‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 213 sur 217 · SUR 100 OPÉRÉES · texte numérisé non relu

SUR 100 OPÉRÉES

De G mois ù 2 ans

» 2 ans à 3 ans

Ce fait que la deslruclion de la tumeur primitive n*empêche pas révolution de la carcinose résulte de la tendance à la reproduction que possèdent les néoplasmes cancéreux. Même quand la destruclion de la tumeur a précédé la généralisation, car dans le cas opposé celte généralisation poursuit imperturbablement sa marche, règle générale, il apparaît de nouvelles tumeurs. Il y a donc récidive du mal local ; et cette récidive peut se faire de plusieurs manières. Tantôt, c'est le cas le plus rare, elle a lieu dans une autre région, dans un autre organe que la région ou l'organe primitivement atteints; fréquemment alors l'organe similaire est alloint à son tour; après l'extirpation d'un cancer de la mamelle on voit ainsi un cancer nouveau apparaître dans l'autre mamelle. Tantôt la récidive se fait dans les ganglions correspondant à l'ancienne tumeur; le cas s'observe très-fréquemment. Tanlôt enfin elle se fait sur place, dans la cicatrice laissée par l'extirpation ou dans son voisinage. Avec juste raison, M. Broca distingue la récidive en récidive par repullulalion et en récidive par continuation.

La première consiste en l'apparition toute nouvelle d'une tumeur cancéreuse complètement indépendante de la tumeur primitive, pouvant se faire dans les régions les plus diverses de l'organisme. Celte nouvelle apparition est sous la dépendance du processus morbide général qui a déterminé la genèse de la première tumeur. La seconde est due au développement d'éléments cancéreux qui ont échappé à l'extirpation. On l'observe dans les ganglions qui sont de bonne heure envahis par les éléments cancéreux et qui peuvent être déjà malades quand rien, dans leur aspect extérieur, ne montre qu'ils sont atlêints. On l'observe sur place en raison du rayonnement au loin des éléments cancéreux qui, en suivant la voie des lymphatiques, peuvent avoir déjà pénétré dans des tissus apparaissant com-

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plétement sains à Texamen ordinaire. La propriété de récidiver est donc encore une circonstance qui aggravé singulièrement le pronostic des tumeurs cancéreuses.

Malgré l'étude que nous venons de faire, examinant dans ses lésions, dans son étiologie, dans sa marche, dans son évolution le processus carcinomateux, nous sommes arrêtés dés les premiers pa> si nous voulons rechercher sa nature et sa pâthogénie. L'anatomie pathologique nous le montre comme une aberration dans la génération des éléments anatomiques, donnant lieu à des production? nouvelles d'éléments déviés de leurs types primitifs (héléromorphisme) et naissant dans -des régions où on ne les rencontre pas d'habitude (hétérotopie) ; mais l'anatomie pathologique ne nous en dit pas davantage; elle ne nous apprend pas le pourquoi de toutes ces générations nouvelles et même, par la multiplicité des formes anatomiques qu'elle présente à notre examen, elle nous montre que ce n'est pas dans la nature de la lésion que doit être cherchée la nature du mal. Ces lésions diverses, en effet, se conduisent de même au point de vue clinique, en présentant il est vrai quelques particularités dans leur marche; elles peuvent succéder les unes aux autn^s par voie héréditaire et même, lors de la généralisation, elles peuvent jouer entre elles le rôle d'équivalents morbides si je puis m'exprimer ainsi.

D'un autre côté l'étiologie ne nous montre pas, en dehors de Thérédité, de causes bien manifestes présidant à l'établissement de la carcinose. Tandis que, dans la tuberculose, nous voyons les atteintes portées à la nutrition générale avoir une si grande influence étiologique, dans la carcinose nous ne rencontrons rien de semblable. Ce ne sont ni les mauvaises conditions hygiéniques, ni la misère qui y conduisent ; il semblerait plus tôt que la maladie naît sous l'influence de conditions tout opposées; c'est une maladie des classes aisées. Je sais bien que l'on fait jouer un grand rôle aux traumatismes, aux irritations locales; mais un simple coup d'œil de comparaison rntre la proportion des cancéreux et celle des sujets qui ont été alleints de traumalismes ou qui ont eu des irritations locales doit faire à mon sens rejeter cette conception étiologique. Pas plus que l'anatomie pathologique , l'étiologie ne nous renseigne donc sur la nature de la carcinose.

Seule la marche clinique du mal vient nous en donner une idée, encore celte idée est-elle bien imparfaite. D'après cette marche clinique, nous voyons la carcinose s'aflîrmer d'habitude par une locali-

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