‹ Les grands processus morbides; leçons de pathologie généraleChapitre 29 sur 217 · DIABÈTE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQUES · texte numérisé non relu

DIABÈTE (SUITE). LÉSIONS ANATOMIQUES

dans des organes particuliers. Elles se montrent dans l'appareil digestif et dans les reins.

Suivant Bouchardat, la langue est augmentée de volume chez les dialxHiques; les papilles linguales sont plus volumineuses qu'à Tétai noimal. L'estomac très-agrandi a souvent deux et trois fois les dimensions ordinaires. La muqueuse gastrique est rouge, augmentée de volume; les glandules sont hypertrophiées. La tunique musculeuse est elle-même beaucoup plus épaisse qu'à l'élat physiologique. Des lésions analogues peuvent se rencontrer dans toute l'étendue du tube digestif. Elles sont bien évidemment la conséquence de la polyphagie diabétique et Texpression de la suractivité fonctionnelle des organes qu'elles intéressent.

Chez les diabétiques, pour peu que le processus morbide ait duré quelque temps, les reins, qui donnent incessamment passage à la glycose, se modilient dans leur constitution anatomique. Les lésions rénales sont assez fréquentes puisque, sur les soixante-quatre autopsies de Griesinger, elles ont été signalées trente-deux fois et quWndral les a rencontrées chez tous les diabétiques qu'il a examinés po5/ morlem. Ces lésions varient depuis la simple hyperémie jusqu'aux états de dégénérescence graisseuse plus ou moins avancés «le l'épithélium des tubes urinifères. Elles se rapprochent donc des altérations dégénératives de la maladie de Bright. Souvent alors elles entraînent le passage de l'albumine à travers le filtre rénal.

Abordons maintenant l'étude des Symptômes du diabète :

Le processus diabétique débute le plus souvent d'une manière lente cl insidieuse, sans donner lieu à des phénomènes symplomatiques bien tranchés. Habituellement, pendant très-longtemps, les malades ne ressentent que des troubles mal définis, soit du côté des orpancs digestifs, soit du côté de la fonction urinaire, soit du côté de la vue. Cependant ces troubles ont une très-grande importance pour le médecin ; ils sont pour lui les indices de la nécessité pressante d»^ pratiquer Texamen des urines qui seul, en faisant constater la glycosurie, permet de reconnaître la maladie.

f^ sécheresse habituelle de la bouche s'accompagnant d'une soif plus ou moins vive, le mauvais état des dents, une dyspepsie plus ou moins intense avec un appétit exagéré et une constipation presque constante sont les symptômes habituels se montrant, dès le d»''but, du côté des organes digestifs. En môme temps les sujets émettent une quantité d'urine plus grande qu'à l'état normal; ils sont obligés, pour satisfaire leur besoin^ de se lever deux, trois et quatre

iSS LES GKAlfDS PROCESSUS MORBIDES.

(ois pendant la nuit quand» avant d'être atteints, ils restaient toute la nuit sans émettre leur urine. De plus les urines des malades, lorsqu'elles restent sur le linge ou sur le drap, y produisent des tacbes blanchâtres qui ne peuvent être enlevées que par le lavage à l'eau. Enfin, dès cette période de début, Ton peut constater un prurit plus ou moins intense des organes génito-iirinaires, se manifestant sur le gland et le prépuce chez l'homme, sur les grandes et les petites lèvres chez la femme. Le prurit en question s'accompagne de rougeur et parfois d'éruptions vésiculeuses sur les organes où il se montre. Dans certains cas, le début de la maladie est signalé par des troubles de la vue, consistant spécialement en un aflfaiblissemenl graduel de la vision. Enfin il n'est pas rare de le voir s'accompagner d'inflammations diverses du côté de la peau et même de plaques gangreneuses de très-petites dimensions se montrant sur le tégument exlerae. Folet a récemment signalé une lésion apnt coïncidé avec le début du processus morbide. Chez une femme présentant les signes d'une excellente santé et ne se plaignant que d'un peu de dyspepsie, il a constaté la chute de quelques ongles des doigts et des orteils. La perte des ongles se fit sans trace d'inflammation dans la matrice unguéale ; et les ongles tombés laissèrent à leur place le derme sous-unguéal recouvert d'un épiderme fin et rosé.

Un amaigrissement lent mais progressif qu'aucune aflection bien déterminée ne peut expliquer et qui coïncide avec la conservation de l'appétit ordinaire, et même avec exagération de cet appétit, est parfois aussi un signe de l'établissement du pro(!essus morbide. Mais, le plus souvent, ce n'est que bien longtemps après le début de la maladie qu'on le voit apparaître, coïncidant avec la consomption organique qui résulte des progrès du mal.

Quand l'aflcction est établie, elle s'accuse par des symptômes bien caractérisés et variables dans leur importance nosologique. • Toutes les fonctions organiques, on peut le dire, sont atteintes dans le processus diabétique, en raison des modifications générales qui sont le propre de la maladie. Cependant il est certains symptômes qui sont plus spéciaux que les autres et qui paraissent essentiellement propres au diabète (1). Jaccoud les désigne sous le nom de ssymptûmes fondaineniaux du diabète. C'est par leur étude que je com-

(h Dans une récente publication dont les base:», très-bien obser>-(*e9, ont été empruntées à la clinique du professeur Teissier de Lyon, M. Joseph Teissier, son fils, a montré que les symptômes fondamentiux du diab«'te 'polyurie, polydipsic, polyphagiei pouvaient te rencontrer en dcliorf de la maladie caractérisée par réliminAtion du sucrt par les

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