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La quantité de glycose varie chez un même sujet suivant différentes conditions des plus importantes à connaître. La digestion a
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la plus grande influence sur le passage du sucre à travers le rein. Toujours elle augmente la glycémie et par conséquent la quantité de glycose rendue par les urines. Ce fait, démontré expérimentalement par Cl. Bernai'd, a reçu confirmation des recherches cliniques de Sidney Ringer (1) et de Jordao (2). Ces auteurs ont prouvé, en effet, que c'est pendant la digestion même, de trois à six heures après le repas, que Ton constate la plus grande proportion de glycose dans les urines. L'alimentation féculente ou sucrée produit également une notable augmentation de la glycose excrétée parle rein. Démontré expérimentalement, surtout depuis les récents travaux de Pink, de Ileidenhain et de Goldstein que je vous ai signalés, et qui prouvent l'augmentation de la fonction glycogénique du foie sous l'influence des féculents et du sucre, ce phénomène est établi cliniquement par les recherches de nombreux auteurs. Les observations de Dupré (3), d'Andral, de Budge (4), de Jordao, de Jaccoud ne laissent aucun doute sur son existence. Bien plus il existe une certaine relation entre la quantité de sucre rejetée par les urines et la proportion d'aliments sucrés ou féculents ingérés par les malades, à tel point que, chez certains d'entre eux, la suppression totale des féculents amène bientôt la disparition du sucre dans l'urine. Tous les diabétiques cependant ne-se comportent pas de la même manière et, vous le verrez, arrivée à une certaine période de son évolution, la maladie n'est plus influencée dans sa marche par l'alimentation féculente ou non.
Je vous l'ai dit. Cl. Bernard a fait voir que l'élimination du sucre t'tait influencée par les maladies intercurrentes déterminées chez les animaux rendus expérimentalement glycosuriques. De môme les cliniciens ont observé cette diminution et la disparition parfois complète de la glycosurie pendant l'évolution de maladies accidentelles survenues chez des diabétiques. Les premières constatations de ce phénomène sont dues à Latham en 1811 et, depuis cette époque, ils ont été constatés par un grand nombre d'auteurs. Les maladies aiguës avec (ièvre sont. celles qui déterminent spécialement la diminution do la glycosurie; cependant toutes les maladies n'ont pas une influence égale. La pneumonie, les inflammations gastro-
If Sidncy-Ringer, On the relative amount of sugar and urea in ihe urine of Diabètes meUitw, 1860.
(i) Jordao» loc. cit.
[3f Dupré, cité par Jaccoud, loc, cit.
(4 Budge. ùL
i3i LES gra:^ds processus morbides.
inloslinales, la scarlatine diminuent beaucoup la glycosurie et la font même disparaître, comme le prouvent les faits de Rayer, de Cl. Bernard et de fiarrod (1). Au contraire, d'après Petters (:2), la fièvre intermittente, la variole et la pleurésie n'auraient aucune action. Les variations dans la quantité de glycose paraissent liées à la fièvre même; c'est ainsi que, chez un malade de Stokwis (3), atteint d'une fièvre gastrique, le sucre tomba pendant la fièvre de 388 grammes à 7 grammes 99 par vin*»t-qualre heures, et qu'après la fièvre, il remonta à 296 grammes. Il est probable que la fièvre exerce une influence modératrice ou suspensive sur la fonction glycogénique ; mais cette influence n'est pas encore déterminée.
L'aflaiblissement progressif des malades, l'alfaissement graduel des derniers jours de la vie amènent la diminution du sucre dans les urines et parfois même sa disparition totale. Comme l'enseigne Cl. Bernard, il semblerait que la présence du sucre dans l'urine et surtout l'hyperglycémie, son origine première, doivent être regardées comme l'expression d'une réaction salutaire de l'organisme. Quand la vitalité s'aflaisse et s'épuise, la glycémie diminue, puis disparait et nécessairement avec elle la glycosurie. Dans ses expériences sur les effets de l'fnanition, Cl. Bernard a bien démontré cette liaison entre la glycémie et l'état général des forces organiques. En efl'et, quand on soumet des animaux à l'inanilion prolongée jusqu'à la mort, on voit les proportions de sucre dans le sang diminuer progressivement, à partir du moment où commence l'aflaiblissement de l'animal. Dans ces cas, on ne retrouve au moment de la mort que des quantités extrêmement faibles de sucre dans le sang.
Une dernière question relative à la glycosurie doit êtn? examinée. Quelle est la nature du sucre que l'on trouve dans les urines diabétiques? Les caractères physiques et chimiques du sucre extrait des urines le montrent analogue au sucre de raisin, à la glycose, comme l'ont prouvé les recherches de Chevreul (4), de Prout (5), de Soubeiran (0) et d'autres auteurs. Jusqu'aux travaux de Biot (7) cepen-
(i» Garrod, GuUttm. Lrct. on Diabftes ineUHu» {Rfit. med. Jnurn., 1858). (il l»eUerH. Heohachtungen auf h IHahcteskninklwil iPrager ri>r/W>i/ir*., I«r>r>-I8r>7r. ^3» Stockwi», Bijdragen tôt de Kenuix der Suikerrorming in de lerer^ in verhand met de Muikerafnchwiding h\j Diabètes mellilu*, 1H.V».
il) Chevreul, Soie êur le sucre du diahetc \Sttriètè philnmat., I8I.V1. (5l Prout, .In Inquinj into the Sature nnd Treatnient of Diabètes, 1825. {fil Soubeiran, Journal de ffharmacie, IHiO. (7) Biol, Gatette médicale, 18i5.
