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(1) Watt, cité pour Bouchardat, //m:, cit.
(2; Prout, .1m Inquinj intn tUe nature and treatment nf diabètes ^ etc., 1825.
(3; Copland, cité [»ar Bouchardat. loc. cit.
DFABËTE (SUITE). POLYURIE. 129
En présence de ces résultats, on peut dire, avec Jaccoud, que, dans la majorité des cas, la quantité d'urine chez les diabétiques varie entre 3 et 12 litres, que les chiffres compris entre 12 et 20 litres sont très-rares, et qu'il faut regarder comme exceptionnels les cas où cette quantité va de 20 à 25 litres par vingt-quatre heures. Au reste, le chiffre moyen de 12 litres exprime déjà une énorme augmentation de la sécrétion urinaire, puisque, s*il s'af\i d'un homme pesant 60 kilog., il donne une quantité de 8^%3 par heure et par kilog., au lieu du centimètre cube unique sécrété par le même poids et dans le même temps à l'état physiologique.
La polyurie diabétique, seul phénomène qui ait frappé les anciens auteurs, était pour eux l'objet d'une interprétation tenant quelque peu au merveilleux. Ils supposaient que là quantité d'urine rendue par les malades n'était pas en rapport avec la quantité des liquides ingérés, et que la première dépassait de beaucoup la seconde.C'est ainsi que, pour Forthergill (1), les urines rendues étaient aux boissons comme 4 est à 3; pour P. Franck (2), comme 5 est à 3'; pour Berndt (3) comme 7 est à 4 et pour Puchelt (4), comme 21 est à 9. Cardanus (5) a même cité l'exemple d'un diabétique qui, suivant lui, rendait 36 litres d'urine, tout en ne buvant que 7 litres de liquide en vingt-quatre heures. L'interprétation de ces faits, dont la démonstration scientifique était loin d'être donnée, variait suivant les époques et les systèmes médicaux à l'ordre du jour. Les uns, avec Arétée, admettaient la liquéfaction des tissus et leur transformation en eau; les autres, notamment Ilaller (0), Rcil (7) et riiAme Chomel (8), croyaient à une absorption de l'eau atmosphérique par la peau et la surface pulmonaire; Rutherford (9) expliquait les faits par la formation chimique de l'eau dans le poumon au moyen de l'oxygène de l'air et de l'hydrogène supposé contenu dans le sang. Toutes ces hypothèses ont été renversées par le< recherches plus précises de la science moderne. Dupuytren et
Il ForthergiU, cilé par Boucliardat, hc. cit. •t V. Frank, De curandis fwmimtm morbis. • 1' B*rndt, cilé par Boiichardat.
•4 l'uchelt, id.
"» '>rdanus, Ojfera onmia, 16G3.
♦'»' HaU(*r, Elementa physiologiœ.
T' R^il, Memorahilia, 1790, 171)3.
•8 Chomel, Pathologie gêtufrale.
*'à Rutherford, cité par Jaccoud, loc. cit,
FICOT. II. — 0
Thénard (I) ont établi régalité, à peu de chose prés complète, entre la somme des boissons et celle des urines. Cette démonstration a été confirmée par Boucliardat, Nasse, Griesinger et Jaccoud; Ton sait aujourd'hui que les urines sont souvent un peu inférieures aux boissons, rarement un peu supérieures, mais que jamais elles ne surpassent la somme de lous les injjesta liquides.
La densité moyenne des urines qui, suivant Becquerel, est de 1.017 à l'état physiologique, est toujours plus élevée chez les diabétiques. Généralement, elle oscille entre 1,035 et 1,045; mais on a cité les chiffres de 1 ,050, 1 ,000, 1 ,074 et même de 1 ,111. Le plus souvent cette densité est en rapport avec la quantité de glycose contenue dans l'urine et, nous le verrons en parlant du diagnostic, on s'est servi de cette augmentation de densité pour établir, en dehors de l'analyse chimique, l'existence du diabète. D'après Andral et Uouchardat, on pourrait allirmer qu'une urine très-pAle dont la densité est supérij'ure à 1,030 est une urine de glycosurique. Li densité de l'urine diabétique peut, les recherches de Jordao (2) l'ont fait voir, varier d'un jour à Kautre et même aux différents moments de la journée. Les différences journalières sont souvent très-accusées et, pour les différences homires, contrairement aux données de Marlin-Solon (3), elles s'accusent par une augmentation de densité pour l'urine du soir. Il est très-probable que l'état de digestion influe spécialement sur le poids spécifique de l'urine. Cl. BernaM, je vous l'ai dit, a démontré l'élévation de la quantité de sucre dans le sang pendant la digestion à l'état physiologique, et il a prouvé qu'il en est d(î même dans le diabète. Les urines, sans aucun doute, reflètent l'état du sang dans ces diflérents moments.
La plupart du temps les urines diabétiques sont moins colorées que l(»s urines normales; parfois, surtout quand la maladie a une grande intensité, elles sont aussi pales que de l'eau. Ce caractère rependant n'est pas constant bien que fréquent. On peut, en elVet, rencontrer des urines glycosuriques colorées comme les urines normales; on en trouve même dont la couleur est très-foncée; ce dernier cas se présente plus spécialement lorsque l'ictère vient <'ompliquer le diabèlj;. 11 est rare, du reste, que les urines contiennent des sédimeiils ou des dépôts uratiques. La diminution de
• I • Duptiytron et Thriiartl, liullftins île hi Sœiête médicale^ I80C,
(i- Jordao, Estudiox wbre a tliulM'te, ixr4.
iwi Marti ii-Sulofi, Journal de dùmie médicale, I84i.