiinsi dans le cancer de l'utérus, de l'estomac; il en est ainsi, au début dans le cancer mélaniquede la peau. Dans certaines formes anatomiques des lésions, dans le squirrhe atrophique par exemple, on constate une diminution de volume des organes atteints, une rétraction spéciale de ces organes qui semblent ratatinés et déformés par des brides cicatricielles. Dans d'autres formes, dans certains épithéliomes à cellules pavimenleuses, la lésion consiste, dés le début, en une sorte de bouton qui s'ulcère rapidement et qui persiste à cet état. Les bords et le fond de cette ulcération sont indurés et, autour d'elle, à une certaine distance dansles tissus, on reconnaît une induration analogue. Quelle que soit du reste la forme de la production cancéreuse, dans l'immense majorité des cas, il n'existe au début et pendant un temps souvent assez long qu'une seule lésion. Les cas où l'on a pu observer deux tumeurs c^incéreuses sont exceptionnellement rares. Velpcau et Paget ont vu cependant des cancers dans les Aewr seins à la fois.
Une fois nées, les productions cancéreuses tendent à r/ accroître, au moins pendant un certain temps, impossible toutefois à déterminer. Des éléments nouveaux s'ajoutent aux éléments anciens, au^rmentant ainsi le volume et l'étendue des lésions. Cet accroissement se fait avec une rapidité variable ; certaines tumeurs, que l'on désigne en clinique sous le nom de cancers aigus, se développent d'une manière continue et très-rapide, si bien qu'ellespeuvent,enqiielques semaines, avoir acquis un volume très-considérable. D'autres, certains épithéliomos à cellules pavimenleuses par exemple, restent stationnaires avec des dimensions souvent très-petites, et cependant peuvent se généniliser et amener la mort; il en est aussi, comme le .squirrhe atrophique etl'épilhéliome cicatrisant qui, après s'être accrues pendant un temps plus ou moins lonfr, se rétractent et diminuent de volume. Ces dillV^renles variétés de marche sont en rapport av»v la nalure même des productions cancéreuses ; il est à remarquer que.
CARCINOSE. PARTIE CLINIQUE. 1^3
plus ces productions sont riches en éléments cellulaires, plus aussi elles ont de la tendance à s'accroître rapidement.
L'accroissement des tumeurs en question est dû à la multiplication de leurs éléments qui pénètrent dans les tissus normaux ou qui les refoulent autour d'eux. A la surface de la peau, quand l'épilhéliome pavimcnteux a poussé un premier bourgeon épithélial, ce bourgeon augmente d'étendue par l'addition incessante de nouvelles cellules épithéliales. Du corps muqueux de Malpighi, le tissu morbide pénètre ainsi dans le derme et dans les tissus profonds, en s'étendant dans toutes les directions. Dans les glandes, les mômes phénomènes se produisent. Des poussées épithéliales se forment, infiltrant plus ou moins loin les tissus. Dans son acxroissement périphérique, la production cancéreuse détruit de proche en proche les tissus normaux. Le tissu conjonclif se laisse le plus facilement atteindre, puis les muscles et les nerfs sont envahis par les éléments épithéliaux et s'atrophient. Bien que résisUint pendant un certain temps, les tissus fibreux et les aponévroses sont cependant atteints à leur tour; il en est de même des os dont les lamelles osseuses sont détruites par l'apparition des éléments épithéliaux au sein des cavités médullaires.
Sîms entrer ici dans la description détaillée du mode d'envahissement des tumeurs cancéreuses, il me faut cependant vous en dire quelques mots, nécessaires pour vous faire concevoir les principaux j)hénomènes de la généralisation de la carcinoso. Ce que je vais vous dire se rapporte exclusivement aux tumeurs de nature épithéliale. Je prendrai pour guide dans cette exposition un travail de M. Pere\verselT(1), qui a bien étudié cette question et dont les recherches ont porté sur le carcinome épithélial de l'estomac.
La production morbide naît dans les glandes simples ou composées de la muqueuse stomacale. Dans ces glandes, on constate au début une formation abondanle de cellules épithéliales qui remplissent les lubes glandulaires et les dilatent de plus en plus. Ces lubes s'étendent en longueur et en largeur et, comme la formation épithéliale ne se fait pas également dans toute l'étendue du tube, qu'il y a des régions où elle est plus active, ils se déforment et, vers le fond de la glande, apparaissent des bourgeons on culs-de-sac. Ces bourgeons continuent à s'étendre en pénétrant dans les tissus voisins
{\) PcrcwiîrsofT, Recherches sur l'origine el la propagation du carcinome èpittiélial de Vestomac (Joum, de l'anat, el de la phys, de Ch, Robin, 1874).
et, quand plusieurs glandes normales ont été le siège de semblables modifications, les bourgeons nouveaux, qui en proviennent el qui se dirigent en tous sens, se rencontrent, s'unissent entre eux et il en résulte au bout d'un certain temps un véritable réseau de tubes pleins d'épithéliums.
Cependant celte formation abondante de nouveaux tubes glandu* laires et de bourgeons épilliéliaux nombreux ne reste pas sans influence sur le tissu conjonctif environnant. Elle agit sur lui comme un corps étranger et détermine une inflammation qui s'affirme par la production de nouveaux éléments de ce tissu (cellules embryonnaires, noyaux embryoplasliques ) qui pourront ultérieurement suivre les diverses phases de leur développement. Cependant aussi la production épithéliale rencontre les capillaires sanguins el les capillaires lymphatiques. Dans la muqueuse stomacale, les lymphatiques sont situés le long des capillaires sanguins qu'ils entourent en spirale et en s'anastomosant entre eux de manière à constituer une sorte do réseau de sinus lymphatiques. Les parois de ces vaisseaux lymphatiques et plus tard leur cavité sont envahies; les sinus se dilatent et bientôt ils ressemblent à un cylindre creux formé de cellules épithélialcs et au milieu duquel se trouve le capillaire sanguin. Avec le temps , la circulation est gênée dans les capillaires ainsi entourés des éléments épithéliaux et dans les veines qui en partent. Des coagulations se produisent et les thrombus ainsi formés persistent plus ou moins longtemps et se désagrègent ultérieurement. La propagation du carcinome dans les couches profondes de la muqueuse, puis dans le tissu conjonctif sous-muqueux, se fait alors en suivant les vaisseaux lymphatiques qui sont envahi» successivement, remplis par les masses épithélialcs; ils se présentent sous forme de canaux plus ou moins réguliers dont la coujie est circulaire, elliptique, variable à l'infini, et séparés les uns de? autres par du tissu conjonctif de nouvelle formation. La néoplaMe se propage de la sorte entre les couches musculaires de l'organe, écarte les faisceaux de fibres-cellules et s'avance au milieu du tissu cellulaire sous-péritonéal, en se dirigeant vers les ganglions hmphatiques de restomac.
Tel est le mode de propagation du carcinome de restomac tel (pril a été décrit par M. Pcrewersefl' et tel qu'il semble se produire dans les autres organes, comme l'indique M. Lancereaux.
Les vaisseaux sanguins sont le siège d'altérations imporlaule^ sous l'influence de la propagation des tumeurs cancércu^es. Les