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danl, on avait cru qu'il existait une différence notable entre la glycose et le sucre diabétique. En effet, le sucre urinaire, avant et après sa cristallisation, dévie à droite la lumière polarisée; tandis que le sucre de raisin, avant sa cristallisation, donne une déviation à gauche à l'analyse polai-iraétrique. Cette différence n'est qu'apparente, puisque ce dernier sucre, après sa cristallisation et sa dissolution dans l'eau, dévie le plan de polarisation à droite, comme le sucre dial)étique. La composition du sucre de diabète est exprimée par la formule C'*H»-0»' + 2110.
L'urine des vrais diabétiques présente des modifications de la plus haute importance dans les proportions des principes de désassimilation. Contrairement à la doctrine de W. Prout admettant l'absence d'urée dans les urines de ces malades, on sait aujourd'hui que, presque constamment, cette substance existe dans l'urine en plus grande proportion qu'à l'étal normal. La présence de l'urée chez les diabétiques, déjà indiquée par Chevreul, a été confirmée par les recherches modernes, et l'accroissement de ce principe a été signalé par Rayer, Barruel (1), Bouchardat et de nombreux autres auteurs. On sait, d'après les recherches de Lecanu, que chez les sujets soumis à une alimentation mixte, la proportion d'urée rendue en vingt-quatre heures varie entre 28 et 32 grammes. Or, chez les diabétiques, cette proportion est presque toujours dépassée. A la vérité, si l'on fait porter l'analyse sur un litre d'urine, la quantité d'urée est toujours inférieure à celle d'un litre d'urine ordinaire; mais, eu égard à la quantité considérable d'urine rendue par les diabétiques, la masse totale de l'urée éliminée en vingt-quatre heures est supérieure au chiffre physiologique. Bouchardat, chez un malade rendant 5 litres «rurino, a trouvé 8^,27 d'urée par litre, soit 41 ^%"il d'urée excrétée en vingt-quatre heures; Mosler, chez un diabétique soumis à un régime mixte, a constaté par jour {)i grammes d'urée; Thierfcider et Uhle ont rapporté des cas où la quantité d'urée s'élevait à 80, 90 et KX) grammes. Une malade de Jaccoud rendait tous les jours 40 et 50 grammes d'urée et, chez une autre du même auteur, la proportion était de 70 à 80 grammes; ces deux sujets étaient arrivées à la période ultime de leur affection. Des exemples analogues ont été obscnés par Lécorché (2) et par Kien (3) de Strasbourg. Ce dcr-
Mi Bomiel, Jonrnal de chimie médioûe^ 1829.
(il lécorché. Considérations théoriques et thérapeutiques sur le diabète sucré (Ga*# heM , Maison, 1873).
{^) Kicn, Thèse de Strasbourg, IHGo.
nier, dont les analyses ont été faites par l'habile chimiste de Strasbourg M. Ilepp, si promplcment enlevé à la science, cite entre autres le cas d'une petite fille de douze ans chez qui la quantité d'urée excrétée en vingt-quatre heures oscillait entre 31 et 48 grammes. Celte dose est énorme pour un enfant, puisque la moyenne pour cet Age varie entre 16 et 18 grammes à l'état physiologique. D'après Mac Gregor (1), Ileynsius (2), Christison (3), Bùcker (4), la moyenne d'urée rendue dans les vingt-quatre heures par les diabétiques est de -40 à 50 grammes. Getle augmentation de l'urée toutefois ne se remarque pas toujours dans les premiers temps de la maladie; elle coïncide plus particulièrement avec l'époque de l'épuisement des malades et souvent, comme l'a observé Reich (5), avec la diminution de la quantité de sucre dans les urines.
Chez les diabétiques, l'acide urique augmente presque toujours dans la sécrétion urinaire. Malgré les assertions de Thenard, Barruel, Henry (6), Elliotson (7), qui n'avaient pas rencontré cette substance dans les urines, on sait aujourd'hui que l'acide urique, dont la proportion normale varie entre 0,40 et 0,60 centigrammes, existe plus abondamment qu'à l'éUit physiologique. Bouchardat a principalement insisté sur cette augmentation, ainsi que Marchai de Calvi (8) et Durand-Fardel (9). Le premier de ces auteurs a noté les chiffres de 2 et 3 grammes d'acide urique excrétés en vingt-quatre heures par les diabétiques. La quantité de ce principe toutefois parait être très- variable puisque Auffan, chez un même malade, a noté successivement les chiffres suivants : 0,47, 0,48, 0,29, 0,40, 0,60, 0,56, 0,85. Jusqu'ici on ne sait rien des rapports de la quantité d'aci<le urique avec la période d'évolution du processus morbide.
Certains auteurs ont signalé une augmentation de l'acide hippurique dans les urines du diabète. Schindier (10) en a constaté la présence ainsique Lehmann deLeipsig (11). Mùller(12), Valentin (13)
(I) Mac Gregor, Lottdon médical Gaiettet iS'ol,
(i) Ileynsius, IloUand. Arch. fur die Deilrdge iur yaturund Ileilkunde, 1858.
(3) Christison, cilé par Bouchardat, loc. cil.
{A} BiJrkfT, ti/.
(5) Itcirli, Arch. der Pharm.y IHiT.
(G) Henry, Tram, of the med.-chir. Sf*ciely, 1813.
(7) Elliot»on, The Lancet, Mm.
(8) Marchai do ('«alvi. HecUerches tur lex accidenU diabéliques.
(9) Durand-Fardel, Traité clinique et théra/teutique du diabète.
(10) Schindier, lUntn Mag,, XXXII.
(II) Lehmann, Journ. fur prakt. Cltemie, VI. (IS) Millier, cilé par Jaccond. loc. cit.
(13} Valentin, ùl.