CARCINOSE. ULCÉRATION DES TUMEURS
cellules ; Tétude comparative des portions ramollies et des portions non ramollies de ces tumeurs ne montre pas, en effet, cette multiplication cellulaire. Dans les parties ramollies, on trouve la substance fondamentale comme gélatineuse etdifHuente ; et, suivant M. Broca,cet état pourrait tenir au peu de vascularité des tumeurs en question. L'oblitération d'un certain nombre de vaisseaux capillaires dans les tumeurs cancéreuses peut aussi être une cause de leur ramollissement. Dans un grand nombre de leurs éléments cellulaires, en effet, comme parfois aussi dans la trame conjonctive elle-même, on constate une dégénérescence graisseuse plus ou moins avancée. Les cellules qui nagent dans le suc cancéreux et qui lui donnent son aspect laiteux sont précisément dans ce cas.
L'ulcération est encore une des modifications que presentent la plupart des productions cancéreuses. Par ordre de fréquence, les tumeurs qui ont le plus de tendance à l'ulcération sont les cancers vrais, les épithéliomes, les sarcomes, enfin les enchondromes. L'ulcération se produit à une époque variable, suivant la profondeur à laquelle la tumeur à pris naissance, suivant qu'elle se propage vers la peau ou vers une surface muqueuse. Dans ce dernier cas, elle se fait plus rapidement, en raison de la résistance moins grande que les muqueuses opposent à l'envahissement par le cancer. Voici comment s'établit en général l'ulcère cancéreux. La tumeur, qui se propage, soit vers la peau, soit vers une muqueuse, atteint d'abord le tissu conjonctif sous-cutané ou sous-muqucux, puis le derme ou le chorion sont envahis et dès lors la peau ou la muqueuse fait corps avec la tumeur. S'il s'agit d'une muqueuse, l'ulcération se produit rapidement par suite du ramollissement et de la dégénérescence gi^aisseuse qui frappent les éléments infiltrés et le tissu luimême ; quelquefois, les vaisseaux étant oblitérés, il se forme une eschare qui se détache un peu plus tard et laisse à nu la production morbide. A la peau, les choses marchent plus lentement quoique souvent de la même manière ; d'autres fois le derme attaqué prend une coloration violacée, l'épiderme privé de ses matériaux nutritifs se desquame et il en résulte une surface assez analogue à celle d'un vésicatoire. Cet élat persiste pendant quelques jours, puis le derme se détruit progressivement ou se mortifie sous forme d'une eschare qui se détache ultérieurement.
Dès ce moment l'ulcère cancéreux est établi. 11 constitue une perte de substance qui va s'élargissanl de jour en jour et qui donne issue à un liquide puri forme dans lequel on trouve des leucocytes
et (les éiémenls cellulaires provenant de la tumeur cancéreuse. Ce liquide a des caractères variables. Tantôt il est aqueux, d'un blanc sale ou d'une couleur rouillée ; tantôt il est visqueux et opaque. Son odeur est le plus souvent d'une fétidité repoussante ; c'est VicJior des tumeurs cancéreuses. Les ulcères se creusent progressivement; leurs bords sont tantôt taillés à pic et tantôt renversés sous la forme d'un bourrelet ; leur fond est anfracfueux, inégal, parsemé de bosselures , il a souvent une coloration rouge violacée, brune et môme verdûtre. A la surface se produisent fréquemment des végétations qui, d'après leur forme, sont désignées sous les noms de végétations en choiix-fleurs et de végétations en champignons. Les premières consistent en des saillies molles, de couleur rouge ou rouge grisAtre, d'une largeur inférieure à un centiniètre et pouvant atteindre une longueur de 2 à 3 centimètres. Elles sont Irès-vasculaires et saignent souvent au moindre contact. Leur réunion donne bien à la surface ulcérée l'aspect d'un chou-fleur. Ces végétations sont formées de fibres du tissu conjonctif et d'éléments semblables à ceux de la tumeur où ils ont pris naissance. On les rencontre principalement sur les muqueuses. Les végétations en champignons apparaissent sur les ulcères des tumeurs très-molles et dont l'accroissement se fait avec rapidité. Elles consistent en une poussée cxagéréo de la partie profonde de la tumeur qui vient foire saillie en dehors do l'ouverture de l'ulcère et s'étend comme un champignon au-delà de ses bords. Cette poussée apparaît souvent après les opérations chirurgicales. On Ta observée fréquemment sur cerLiincs muqueuses , particulièrement sur la muqueuse vésicalo . atteinte de carcinome.
A la surface des ulcérations, principalement dans les tumeurs molles et Irès-vasculaires, des vaisseaux capillaires, des arlériolos, quelquefois même des artères de gros calibre peuvent être ouvertes sous rinlluencc du travail ulcératif. Il en résulte des hémorrhafries plus ou moins abondantes, suivant le calibre du vaisseau ouverl et qui, à elles'seules, peuvent mettre la vie en danger. Ces hémorrliagies, suite naturelle de l'ulcération cancéreuse , sont extrèmemonl fréquentes dans les tumeurs qui siègent sur les muqueuses.
Une fois que les productions cancéreuses ont été ulcérées, çll«'> persistent dans cet élal , donnant toujours issue au liquide iclioreux dont j»» vous ai parlé; il est très-rare que Ton constate la cir.itrisation de l'ulcération; cependant cett(» cicatrisation est possihiK En eiïel, l'ulcération a pour résultat constant la destruction des par-